Journal du 20 novembre 1998

Marathon
Guy Gricourt et Bruno Féret, de New York à Torcy

Passionnés de course à pied, Guy Gricourt et Bruno Féret participent à toutes les épreuves de la région sur 10 km mais ce qu’ils aiment plus que tout, c’est le marathon. La chance leur a souri, ils ont réalisé leur rêve : participer à la plus grande épreuve du monde : le marathon de New York.

Courir un marathon, c’est le rêve de tout coureur à pied. Après avoir réalisé ce défi, on désire s’attaquer à un autre mythe : le marathon de New York. Lors des 10 km de Neufchâtel fin septembre, j’ai eu la chance de gagner mon billet tous frais payés pour participer à la plus grande épreuve du monde», confie le coureur de Saint-Vaast-d’Equiqueville, Bruno Féret, qui vient tout juste d’en terminer avec les 10 km de Torcy-le-Petit.

«Deux semaines après une telle débauche d’énergie, je me trouve encore en période de récupération. Et pourtant, je n’en suis pas à mon premier coup d’essai. Auparavant, j’avais déjà effectué six marathons. A chaque fois, il me faut quelques semaines pour retrouver toutes mes capacités. Aujourd’hui, le chrono importait peu. l’essentiel, c’était de courir et surtout de se dégourdir les jambes», précise ce jeune cadre commercial des AGF, âgé de 33 ans.

Et Alain Delorme, chef de l’agence dieppoise de l’entreprise de travaux publics Lalitte, de poursuivre : «Guy Gricourt, qui est conducteur de travaux dans notre société, a, lui aussi, gagné son voyage mais pas de la même manière que Bruno Féret. En effet, il l’a remporté pour son travail quotidien. Au sein de l’entreprise, nous avons décidé de récompenser deux de nos collaborateurs et Guy avait le profil idéal : compétent, tenace et doté de qualités humaines incomparables. Connaissant sa passion pour la course à pied, nous avons tout logiquement eu l’idée de lui offrir le voyage pour participer au marathon de New York». «On ne pouvait pas me faire davantage plaisir. Jusqu’alors je m’étais aligné les trois dernières années sur le marathon de Paris et je rêvais secrètement de disputer un jour l’épreuve mythique New Yorkaise», rétorque le coureur de 43 ans qui habite Berneval-le-Grand.

Une ambiance de folie

Parti avec l’association française des coureurs de fond, Guy Gricourt a rejoint Bruno Féret dans la capitale des USA. «Nous avons visité New York : l’Empire State Building, les Twin Towers, Broadway, Central Park, etc... mais nous n’avons pas pu découvrir toute la ville car nous devions nous économiser en vue de la course. Nous garderons un formidable souvenir de New York. Surtout le jour de la course. C’est impressionnant de se retrouver au milieu d’un peloton de 23 000 coureurs», indiquent d’une même voix les deux marathoniens. «Dans une ambiance de folie, poussés par des milliers de spectateurs et surtout par les autres coureurs français (avec 2 500 athlètes, la colonie française est la plus importante sur l’épreuve), on se dit qu’on n’a pas le droit d’abandonner. A partir du 34e kilomètre, aux abords du Madison Square Garden, la côte rend les jambes très lourdes. Dès lors, il faut aller au bout de soi pour achever le parcours».

Avec des chronos significatifs, respectivement 2 heures 56 pour Guy Gricourt, 691e (113e vétéran et 83e Français) et 3 heures 14 (2 076e) pour Bruno Féret, les deux coureurs sont d’autant plus fiers de leurs performances qu’ils ne se trouvaient pas en position idéale sur la ligne de départ. «Sur un tel parcours, on perd environ deux minutes mais je ne suis pas mécontent de ma performance car mon objectif à New York était 3 heures 15 et à plus ou moins long terme j’espère descendre sous la barre des 3 heures», explique Bruno Féret. Son compagnon a également rempli son contrat. «Même si je n’ai pas battu mon meilleur chrono établi à Paris (2 heures 54), ma performance est conforme à mon objectif, compte-tenu de ma position au départ».

Et les deux marathoniens de conclure : «Concilier passion sportive, activité professionnelle et vie de famille demande un grand investissement personnel mais surtout soutien et compréhension de la part de nos proches. Avec les entraînements, quatre à cinq fois par semaine ainsi que les courses le week-end, nous assouvissons notre passion au détriment de notre vie de famille. C’est pourquoi nous remercions nos épouses et nos enfants».

St. Etienne


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