Lopinion est unanime. Il est nécessaire
que le Festival international de cerf-volant de Dieppe en cette année 2000 permette aux
Dieppois den devenir acteurs. Non de simples spectateurs éblouis par les couleurs
du ciel et les circonvolutions du vent, mais des membres à part entière de la fête,
participant au ballet aérien, accompagnant les cerfs-volistes, vivant à plein régime,
avant et pendant, ce qui demeure lun des événements européens les plus courus du
genre. Yves Lavieuville, lex-président de Dieppe capitale du cerf-volant qui
a souhaité laisser sa place après vingt ans passés au service de la rencontre conçue
et élaborée par Max Gaillard, Arnaud Coignet, adjoint au maire en charge de la Culture
et de la Communication, nouveau président, et lensemble des membres de
lassemblée générale réunis dans les salons de lHôtel de ville affirmaient
cette perspective nécessaire.Cest dailleurs en ce sens que
Serge Gaillard, directeur du festival engagé depuis plusieurs mois à la préparation de
lédition 2000, après le passage de siècle souhaité sous le signe du cerf-volant
par la municipalité, a travaillé. Outre la promotion nécessaire à un événement aussi
retentissant (exposition au musée des Beaux-Arts dArras, le premier à recevoir en
France un travail sur le cerf-volant, préparation du site internet de Dieppe capitale
du cerf-volant...), Serge Gaillard a basé une partie de lenjeu du festival sur
la participation des Dieppois.
Depuis le passage à lan 2000 sous larche tendue sur le front de mer
et la distribution dhirondelles chinoises porte-bonheur jusquaux expositions
réparties dans la ville (MJP, Drakkar, Hôtel de ville, Tourelles), cette première
entrée en matière a développé lidée que le Festival pourrait bien être une
affaire didentité de la ville. Ces dernières semaines, un stage animé par Michel
Gressier, cerf-voliste créateur de renom, avant celui que développera Philippe
Cottenceau en avril, a permis à quelques-uns de sinitier à une véritable pratique
du cerf-volant, comme objet à faire voler certes, mais essentiellement à concevoir, à
rêver... Avec le projet darches réalisés par les élèves des écoles primaires
de lensemble de la région dieppoise, cette identité devrait être encore nettement
renforcée.
«Cette année, insistait Serge Gaillard, il est nécessaire que le
festival évolue. Cest pourquoi, dans le fil de la précédente édition, nous avons
commencé à bâtir un festival ouvert sur la création.» Si les aspects
traditionnels qui ont fait le succès de Dieppe ne sont évidemment pas omis, la création
donnera un regain dexistence au Festival. Des 32 pays de 1998, Dieppe nen
recevra que 24 cette année. Vingt-quatre parmi les incontournables, vingt-quatre afin de
développer la présence de chacun. «Accueillir un pays avec une délégation de deux,
parfois un seul cerf-voliste noffrait pas au public la possibilité de rencontre
nécessaire, explique Serge Gaillard, aussi cette année, privilégions-nous
léchange, avec une très importante délégation, certainement de Corée, dont la
tradition cerf-voliste est étroitement liée aux aspects artistiques des objets, mais
aussi un autre grand cerf-volant venu du Guatémala.» Lidée de reconduire
lopération O-Dako
est dans lair... avec ce cerf-volant spécifique, qui vole une fois lan, à la
Toussaint, en lhonneur des morts.
Il nempêche que la réduction de délégations est aussi liée au budget,
moins important cette année, et non encore arrêté définitivement. Le bilan financier
même de lassociation na pu être clos, compte-tenu de la difficulté à lier
lannée «morte» et lannée vive, à savoir lexistence du Festival
lannée où il nest pas organisé. Pour la trésorerie, qui enregistre une
augmentation de la participation de la Ville et le maintien de la subvention du conseil
régional (allouée à lévénement lui-même et au fonctionnement de la structure
ainsi que la rappelé Jean-Beaufils, premier vice-président de la Région), il
convient de tenir compte de labsence de lEurope. Une grosse subvention du
Feder en 96 (sur lorganisation entière du festival) sest transformée en
subvention sur le seul volet communication en 98, et sur peut-être rien du tout en
2000... Même si quelque espoir demeure encore.
Avec le changement de président (Yves Lavieuville ayant fait savoir son désir
de passer la main depuis lan dernier), Arnaud Coignet prenant la fonction,
larrivée dun nouveau trésorier, François Lefebvre (Claude Quessada
demeurant secrétaire), lentrée au conseil dadministration de structures
comme lAddle, Dieppe capitale du cerf-volant ouvre son regard sur demain. Sur
septembre surtout, pour un nouvel envol.
E.S.