Journal du 20 novembre 1998

Le Beaujolais nouveau arrive dans nos verres

Ce vin a un côté festif inégalé. C’est tous les ans la même chose: la sortie du Beaujolais nouveau constitue l’événement de l’année vinicole». Gérant du magasin Le Sommelier rue des Maillots depuis quatre ans, Jean-Marie Boudard connaît «bon nombre de clients qui viennent une seule fois par an, juste pour acheter quelques bouteilles de Beaujolais nouveau».

Le spécialiste de la viniculture ajoute que «certaines personnes boivent du vin une seule fois dans l’année. Ce vin, c’est le Beaujolais nouveau». Pour expliquer l’attirance des consommateurs, M. Boudard évoque «le côté festif du Beaujolais nouveau. C’est un peu comme la galette des rois. On se réunit entre amis et on se fait une petite fête autour d’un bon repas et de quelques verres de Beaujolais. L’engouement est réel sur Dieppe mais il est encore plus important à Paris».

Autre atout du Beaujolais, il se marie autant avec un plateau de charcuterie que de la viande ou du poisson. Soucieux de proposer un vin de bonne qualité à ses clients, Le Sommelier a sélectionné un seul cru cette année: «un domaine des balmes issu d’un propriétaire-récoltant de Corcelles» explique Jean-Marie Boudard qui a fait déguster ce vin durant toute la journée d’hier.

Les qualités de ce «domaine des balmes» ont été appréciées par les connaisseurs: «il est fruité, floral et possède un léger goût de banane, précise M. Boudard. C’est un vin de grande qualité qui a, en plus, toutes les qualités des Beaujolais: il est gouleyant (Ndlr: facile à boire) et très facile d’utilisation. La cuvée 1998 est excellente: le Beaujolais me semble un peu plus fruité que l’an dernier où il était plus charpenté» conclut celui qui a envoyé 1.500 invitations à ses clients.

Trois semaines durant, les consommateurs vont se précipiter sur le Beaujolais nouveau. «Cette période tend à se réduire de plus en plus, confie Patrick Huet directeur du Codec de la rue de la Barre depuis deux ans et demi. La sortie du Beaujolais s’inscrit dans notre politique commerciale. C’est un produit traditionnel qui est très demandé».

«Le parfum des fruits rouges...»

Le directeur de Codec explique encore que «la vaste campagne publicitaire qui accompagne la sortie du Beaujolais nouveau permet de doper les chiffres des ventes. Le Beaujolais, c’est un peu comme les chocolats: on en vend essentiellement à une période bien déterminée de l’année». Samedi, Codec proposera à ses clients une animation-dégustation à l’intérieur et à l’extérieur du magasin. Côté choix, la supérette propose du Beaujolais nouveau et du Beaujolais primeur. «Aussi, poursuit M. Huet, nous avons mis en vente des bouteilles sérigraphiées».

A quelques pas, l’épicerie fine Olivier rue Saint-Jacques ne néglige pas non plus l’arrivée du Beaujolais nouveau. Fidèle à la tradition de la boutique, Claude Olivier joue la carte de la qualité: «je vends un Beaujolais nouveau Nicolas et surtout trois Beaujolais-Villages qui sont de très bons vins. Parmi les Beaujolais-Villages sélectionnés par la maison Olivier, citons le Georges Duboeuf, «c’est chaque année le plus demandé» assure le patron.

Les deux autres Beaujolais-Villages sont issus de propriétaires récoltants, dont une tête de cuvée du domaine Monternot, situé à Blacé (Rhône). «Ce vin a un nez exceptionnel», confesse Claude Olivier. Un propos confirmé par le propriétaire du domaine: «c’est, comme toute tête de cuvée, un très bon vin. Il s’agit d’un vin très fruité où prédomine le parfum des fruits rouges. Il a énormément de rondeur et de fond. C’est un vin puissant et persistant en bouche. Un juste équilibre entre fruit, rondeur et puissance».

En marge des sorties d’autres vins nouveaux (Côte du Rhône, Muscadet, Gamay et Sauvignon du Haut-Poitou), Claude Olivier attribue une mention particulière à la sortie du Beaujolais: «c’est un événement très médiatisé qui suscite de réelles retombées. Nous avons chaque année des habitués qui viennent acheter leur Beaujolais». Ils bénéficieront de réductions pour 6 bouteilles achetées.

Un dernier mot pour le prix. Les «étiquettes» du Beaujolais nouveau sont très disparates en fonction du cru et donc de la qualité. Si l’on peut trouver des bouteilles à moins de 15F l’unité, il faudra débourser un peu plus pour boire un vin qui justifie toute la réputation du Beaujolais nouveau.

Ch. Q

(Publireportage)

Comment servir le Beaujolais ?

Il doit être servi frais (autour de 12°C) et jamais chambré. Le fait de le boire jeune permet d’en apprécier le goût du fruit.

Les crus de Beaujolais :

Il s’agit de Saint-Amour, Chénas, Brouilly, Chiroubles, Morgon, Fleurie, Moulin-à-vent, Côte de Brouilly, Juliénas et Reignié. Les autres appellations beaujolaises sont «Beaujolais», «Beaujolais supérieur» et «Beaujolais-Villages».


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