Journal du 23 octobre 1998

Championnat de France 2e division de rallycross
Marc Amourette, brillant champion de France :

"J'avais l'impression de rouler comme un grand-père"
A l’issue d’une finale exaltante où tout pouvait basculer, Marc Amourette a remporté, à 25 ans, un superbe titre de champion de France, au détriment de Serge Jordan, pilote officiel Renault.

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Malgré les nombreux problèmes mécaniques survenus à sa Saxo kit-car pendant les deux jours de course, Marc a su, en grand champion, conserver son équilibre nerveux et déployer, au moment opportun, ses qualités de pilote de haut niveau. un point seulement séparait les deux hommes avant cette finale à Essay, dans l’Orne.

Problèmes en tous genres

Dès le début des essais libres, la Saxo refuse de démarrer. Il faut la pousser pour mettre le moteur en marche. Le ton est donné pour un week-end laborieux des mécanos Citroën.

Cinq minutes avant la fin des essais, la pression d’huile s’allume et le moteur fait un bruit inquiétant. Une heure seulement avant le début des essais chronométrés, décision est prise de changer le moteur. Les mécanos réalisent alors un véritable exploit de rapidité et de précision. Marc arrive juste à temps en pré-grille et réalise le meilleur temps, histoire de remercier ses mécaniciens. Pôle-position en poche, le moral est meilleur.

1re manche. Jordan et sa Mégane kit-car, tous deux très en forme, devancent de 3/10e Sylvain Poulard, compagnon d’écurie de Marc. Au micro, l’animateur exulte. Quelques minutes plus tard, il faillit s’étrangler quand Amourette relègue Jordan à 1 seconde. Enorme !

2e manche. En course, le levier de vitesses décroche. Marc lève le pied pour éviter la casse et termine à 5/10e de son adversaire direct. Les mécanos profitent de la pause du midi pour changer la boîte de vitesses.

3e manche. Marc, déjà assuré de la 1re ligne en finale, en profite pour faire des essais de pneus. Dans la boue, Poulard fait un travers. Marc fait l’impossible pour éviter son coéquipier, mais le tamponne légèrement. Un commissaire sanctionne aussitôt le pilote normand : avertissement. Attention, le second est éliminatoire !

Finale décisive

De l’issue de cette ultime course de la saison, dépendait donc le titre de champion de France. Amourette ou Jordan ? Citroën ou Renault ? Sur le circuit et dans les stands, la tension était à son comble. Parmi les 20.000 spectateurs, des clans s’étaient formés, acclamant l’un des pilotes et huant l’autre.

Les banderoles étaient encourageantes. Il n’y avait pas de demi-mesure. On était pour ou contre, au détriment de l’exploit sportif. Dans cette ambiance folle, chaude et partisane, Marc, sous le coup d’un premier avertissement, savait que sa course devait être sans ambiguité : «Ma meilleure solution, c’était de prendre la tête dès le départ pour éviter les problèmes et de contrôler la course jusqu’à la fin !»

En pré-grille, nouvel incident mécanique : le lave-glace refuse de cracher. Avec bien du mal, les mécanos réparent une nouvelle fois.

Course de rêve

En première ligne, Amourette et Jordan sont l’un à côté de l’autre. Les deux pilotes ne se regardent pas. Les yeux rivés sur la ligne droite, ils ignorent l’adversaire. Seule compte la réussite du départ. La tension est extrême. Les bolides sont lâchés. Mais le faux départ sans avertissement permet à Marc de chauffer un peu plus ses pneus et de nettoyer la piste sur sa trajectoire. Bien lui en prend. Le champion normand effectue alors le plus formidable départ de sa vie pendant que Jordan manque le sien et laisse passer devant lui les deux Citroën. Marc, seul en tête dans une position idéale, est à la fois heureux et inquiet : «Alors a commencé la course la plus longue de ma vie. Je voulais surtout être prudent, ne pas faire d’erreur. J’avais l’impression de rouler comme un grand-père, mais je creusais l’écart parce que, derrière, Poulard et Jordan se neutralisaient. Je décomptais les tours. C’était interminable. Avec tous les problèmes accumulés depuis la veille, je craignais le pire. Une simple crevaison pouvait me priver du titre qui se concrétisait pourtant au fil des kilomètres. Enfin soulagé en passant le drapeau à damiers, j’ai offert un 360° aux spectateurs pour m’excuser de ne pas avoir roulé à 100 % pendant la finale !»

Aussitôt, c’est de la folie. Les supporters, grimpés sur les barrières, acclament le nouveau champion de France pendant le tour d’honneur. Dans le clan Amourette, les 26 copains de Longroix qui ont fait le déplacement sont ivres de joie. Même les «durs» pleurent de contentement. C’est l’heureuse conclusion d’une saison de travail et de plusieurs années d’effort et de volonté. Un titre national est à ce prix.

D.P.

Un palmarès déjà éloquent

1985. Début en karting avec un kart non homologué qui oblige à partir en dernière ligne. Mais première victoire. Il était minime.
1986. Champion de Normandie karting, mais déclassé pour ne pas avoir participé à la 1ère course de la saison.
1987. Champion de Normandie de karting.
1990. Champion de France Top-Kart.
1993. Vainqueur de la coupe nationale AX sur circuit.
1994. 4e de la coupe AX.
1995. 2e de la coupe AX et vainqueur de la coupe AX sur glace du trophée Andros.
1996. 2e, Saxo-Cup sur circuit. Vainqueur déclassé de la finale européenne en Italie. 2e, Saxo-glace.
1997. Vainqueur du challenge national de Saxo Rallycross et vainqueur de la finale européenne Saxo-Cup en Allemagne.


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