Journal du 17 mars 1998

Ouverture de la pêche ?

LES RESQUILLEURS DU PETIT MATIN

Samedi, sur la vitrine d’un magasin d’Arques-la-Bataille, on pouvait lire en grand : "Ouverture de la pêche aujourd’hui". Et dès 6 h 45, quelque quatre-vingts membres de la Gaule arquoise se retrouvaient sur les bords de la Varenne à titiller la truite. A Londinières, d’autres pêcheurs, les pieds dans l’Eaulne, étaient aussi au rendez-vous, et ce malgré l’arrêté préfectoral reportant l’ouverture de la pêche au 28 mars prochain.

"Nous avons reçu l’aval de notre président pour pêcher dès ce matin", déclare François Monchaux. Pour cet Arquais, il n’y a donc pas de doute, les deux prises qu’il a faites dans la matinée ne sont pas illicites. D’autant plus que certains de ses confrères affirment avoir eu l’autorisation par la fédération départementale de pêche ce week-end. L’autorisation, ils l’ont eue évidemment, mais c’était avant la promulgation de l’arrêté préfectoral. Un arrêté dont ils ont pris connaissance trop tardivement. "Tous les ans, nous savons dès le mois de janvier la date exacte de l’ouverture de la pêche. Cette année, elle a changé sans arrêt. Hier matin encore (ndlr : vendredi), on nous l’annonçait pour aujourd’hui. Et hier soir, elle était reportée au 28. Moi, j’ai pris huit jours de congés pour pêcher cette semaine, il n’était pas question que je renonce à mon passe-temps favori", explique Fabien Isaac, membre de la Gaule arquoise.

Avec son ami François, il s’est levé aux aurores pour tenter de prendre à l’hameçon les quelque soixante kilogrammes de truites qui avaient été déversés la veille dans les eaux de la Varenne. Depuis le 15 septembre dernier, tous deux attendaient avec impatience de pouvoir à nouveau se retrouver les pieds dans l’eau. "Pendant toute l’ouverture, je viens pêcher chaque soir après le travail et chaque week-end. C’est ma façon à moi de me détendre", confie François Monchaux. Et si, sur les bords de la Varenne, les gardes-pêche ont été conciliants, ce ne fut pas le cas à Douvrend : la pêche qui était tolérée samedi, ne l’était plus dimanche. Et certains gardes-pêche ont eu du mal à convaincre les "resquilleurs" qu’ils pourraient à nouveau pêcher le 28 mars, et cette fois en toute légalité.

M.D.S.


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