Journal du 13 août 1999

Mission évangélique près de l'aérodrome de Saint-Aubin-sur-Scie
Le référé d'expulsion est de peu d'effet

A partir de dimanche et toute la journée de lundi, des caravanes sont arrivées en rangs serrés et ont installé leur campement sur un terrain appartenant à la chambre de commerce de Dieppe à proximité de l’aérodrome. Tous les ans à la même époque la mission évangélique prend quelques quartiers d’été. Il y a quelque temps, ses adeptes se sont arrêtés à Bellengreville.

Cette fois, outre l’installation sur un terrain privé sans autorisation qui constitue une violation de domicile, cette intrusion présentait un risque suffisant pour que la présidente de la chambre de commerce Eveline Duhamel, et le président de l’aéro-club, M. Labbé intentent un référé auprès du vice-président du tribunal de grande instance.

En raison de cette présence insolite à moins de cent mètres des pistes d’atterrissage et des risques qu’elle faisait encourir aussi bien aux pilotes qu’aux nomades, la direction de l’aviation civile Nord a décidé la fermeture de l’aérodrome à toute circulation aérienne. Cette mesure prise lundi, l’avant-veille de l’éclipse totale de Soleil, n’était pas pour faire plaisir au président de l’aéroclub qui attendait quelque quatre vingts équipages, la plupart des Britanniques, venant assister à l’événement céleste.

Tout en comprenant cette « fermeture par mesure de sécurité » M. Labbé et Me Lemiègre son avocat ont exposé leurs craintes au juge des référés : « nous ne pouvons pas prévenir tous les pilotes que le terrain est fermé et comme il s’agit pour beaucoup de petits appareils, certains risquent d’arriver à Dieppe à bout de carburant. Il n’est pas question de les détourner vers d’autres terrains. Les trois les plus proches, Eu, Saint-Valery-en-Caux et Le Havre sont saturés » pour cause d’éclipse également. Pour le président de l’aéro-club la présence des caravanes à moins des cent mètres réglementaires des pistes fait courir un risque aux gens du voyage par un survol de leurs caravanes à très basse altitude. « Si nous avons décidé d’alerter le juge des référés c’est uniquement pour une raison de sécurité » confirme la présidente de la chambre de commerce « alors qu’il y a un terrain disponible juste à côté. Certes, il n’appartient pas à la chambre » admet Mme Duhamel qui s’est rendue sur place dans le courant de la matinée. « Toutefois, je ne me fais pas beaucoup d’illusion sur ma démarche » confie-t-elle. Elle avait pour objecif principal de solliciter un recul des caravanes les plus proches pour respecter les normes de sécurité et permettre la réouverture des pistes.

Après un constat d’huissier dressé lundi soir de cette occupation illégale assignant une dizaine de gens du voyage en référé mardi à 9 h, M. Brossard, juge a pris une ordonnance mardi à 11 h pour la libération du terrain à compter de la signification (elle a eu lieu en fin de matinée) si besoin avec le concours de la force publique et sous astreinte de 5.000 francs par jour de retard jusqu’au dernier départ.

Cette ordonnance a semble-t-il été de peu d’effets puisqu’hier matin, jeudi, non seulement, l’ensemble des occupants était encore présent autour de la tente dressée pour l’office religieux qui sera célébré dimanche 15 août mais il en arrivait encore dans la journée. Ce qui peut remettre en cause la réouverture du terrain autorisée mercredi matin. Tout devrait rentrer dans l’ordre dès dimanche, jour prévu pour leur départ.

Episodiquement ces arrivées en nombre de nomades remet en question l’aménagement d’aires suffisamment grandes par les municipalités.


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