Journal du 29 septembre 1998
Coquille 98/99 : ouverture de la
campagne jeudi
Le Rejado a un jeune patron
Demain, le Rejado quittera le bassin Duquesne.
Pour être prêt à tirer ses premiers traits dès jeudi 0 heure: ce sera louverture
de la campagne 98/99 pour la coquille Saint Jacques. Un instant attendu avec impatience
par soixante-huit bateaux de Dieppe, du Tréport, du Havre, de Fécamp mais aussi par des
bas-normands. Et plus encore par Maxime Vigot : cest son premier embarquement comme
patron dun coquillard. Le Rejado bien sûr...

I l passe du quai au bateau, dune démarche administrative à
un écrou à serrer. Les heures défilent et il reste tant à faire encore avant le
départ. Mais Maxime Vigot a confiance en son équipe. Lun mesure, lautre
soude. La coque bleue étincelle. A côté, sur le Malban, un peu plus loin le long
de la halle, sur le Saint-Liévin, on vérifie les niveaux, on installe, on
peaufine aussi.
"Le pas, je lai franchi cet été", raconte ce
Neuvillais de 28 ans. "Maxime, cest un jeune, qui en veut", appuie
lancien patron du Saint-Lievin, retiré des affaires depuis quatre ans déjà
. "Il faut que les des jeunes y aillent dans lintérêt de la pêche à
Dieppe. Mais cest un sacré investissement". "Je table sur cinq ans pour
amortir lachat du Rejado", confie Maxime. Sur cinq bonnes campagnes, comme
la précédente.
Le jean et le sweet vert bondissent sur le pont: une lourde plaque à
manipuler avec Cacahuète et les autres membres de léquipage. Maxime nest pas
le dernier à prêter main forte, tout en conseillant sur lemplacement
détagères.
"Le bateau, je lai acheté en connaissance de cause",
assure-t-il. "Jai embarqué comme matelot le 1er janvier dernier parce que
je le savais à vendre". Lucien Breteau, le patron, lui apprend donc le Rejado.
Et Maxime en devient rapidement le mécanicien. "Mais ça fait douze ans que je
suis dans la pêche", ajoute-t-il.
A16 balles...
Né à Granville, Maxime allait à la pêche à pied. Le virus la
contaminé. Et il a débuté comme mousse sur le Saint -Roch avec lequel il est
arrivé à Dieppe. Il a travaillé sur le Lagon, sur le Fest-Noz, sur le La
presquile...Histoire de bien connaître le métier."Car je suis le seul
marin de la famille", sourit-il
Et il a donc "franchi un nouveau pas dans la vie" avec
cette acquisition. "Loccasion ( de 27 ans, pratiquement son âge) qui
se présente, un 14,30m, pour débuter, cest sage". Il a préparé le
Rejado mais sans le transformer. Et il a constitué son équipe: Jacques Dolé comme
mécanicien, Dominique Couaspel, Manuel Lemognan et Jean-François Toulgouet, alias
Cacahuète.
Tous espèrent un bon rendement, naturellement. "On verra bien,
explique Maxime. Je sais où je vais aller mercredi soir. On va voir aussi comment ça
va se passer à droite à gauche. Et on rentrera vendredi. La coquille devrait se vendre
autour de 16 balles. Tout dépendra du tonnage".
Le Rejado passera par la criée pour vendre. "Mais,
ajoute Maxime, chacun voit à sa porte. Si les gens pratiquent autrement, cest
quils y ont intérêt".
Maxime remonte sur le quai. Encore un papier à signer durgence.
Avant le grand départ. Le 1er octobre approche. Il est confiant. "Faut un an pour
voir comment ça va se passer. Mais au bout de quinze jours déjà, jy verrai plus
clair".
D. L.
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