Journal du 3 septembre 1999

Visite hier de la ministre de la Culture et de la Communication
Catherine Trautmann pour la signature
d'une convention avec Dieppe

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Au Drakkar à Neuville, Catherine Trautmann a pu juger sur pièce du succès d'une structure récente, mêlant toutes les générations et les cultures. Depuis sa création, 525 nouvelles adhésions ont été enregistrées. Marie-Catherine Gaillard, maire déléguée de Neuville, et Marie Dufeutrel pouvaient ainsi témoigner que ce combat n'avait pas été inutile.

Catherine Trautmann s’est dite enchantée hier de sa visite à Dieppe. La ministre de la Culture et de la Communication est passée de l’église Saint-Jacques au Drakkar, de l’Ecole Nationale de Musique et de Danse à Dieppe Scène Nationale, impressionnée par «l’oeuvre collective jouée à Dieppe en matière de culture». Une visite où elle s’est engagée à la signature d'une convention entre la Ville et l’Etat.

REPORTAGE Ghislain ANNETTA et Eric SENECAL

Ah, tu me plais, tu me plais, tu me plais... Catherine Trautmann, la ministre de la Culture et de la Communication, en visite hier à Dieppe n’a pas tari d’éloges sur la politique culturelle menée dans la ville, tant par la municipalité que par ses acteurs. De l’église Saint-Jacques au Drakkar, de l’école nationale de musique et de danse à Dieppe Scène Nationale, «un parcours marathon» selon la ministre arrivée un peu en retard de Rouen, elle a pris le temps d’évoquer chacune des actions dont elle n’a entrevu, visite ministérielle oblige, que des bribes.

C’est avec un oeil bien particulier que Catherine Trautmann a observé Dieppe. «C’est l’un de nos quatre sites pilotes pour l’enseignement de la musique à l’école», rappelait-elle, insistant sur l’importance de «la proximité entre patrimoine ancien et pratique contemporaine.» C’est que «cette région a quelques rattrapages à faire en matière de patrimoine.» Christian Cuvilliez avait, avant la ministre, évoqué la situation sociale d’une «ville qui souffre d’un taux de chômage trop important». La ministre insistant sur la vocation de la culture contre l’exclusion confortait les élus locaux dans leurs choix: «Entendre que presque 16 % du budget est consacré à la culture sous toutes ses formes, c’est un bonheur. Mais la dépense culturelle n’est jamais facile à expliquer . Nous voulons favoriser la cohésion sociale, vis-à-vis de ceux qui ont le moins accès à la dignité de l’emploi, du logement. Il n’y a pas de pire exclusion que celle de la Culture.»

Saluant de manière significative le festival de musique ancienne tout juste achevé, «l’action ambitieuse du théâtre jeune public à la Maison Jacques Prévert», l’importance de «mêler l’accès au livre et au jeu» comme elle l’a vu au Drakkar, le film réalisé à Dieppe par César Vayssié sur une chorégraphie du jeune danseur Boris Charmatz, Catherine Trautmann a proposé au député-maire Chrsitian Cuvilliez, «la signature d’une convention culturelle entre collectivité locale et Etat». Une bonne nouvelle pour Dieppe, qui pourra ainsi maintenir ses partenariats sur un plus long terme, et peut-être, plus facilement expliquer les 1145 F par habitant consacrés chaque année à la culture.

J’ai découvert la vitalité des associations
et des professionnels
»

Pendant son passage à Dieppe, Catherine Trautmann, ministre de la Culture et de la communication a découvert diverses facettes de la vie culturelle locale. Impressions de fin de visite.

Informations Dieppoises : Mme la ministre, quel est votre sentiment à la fin de cette journée ?

Catherine Trautmann : J’ai pu vérifier que les crédits du ministère étaient bien utilisés. Il y a ici une volonté d’accueil d’artistes, de création, de formation des jeunes, etc. Dieppe consacre 16% de son budget à la culture, c’est un effort considérable. C’est en s’appuyant sur ces initiatives que l’Etat peut engager des projets pilotes comme la musique à l’école.

I..D. : Avez-vous été surprise par ce que vous avez vu à Dieppe ?

C.T. : Je savais que la vie culturelle était intense ici. Le député-maire Christian Cuvilliez et le sénateur Henri Weber ont eu maintes fois l’occasion de me la vanter. J’ai découvert la vitalité des associations et des professionnels. Tous les acteurs de la vie culturelle sont dans le même état d’esprit et affichent une volonté commune.

I.D. : Un mot sur les travaux de l’église Saint-Jacques...

C.T. : J’ai été très touchée et impressionnée par l’état de ce monument. C’est une très belle église mais le travail de restauration est énorme. Je sais qu’il a déjà commencé. Il faut qu’il se poursuive.

I.D. : Vous avez beaucoup insisté sur la nécessité d’ouverture de la culture pour tous. Quel rôle peut-elle jouer dans la lutte contre la délinquance ?

C.T. : Il ne faut pas demander à la culture plus qu’elle ne peut apporter. Nous ne sommes pas le ministère de l’intérieur, ni les pompiers du social. Nous nous adressons à l’esprit. Nous souhaitons donner aux gens la certitude de ne pas être exclus en les faisant entrer dans les théâtres, les bibliothèques, en ouvrant le panorama des nouvelles technologies, etc.

I.D. : Vous avez parlé dans votre intervention d’une possible signature de convention entre la ville de Dieppe et votre ministère. Pouvez-vous nous en dire un peu plus ?

C.T. : Cette convention écrira noir sur blanc les objectifs que nous nous fixons en matière de soutien à la création, à la formation des jeunes et à l’accueil d’artistes. Elle renforcera les actions déjà menées ici.

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