Journal du 13 novembre 1998

Neuville
L'église Saint-Aubin a retrouvé son coq
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Raymond et Jean-Marie,
les deux compagnons de M. Delamotte (à droite)
ont réinstallé le coq qui domine l'église Saint-Aubin,
restaurée, et le vieux Neuville.

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A 60 mètres au-dessus du sol,
la pose du coq sur le clocher reste un exercice périlleux.

Le coq de l’église Saint Aubin veille de nouveau sur Neuville. Coïncidence fortuite ou bien signe du ciel. Tel un halo de lumière, le gallinacé de cuivre a illuminé le ciel Neuvillais. Après deux semaines de pluie incessante, un rayon de soleil a percé les nuages à l’instant même où les compagnons, Raymond Heuzé et Jean-Marie Mazire, de la société Delamotte aux Grandes-Ventes, ont déposé le coq au sommet du clocher.

Quatrième et dernière tranche des travaux de réfection de la toiture de l’église Saint-Aubin de Neuville-lès-Dieppe, qui date de la fin du XVe siècle, la remise en état du clocher et de son coq a duré près de deux mois et demi. «Cette dernière tranche de travaux a mobilisé deux de mes compagnons. Ils ont refait le clocher dans son ensemble, de la charpente aux ardoises en passant bien évidemment par le coq. La croix qui trônait à près de 35 mètres du sol a dû également être changée. Elle était rongée par la corrosion et menaçait de tomber. Commme le veut la tradition, les compagnons ont remis à neuf le coq tout en cuivre», indique l’artisan-couvreur des Grandes Ventes M. Delamotte.

Et M. Chollet, ingénieur à la ville de Dieppe, responsable des bâtiments et monuments historiques de poursuivre : «Les travaux de rénovation de la toiture de l’église de Neuville se sont étalés sur quatre ans, à raison d’une tranche par année. Au total, cette réfection a coûté la bagatelle de deux millions de francs financée respectivement à hauteur de 70 et 30% par la ville de Dieppe et le conseil général de Seine-Maritime. En effet, en 1994, des fuites d’eau et surtout la chute de matériaux ont imposé cette réfection. Les réparations étaient difficiles et onéreuses. D’un montant de 700000 francs, la dernière tranche est la plus coûteuse car le travail demande une grande technicité».

Suivant le cahier des charges réalisé par l’ingénieur de la ville de Dieppe et les recommandations des monuments de France même si l’église n’est pas classée, les compagnons ont effectué cet ouvrage dans les règles de l’art. Ils ont utilisé exclusivement des matériaux nobles: chêne pour la charpente et ardoise d’Angers. De la bel ouvrage. «Désormais, il ne reste plus qu’à refaire tout le réseau électrique en 1999 pour que l’église retrouve tout son éclat», ajoute M. Chollet.

Le symbole de la vie
et du travail

«Les Neuvillais sont heureux de retrouver leur coq. Il nous manquait car nous avions l’habitude de le regarder. Ainsi, il nous avertissait des changements de temps», confie André Rouland. A l’instar du patron du café de l’église, Marie-Catherine Gaillard, maire déléguée de Neuville voyait pour la seconde fois le coq être remonté sur le clocher. «La première fois, j’avais assisté à cette cérémonie entourée des élèves des écoles Marie et Pierre Curie. Je pense que je ne reverrai plus un tel spectacle.Le retour du coq réjouit tous les habitants du vieux Neuville. Il représente le symbole de la vie et du travail».

Le mot de la fin revînt à l’abbé Gravier, curé de la proisse de Neuville: «Les compagnons ont réussi un formidable travail, bravant les éléments dans des conditions pénibles. Les gens qui regarderont le coq devront s’inspirer du travail de ces hommes qui demeurent des exemples de courage et de ténacité. Posé sur la croix, le coq symbolise une valeur fondamentale de l’évangile. Le coq est celui qui prend le vent. A son image , l’homme doit toujours se réorienter et s’adapter».

St.Etienne


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