Journal du 2 octobre 1998

Il a trouvé refuge chez Jacques Portokalopoulos
Belvédère : un python royal dans le tourniquet

Mardi matin, un python royal a été retrouvé dans le sas de la galerie marchande du Belvédère. Récupéré par les sapeurs-pompiers de Dieppe, l’animal a trouvé refuge à Martin-Eglise chez Jacques Portokalopoulos.

Il est câlin comme tout. Je vais le garder...." Jacques Portokalopoulos porte une cravate originale en ce mercredi soir : un python royal. Derrière lui, un tigre tourne en rond dans sa cage sans un regard pour le nouveau locataire arrivé la veille dans la maison de Martin-Eglise. Un cadeau des sapeurs-pompiers de Dieppe qui l’ont récupéré au Belvédère dans le tourniquet d’entrée du centre commercial.

Evidemment, un serpent dans le sas, ça a surpris tout le monde. Le personnel, qui est arrivé vers 7 h 30 mardi dans la galerie marchande, a même dû avoir peur. Un serpent, ça n’a pas bonne réputation. D’autant que, à moins d’être un spécialiste comme l’animateur des Saltimbanques de l’impossible, il est difficile de discerner au premier coup d’oeil si l’animal est dangereux ou inoffensif. "Heureusement, avec des manches à balai il a été poussé dans un seau", constate celui à qui tant de jeunes doivent leur passion pour le cirque et les animaux.

Les sapeurs-pompiers sont alertés. Pour s’occuper d’un serpent ce n’est pas fréquent. Mais qu’en faire? Ils pensent à Jacques Portokalopoulos. Direction donc l’ancienne gare de Martin-Eglise. Il est 8 heures du matin.

"J’ai aussitôt vu qu’il s’agissait d’un python royal", confie M. Portokalopoulos en caressant l’animal, apparemment ravi de cette marque d’amitié. Il peut rassurer les convoyeurs : ils ne craignaient rien. Mais la frayeur était compréhensible.

"Le python royal fait partie de la famille des constricteurs qui étouffent leur proie", précise Jacques Portokalopoulos. La famille comprend des pythons et des boas. "Le plus cool, c’est le python royal. Il se vend de 1.500 à 2.000 francs dans une animalerie. C’est donc un sérieux investissement pour un particulier".

Très calme et très fragile

Le python royal vit avant tout en Afrique. "Il est très calme, mais très fragile, reprend M. Portokalopoulos. "Il faut le maintenir dans un cadre avec une température comprise entre 25 et 28 degrés". Mais comme c’est un radiateur-accumulateur, si la température baisse il en dégage de son corps pour la restituer au bon niveau. "Mais pas plus de vingt -quatre heures".

D’où l’hypothèse du spécialiste : "Mardi, il a dû être déposé environ une demi-heure avant sa découverte. L’endroit était bien choisi car il ne pouvait pas passer inaperçu. Et comme l’endroit n’est pas chauffé, il s’est certainement replié sur lui-même, lové".

Par qui a-t-il été abandonné? Mystère. Mais si l’inconnu s’en était débarrassé dans les rayons d’Auchan par exemple, on pouvait aussi bien le retrouver dans une poche de vêtement. Imaginez la surprise. Et l’effroi.

Ce python, qui n’a pas encore été baptisé, mesure un mètre. Le voilà qui enlace le bras de son nouvel ami maintenant. "Il doit avoir deux ou trois ans", estime M. Portokalopoulos. "Il peut vivre de quinze à vingt ans. Et mesurer jusqu’à 1,50 mètre."

Longue vie donc à... Au fait, si on l’appelait Monty?

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D. L.


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