Journal du 30 octobre 1998

A l'association des jardins ouvriers de la région dieppoise
Christian Devaux, président : "Le côté social me tient à coeur"

Christian Devaux succède donc à Gabriel Retout à la présidence de l'association des jardins ouvriers de la région dieppoise. Christian Devaux, 49 ans, docker, syndicaliste, mais encore très impliqué dans le milieu associatif, tant au niveau des jardiniers, qu'au niveau sportif et encore social.

"Dans cette affaire, c'est le côté social qui me tient à coeur", explique le nouveau président, soulignant que l'association existe depuis 1922 à Dieppe et que la nouvelle équipe mise en place lors de l'assemblée générale travaille à améliorer le site de Rouxmesnil qui accueille 91 jardiniers sur un peu plus de trois hectares. Parmi les jardiniers on compte pas mal de cheminots, d'anciens cheminots et aussi des chômeurs. "On vient d'attribuer un jardin à un demandeur d'emploi avec quatre enfants, aujourd'hui, la dureté de la vie fait que plus de 80% des gens jardinent pour améliorer leur sort", souligne le président, "mais ce ne sont pas toujours ceux qui sont dans le besoin qui cultivent", poursuit-il encore. En effet, un demandeur d'emploi s'est vu retirer sa parcelle restée en friches.

Puis Christian Devaux explique les objectifs de l'association : pouvoir acheter les graines à la fédération nationale des jardins familiaux qui est en train d'étudier le projet, ainsi que les produits nécessaires. Des achats en gros permettraient en effet des prix plus attractifs. Faire l'état des lieux est un autre objectif puis, pour améliorer le cadre, essayer de trouver un financement pour installer de petits chalets qui remplaceraient les abris actuels, permettant une harmonisation comme il en existe "aux Avocettes" à Neuville-lès-Dieppe. "Nous avons le feu vert de la fédération qui nous a promis son aide", poursuit Christian Devaux, "maintenant, c'est à nous de voir des partenaires éventuels comme le conseil général et le Feder, entre autres. Pour l'instant, le projet est en train de murir". Des chalets installés sur des dalles de béton et qui seraient la propriété de l'association. "Nous ne voulons pas hauser le prix du mètre carré". A Rouxmesnil, il est fixé à 0,20 F. Les parcelles vont de 100 à 400 m2 pour certaines, la taille moyenne d'un jardin est de 200 m2. "Nous avons de nombreuses demandes et nous ne pouvons satisfaire tout le monde", explique encore le président qui avec l'équipe du bureau est reçu ce jour par le maire Corentin Ansquer à qui il souhaite demander la possibilité d'étendre le territoire des jardins pour satisfaire un plus grand nombre. Parmi les jardiniers, soixante deux personnes de Dieppe, treize de Neuville-lès-Dieppe, six de Rouxmesnil, deux d'Arques-la-Bataille, mais aussi une de Torcy, Longueville, Hautot, Derchigny. Il y a des jardiniers qui sont depuis plus de trente ans sur le site, ainsi, le plus ancien, Marcel Delaunay. Agé de soixante six ans, il jardine là depuis trente cinq ans. Il y vient tous les jours. Il a aménagé son abri de façon à pouvoir "casser une petite crôute" tous les matins avec ses voisins de jardin. "Car ici, c'est aussi la convivialité", souligne encore Christian Devaux qui, lui, jardine depuis plus de vingt ans. "On se connaît tous, on s'interpelle d'une parcelle à l'autre, les anciens conseillent les jeunes, il y a a aussi des échanges". Et l'on sent un président passionné qui a envie de se donner à fond à sa tâche.
cabanon.GIF (159731 octets)

La cabane de M. D., un endroit convivial dès le matin

Un projet d'agrandissement

Cet endroit, il l'aime : "la terre y est fertile, on peut faire de superbes récoltes. Si l'on arrive à améliorer dans le style que l'on souhaite, on jouit d'un cadre extraordinaire... Au printemps, j'ai même pu voir des coucous, un noir et un blanc, c'est exceptionnel". Et puis, il y a aussi un coin entretenu par les jardiniers pour jouer aux boules. Certains viennent là en famille et déjeunent sur place. Un autre souci aussi, celui de voir les portants débouchés pour faire évacuer l'eau.

"D'autres projets encore, après l'installation de chalets et l'agrandissement, il serait bon de pouvoir avoir des bennes pour les déchets verts et la ferraille afin d'éviter les dépots sauvages et améliorer l'environnement. Et puis encore, faire adhérer les particuliers (qui ne possèdent pas de jardin à l'association) mais qui souhaiteraient recevoir le journal de la fédération pour profiter des avantages: assurance pour le jardin, conseils et approvisionnement en graines si cela se fait."

Actuellement, Christian Devaux est en train de rédiger le règlement intérieur qui sera soumis à l'assemblée générale en mars 1999. Il sera demandé aux jardiniers de régler leur cotisation pour le 15 mars dernier délai. "Il n'y aura pas d'attribution sauvage" précise t-il encore, expliquant qu'il faut faire une demande par écrit, même de manière simple. Le président la soumet alors au bureau. D'autre part un jardinier qui n'entretient pas sa parcelle, se la verra retirer, une commission est chargée de veiller à l'exploitation des jardins. "Si un jardin se trouve libéré, on essaie de le diviser pour faire profiter plus de monde, nous avons beaucoup de demandes pour des parcelles de 100 à 15O m2, c'est cela aussi le côté social", conclut Christian Devaux.

M.L.


nos archives    recherche    accueil