Journal du 7 novembre 2000

Bertrand Martin
"Le Dubaï" sera mon dernier rallye moto"

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Régulièrement, Bertrand Martin defraye la chronique des sports dieppois. En quelques années, le motard a pris le départ de huit rallyes-raids, en a terminé six et abandonné deux sur chute. Vendredi, le Dieppois s’est envolé pour Dubaï (en Arabie Saoudite) où il participera à son dernier rallye moto. Il changera ensuite de monture pour franchir les déserts en camion.

Ce que je crains le plus c’est la chaleur, commente Bertrand Martin. On nous annonce des températures de 45°C. Pour peu que le vent se lève, ce sera l’enfer...» Sans compter la chaleur brûlante du moteur qui souffrira autant que le bonhomme juché sur la moto. «Je sais à quoi m’attendre, poursuit l’aventurier. Il y a deux ans, au rallye de Tunisie j’ai été foudroyé par la chaleur. Au point de contrôle je me suis réfugié sous un 4x4 pour trouver de l’ombre pendant une heure. Il m’a fallu toute la volonté du monde pour repartir. Tout se passe très vite, et si on n’est pas vigilant, on oublie facilement de boire. Lorsque la déshydratation commence, on ne sent plus du tout la soif... Après le bonhomme n’en a plus que pour une heure. J’ai vu boire sept à huit litres d’eau par jour sans en rejeter une goutte ou bien la combinaison craquer tant elle était chargée de sel !»

Les quatre étapes de course du Challenge du désert (le vrai nom du Dubaï) sont répartis en quatre courses d’environ 800 km (la distance d’une grande étape du Paris - Dakar). La température excessive de ce rallye uniquement tracé dans les dunes sera la difficulté majeure de l’épreuve. «Le désert est vraiment angoissant. Lorsqu’on pénètre dans les dunes, il n’y a plus que du sable à perte de vue. Il n’y a plus rien, rien de vivant ni même un bruit. On est seul au milieu des dunes qui réverbèrent le soleil et sa chaleur. C’est vraiment angoissant» A écouter Bertrand Martin, cette discipline ne serait que souffrance? «La seule compensation est de rallier l’étape chaque soir. Et puis le sentiment de dépasser ses limites.» Sans aucune assistance le Dieppois s’attaque pour la première fois au Dubaï après être allé au bout du Tunisie (cinq fois sur six participations), du Maroc (une fois sur deux) et du Master (Paris - Istanbul) pour la première fois en juillet dernier. Des raids qui font partie de la coupe du monde avec des courses espagnoles et le Dakar ; le plus médiatisé des rallyes auquel Bertrand Martin n’a jamais souhaité participé. «Déjà le Paris - Istanbul sans assistance c’était limite. Alors le Dakar, c’est de la folie... Et puis avec le budget d’un Dakar, je peux courir huit autres rallyes !» Evidemment, vu sous cet angle, le Dakar n’est plus qu’un mythe.

«Le désert, c’est vraiment
angoissant»

La course sous un soleil brûlant la journée, les réparations par une nuit glaciale à peine arrivé, le Dubaï ne sera pas une partie de plaisir : «Depuis cette fameuse étape du Tunisie, je sais où sont mes limites. La journée, il faut toujours faire la course en dedans, et garder suffisamment de réserve pour le lendemain et éventuellement la nuit de mécanique qui nous attend.»

Ce rallye-raid sera le dernier pour Bertrand Martin en tant que motard. Ensuite, il retourne dans le désert au volant d’un camion. «J’ai terminé sept des neuf rallyes auxquels j’ai participé. J’ai 40 ans et la moto je sais ce que c’est. Je n’ai plus rien à me prouver. Plutôt que stagner, je préfère découvrir autre chose.» Si l’arrivée du Dubaï est prévue le dimanche 12 novembre, dès le lundi matin, Bertrand Martin sera au boulot.

A. TH.


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