Journal du 11 décembre 1998

Au centre hospitalier de Dieppe
Des initiatives pour améliorer la qualité de vie et le confort des patients

Le centre hospitalier de Dieppe connaît depuis quelque temps une réelle transformation et ses efforts pour humaniser les différentes structures existantes sont désormais reconnus par les instances nationales. La modernisation va bien évidemment se poursuivre et le directeur Didier Vancostenoble annonçait lors d’une visite inaugurale récente que l’ouverture du deuxième plateau technique était programmée pour avril 1999, avec la construction, notamment, d’un nouveau service de radiologie.

Les projets internes fourmillent également, prouvant une réelle dynamique au sein des équipes qui se mobilisent - souvent dans l’ombre - pour améliorer la qualité de vie et le confort des patients.

Quatre services ont vu, grâce à cette émulation, leurs projets aboutir en 1998 : la pédiatrie, le service central de brancardage, la gériatrie et le service gastro-entérologie qui, avec le concours financier de la Fondation des hôpitaux de Paris et hôpitaux de France pour trois d’entre eux et le Crédit Local de France pour le quatrième, bénéficient de nouveaux aménagements très appréciés des familles et des patients.

Un espace tendresse au service de pédiatrie

Tout droit sortie de l’univers de «Maya l’abeille», la fresque réalisée à l’accueil du service de pédiatrie est un plaisir pour les yeux des enfants. Confiée à l’entreprise Lecoq de Dieppe, cette réalisation conjuguée avec l’installation d’un espace vitré pour plus de discrétion, et par la réalisation d’une autre fresque murale à l’entrée du service est le résultat heureux des opérations «Pièces jaunes» 97 et 98. Le tout a permis de concevoir un espace tendresse qui redonne une vraie valeur à l’accueil des petits patients et de leurs parents souvent angoissés.
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Des fresques murales gaies, au service de pédiatrie, grâce aux "pièces jaunes".

L’opération «Pièces jaunes» 98 a permis au centre hospitalier de récolter 53 kg de pièces, soit le double par rapport à l’année précédente. L’opération va bien entendu être renouvelée pour janvier 99, le projet étant cette fois-ci de décorer le service de néo-natalogie.

Prix horizon au service de brancardage

«Une équipe de secours au service des patients et des autres équipes du centre hospitalier!», c’est l’idée qui a été développée par le service central de brancardage pour son projet de participation au «prix horizon» de la fondation des hôpitaux de Paris-hôpitaux de France et la GMF. Prix que le service a obtenu en octobre dernier, d’autant plus mérité qu’il s’articule autour d’un gros travail d’équipe. Suivant un système de bip et avec l’aide de talkie-walkies, le service de brancardage a mis en place un service d’intervention en cas de sinistre et de situation d’urgence (incendie ou agression etc) qui affiche des délais d’intervention minimum. C’est à la fois rassurant pour les malades et pour les équipes du centre, ce qui permet en outre de développer une collaboration plus active entre les soignants des unités et les brancardiers. Le projet s’est également axé sur une meilleure prise en charge des familles des patients décédés avec la mise en place de permanences à la chambre mortuaire les après-midis.

Un lieu d’accueil pour les familles des patients en fin de vie

Un projet financé par la Fondation du Crédit local de France qui tenait à coeur à toute l’équipe du service de gastro-entérologie. La subvention octroyée a permis d’aménager une chambre en petit studio où les familles des personnes hospitalisées en fin de vie mais aussi après le décès, peuvent se retrouver, se reposer et se détendre.

C’est une pièce chaleureuse et reposante, dont la réalisation a été terminée en septembre, qui offre même la possibilité pour les familles de dormir surplace. Un projet humain d’ores et déjà très apprécié des familles qui sont informées de son existence par la distribution de petites plaquettes d’information, projet qui illustre avec succès la circulaire du 26 août 86 relative à l’organisation des soins et à l’accompagnement des malades en phase terminale.

«Donnons des couleurs...» au service de gériatrie

Pour une question de psychologie, l’accès au service de gériatrie est interdit aux enfants en bas âge. Ce qui est souvent pesant et frustrant pour les malades qui ne peuvent voir leurs petits-enfants.

Grâce à l’opération «Donnons des couleurs à l’hôpital» patronnée par la fondation des hôpitaux de Paris-hôpitaux de France, la solution a été trouvée au centre hospitalier dieppois par l’aménagement d’un espace convivialité à l’entrée du service qui permet ainsi de favoriser les rencontres intergénérations.

L’espace ressemble à un salon avec du matériel audio-visuel et musical à disposition et petits et des grands. Il vient tout juste d’être terminé et représente dès à présent un atout indéniable pour le service, toujours dans un but humanisant.

M.P.

UNE CHARTE DE FONCTIONNEMENT

Le service central de brancardage de l’hôpital de Dieppe a été créé en 1991 à l’initiative de Catherine Moreels, directeur des soins infirmiers. «Il s’agissait pour le centre hospitalier d’améliorer les circuits et les relations entre les équipes afin de rendre meilleures les conditions de séjour des patients. Avant 1991, il y avait un dysfonctionnement entre les services et les aides-soignants étaient parfois obligés de brancarder eux-mêmes les malades alors que l’établissement disposait d’employés sans fonction précise. Un jour, ils étaient laveurs de carreaux, un jour ils étaient brancardiers, un autre ils étaient standardistes. L’hôpital a recruté ces hommes qui sont devenus brancardiers», explique Mme Moreels.

Les vingt-trois brancardiers embauchés sont soumis à une charte dont voici les points principaux :

- le service de brancardage organise le transport des malades d’un service à l’autre, sous la responsabilité d’un coordonateur dépendant hiérarchiquement du service infirmier,
- les brancardiers sont garants de la coordination des actes de brancardage et manutention avec les équipes soignantes des unités dans l’intérêt du malade,
- le brancardier met en confiance la personne transportée et l’aide à établir les démarches administratives. Il la renseigne sur sa destination. Il est rassurant,

- le brancardier est soucieux de l’entretien de son matériel et respecte les règles d’hygiène indispensables dans l’exercice de sa fonction,
- les qualités intellectuelles à rendre prioritaires sont le dynamisme, le courage, l’ouverture d’esprit, l’initiative et le sens de l’organisation,
- conscient des progrès sans cesse renouvelés à l’hôpital, le brancardier reconnaît le besoin de formation dans la gestion de l’angoisse des malades, la manutention des malades, la formation d’aide-soignant, la communication, le secret professionnel et la prise en charge des familles au moment du décès d’un proche.


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