Journal du 21 janvier 2000

Il est le seul en France et installé à Tôtes
Les automates de Michel Taillis
sont allés conquérir le monde
Automate.gif (41285 octets)

voir le site : http://www.micheltaillis.com

Du parc industriel de Tôtes, partent chaque automne 500 automates uniques au monde par la qualité de leur peluche et de leur mouvement. C’est la réussite d’un ex-étalagiste Michel Taillis qui commença dans sa maison de Fresnay-le-Long. Aujourd’hui, il est le seul Français à travailler ainsi.

On a une folle envie de toucher, de caresser, tant la bête semble vivante... Et le fait qu’elle penche la tête vers son petit, qu’elle le dorlotte, qu’elle se retourne sur lui, fait de l’univers animalier de Michel Taillis, un spectacle de bon goût et de grand talent.

Ce Rouennais habite à Fresnay-le-Long et passa 21 ans comme étalagiste après un brevet de mécanique industrielle. Un chômage économique aux Nouvelles-Galeries de Brest l’amena, avec son épouse Yolande, à rejoindre la maison normande. Il met alors à profit ses heures de loisirs forcés pour se consacrer à une passion bien enracinée chez lui : les automates, ce qui lui avait d’ailleurs permis qu’on parle de lui lors de ses compositions de vitrines.

En avril 1992, c’est Yolande qui démarchera dans les magasins sur 100 km autour de Rouen, afin de montrer les panneaux animés de son bricoleur de mari. Une anecdote familiale : le premier jour, elle signe deux locations, est-ce déjà gagné ?

Un rêve devenu réalité

Sans doute, puisqu’en deux ans, on arrivera à 400 panneaux (personnages dont la tête ou les bras remuent) et Michel Taillis se fera remarquer dès 1993 au salon du jouet à Paris. Et, «en même temps, j’achetai en peluche, une famille de chiens de race Braque et animai ainsi la vitrine des Galeries à Rouen».

L’astuce de M.Taillis consiste à ouvrir l’animal, à créer un mouvement mécanique avec un ou plusieurs moteurs minuscules (jusqu’à 5) répartis dans le corps. Fier - à juste titre - de ses chiens, il les prête aux fournisseurs de peluche pour le salon du jouet de janvier 1994.

C’est alors que les premières commandes arrivent, amenant le créateur à délaisser les panneaux pour se consacrer entièrement aux automates. «J’étais le seul ; il y a bien quelques amateurs pour des petits objets, des pères Noël, des métiers, des personnages mais aucun pour des animaux de cette taille... Je fabrique le grand ours brun, le père Noël, mais toutes les autres peluches de très grande qualité sont achetées dans deux maisons italiennes, ce pays étant le berceau de cette activité».

Japon et Turquie

En ce salon 1994, l’immense curiosité des visiteurs - des professionnels du jouet donc connaisseurs - poussera Michel Taillis à se présenter en septembre de la même année au salon Maison et objet qui se tient deux fois par an, et où, depuis, le Tôtais est toujours présent. Il y ajoutera aussi en janvier le salon de Francfort, puis, tous les trois ans, celui de Düsseldorf.

«Dans ces deux salons allemands, 45 pays sont représentés, c’est extraordinaire et ces portes ouvertes sur le monde m’ont beaucoup apporté, tout en conservant les premiers clients».

Sur le parc industriel de Tôtes

«En 1995, c’est le grand boum : j’expose pour la première fois la totalité de mes produits à Maison et objet. Mais je ne peux répondre à la demande à cause de carnets de commandes saturés au 2e jour. Je découvre l’exportation avec 8 pays européens, plus le Japon et la Turquie, six grands magasins qui commandent des vitrines animées... et c’est l’embauche du premier salarié !»

Seulement, on est toujours dans la maison de Fresnay-le-Long ; la famille Taillis se tournera vers le parc industriel de Tôtes et y achètera en juin 1996, «quatre murs et un toit». Là encore, «on a travaillé comme des fous» et en juin 1997, Michel Taillis Création s’installait officiellement à Tôtes et continuait d’embaucher.

«Aujourd’hui, nous sommes 10 salariés et une quinzaine pendant deux mois à l’époque des fêtes ; nous pourrions faire le double pour répondre aux demandes mais est-ce raisonnable de grandir encore ? Un audit va m’aider à y voir clair...»

La qualité : la meilleure des publicités

Pas de publicité, seulement les salons, les vitrines animées, 40 automates dans Main street à DisneyLand Paris, des vitrines à fil pour les plus prestigieux magasins de France, les produits-symboles de marques mondiales...

Michel Taillis s’est aussi ouvert sur le monde, excepté les USA et le Canada, «mais volontairement» ; en revanche il est présent jusqu’au Japon, Australie, Afrique, sur tous les continents, respectueux partout de normes très strictes.

«Mon secret ? La qualité de la peluche et celle du mouvement ; non seulement la partie mécanique interne, mais l’aspect général que dégage l’animal ; je crée le geste tendre et lent, ou vif, qui le rendra sympathique et positif».

A Auchan de Dieppe, où ses automates étaient installés pour les fêtes, on pouvait rester des heures à contempler les animaux...

500 automates sont vendus chaque année et il est le seul en France ; certains se louent d’une année sur l’autre ; les grands magasins les achètent en exclusivité...

Le succès ? «Oh, oui, et tant mieux pour nous et nos employés... Je voulais rester pénard chez moi, c’est raté !»

Dany DASNIAS


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