Journal du 7 mars 2000

Assemblée générale de Dieppe capitale du cerf-volant
"Permettre aux Dieppois
de devenir acteurs du festival international"

L’opinion est unanime. Il est nécessaire que le Festival international de cerf-volant de Dieppe en cette année 2000 permette aux Dieppois d’en devenir acteurs. Non de simples spectateurs éblouis par les couleurs du ciel et les circonvolutions du vent, mais des membres à part entière de la fête, participant au ballet aérien, accompagnant les cerfs-volistes, vivant à plein régime, avant et pendant, ce qui demeure l’un des événements européens les plus courus du genre. Yves Lavieuville, l’ex-président de Dieppe capitale du cerf-volant qui a souhaité laisser sa place après vingt ans passés au service de la rencontre conçue et élaborée par Max Gaillard, Arnaud Coignet, adjoint au maire en charge de la Culture et de la Communication, nouveau président, et l’ensemble des membres de l’assemblée générale réunis dans les salons de l’Hôtel de ville affirmaient cette perspective nécessaire.

C’est d’ailleurs en ce sens que Serge Gaillard, directeur du festival engagé depuis plusieurs mois à la préparation de l’édition 2000, après le passage de siècle souhaité sous le signe du cerf-volant par la municipalité, a travaillé. Outre la promotion nécessaire à un événement aussi retentissant (exposition au musée des Beaux-Arts d’Arras, le premier à recevoir en France un travail sur le cerf-volant, préparation du site internet de Dieppe capitale du cerf-volant...), Serge Gaillard a basé une partie de l’enjeu du festival sur la participation des Dieppois.

Depuis le passage à l’an 2000 sous l’arche tendue sur le front de mer et la distribution d’hirondelles chinoises porte-bonheur jusqu’aux expositions réparties dans la ville (MJP, Drakkar, Hôtel de ville, Tourelles), cette première entrée en matière a développé l’idée que le Festival pourrait bien être une affaire d’identité de la ville. Ces dernières semaines, un stage animé par Michel Gressier, cerf-voliste créateur de renom, avant celui que développera Philippe Cottenceau en avril, a permis à quelques-uns de s’initier à une véritable pratique du cerf-volant, comme objet à faire voler certes, mais essentiellement à concevoir, à rêver... Avec le projet d’arches réalisés par les élèves des écoles primaires de l’ensemble de la région dieppoise, cette identité devrait être encore nettement renforcée.

«Cette année, insistait Serge Gaillard, il est nécessaire que le festival évolue. C’est pourquoi, dans le fil de la précédente édition, nous avons commencé à bâtir un festival ouvert sur la création.» Si les aspects traditionnels qui ont fait le succès de Dieppe ne sont évidemment pas omis, la création donnera un regain d’existence au Festival. Des 32 pays de 1998, Dieppe n’en recevra que 24 cette année. Vingt-quatre parmi les incontournables, vingt-quatre afin de développer la présence de chacun. «Accueillir un pays avec une délégation de deux, parfois un seul cerf-voliste n’offrait pas au public la possibilité de rencontre nécessaire, explique Serge Gaillard, aussi cette année, privilégions-nous l’échange, avec une très importante délégation, certainement de Corée, dont la tradition cerf-voliste est étroitement liée aux aspects artistiques des objets, mais aussi un autre grand cerf-volant venu du Guatémala.» L’idée de reconduire l’opération O-Dako est dans l’air... avec ce cerf-volant spécifique, qui vole une fois l’an, à la Toussaint, en l’honneur des morts.

Il n’empêche que la réduction de délégations est aussi liée au budget, moins important cette année, et non encore arrêté définitivement. Le bilan financier même de l’association n’a pu être clos, compte-tenu de la difficulté à lier l’année «morte» et l’année vive, à savoir l’existence du Festival l’année où il n’est pas organisé. Pour la trésorerie, qui enregistre une augmentation de la participation de la Ville et le maintien de la subvention du conseil régional (allouée à l’événement lui-même et au fonctionnement de la structure ainsi que l’a rappelé Jean-Beaufils, premier vice-président de la Région), il convient de tenir compte de l’absence de l’Europe. Une grosse subvention du Feder en 96 (sur l’organisation entière du festival) s’est transformée en subvention sur le seul volet communication en 98, et sur peut-être rien du tout en 2000... Même si quelque espoir demeure encore.

Avec le changement de président (Yves Lavieuville ayant fait savoir son désir de passer la main depuis l’an dernier), Arnaud Coignet prenant la fonction, l’arrivée d’un nouveau trésorier, François Lefebvre (Claude Quessada demeurant secrétaire), l’entrée au conseil d’administration de structures comme l’Addle, Dieppe capitale du cerf-volant ouvre son regard sur demain. Sur septembre surtout, pour un nouvel envol.

E.S.

Site officiel de "Dieppe capitale du cerf-volant" : http://www.dieppe-cerf-volant.org/


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