| Régulièrement, Bertrand Martin
defraye la chronique des sports dieppois. En quelques années, le motard a pris le départ
de huit rallyes-raids, en a terminé six et abandonné deux sur chute. Vendredi, le
Dieppois sest envolé pour Dubaï (en Arabie Saoudite) où il participera à son
dernier rallye moto. Il changera ensuite de monture pour franchir les déserts en camion. Ce
que je crains le plus cest la chaleur, commente Bertrand Martin. On nous annonce des
températures de 45°C. Pour peu que le vent se lève, ce sera lenfer...» Sans
compter la chaleur brûlante du moteur qui souffrira autant que le bonhomme juché sur la
moto. «Je sais à quoi mattendre, poursuit laventurier. Il y a deux ans, au
rallye de Tunisie jai été foudroyé par la chaleur. Au point de contrôle je me
suis réfugié sous un 4x4 pour trouver de lombre pendant une heure. Il ma
fallu toute la volonté du monde pour repartir. Tout se passe très vite, et si on
nest pas vigilant, on oublie facilement de boire. Lorsque la déshydratation
commence, on ne sent plus du tout la soif... Après le bonhomme nen a plus que pour
une heure. Jai vu boire sept à huit litres deau par jour sans en rejeter une
goutte ou bien la combinaison craquer tant elle était chargée de sel !»
Les quatre étapes de course du Challenge du désert (le vrai nom du Dubaï)
sont répartis en quatre courses denviron 800 km (la distance dune grande
étape du Paris - Dakar). La température excessive de ce rallye uniquement tracé dans
les dunes sera la difficulté majeure de lépreuve. «Le désert est vraiment
angoissant. Lorsquon pénètre dans les dunes, il ny a plus que du sable à
perte de vue. Il ny a plus rien, rien de vivant ni même un bruit. On est seul au
milieu des dunes qui réverbèrent le soleil et sa chaleur. Cest vraiment
angoissant» A écouter Bertrand Martin, cette discipline ne serait que souffrance? «La
seule compensation est de rallier létape chaque soir. Et puis le sentiment de
dépasser ses limites.» Sans aucune assistance le Dieppois sattaque pour la
première fois au Dubaï après être allé au bout du Tunisie (cinq fois sur six
participations), du Maroc (une fois sur deux) et du Master (Paris - Istanbul) pour la
première fois en juillet dernier. Des raids qui font partie de la coupe du monde avec des
courses espagnoles et le Dakar ; le plus médiatisé des rallyes auquel Bertrand Martin
na jamais souhaité participé. «Déjà le Paris - Istanbul sans assistance
cétait limite. Alors le Dakar, cest de la folie... Et puis avec le budget
dun Dakar, je peux courir huit autres rallyes !» Evidemment, vu sous cet angle, le
Dakar nest plus quun mythe.
«Le désert, cest
vraiment
angoissant»
La course sous un soleil brûlant la journée, les
réparations par une nuit glaciale à peine arrivé, le Dubaï ne sera pas une partie de
plaisir : «Depuis cette fameuse étape du Tunisie, je sais où sont mes limites. La
journée, il faut toujours faire la course en dedans, et garder suffisamment de réserve
pour le lendemain et éventuellement la nuit de mécanique qui nous attend.»
Ce rallye-raid sera le dernier pour Bertrand Martin en tant que motard. Ensuite,
il retourne dans le désert au volant dun camion. «Jai terminé sept des neuf
rallyes auxquels jai participé. Jai 40 ans et la moto je sais ce que
cest. Je nai plus rien à me prouver. Plutôt que stagner, je préfère
découvrir autre chose.» Si larrivée du Dubaï est prévue le dimanche 12
novembre, dès le lundi matin, Bertrand Martin sera au boulot.
A. TH. |