| Catherine Trautmann
sest dite enchantée hier de sa visite à Dieppe. La ministre de la Culture et de la
Communication est passée de léglise Saint-Jacques au Drakkar, de lEcole
Nationale de Musique et de Danse à Dieppe Scène Nationale, impressionnée par
«loeuvre collective jouée à Dieppe en matière de culture». Une visite où elle
sest engagée à la signature d'une convention entre la Ville et lEtat. REPORTAGE Ghislain ANNETTA et Eric SENECAL
Ah, tu me plais, tu me plais, tu me plais... Catherine Trautmann, la ministre de
la Culture et de la Communication, en visite hier à Dieppe na pas tari
déloges sur la politique culturelle menée dans la ville, tant par la municipalité
que par ses acteurs. De léglise Saint-Jacques au Drakkar, de lécole
nationale de musique et de danse à Dieppe Scène Nationale, «un parcours marathon»
selon la ministre arrivée un peu en retard de Rouen, elle a pris le temps dévoquer
chacune des actions dont elle na entrevu, visite ministérielle oblige, que des
bribes.
Cest avec un oeil bien particulier que Catherine Trautmann a observé
Dieppe. «Cest lun de nos quatre sites pilotes pour lenseignement de
la musique à lécole», rappelait-elle, insistant sur limportance de «la
proximité entre patrimoine ancien et pratique contemporaine.» Cest que «cette
région a quelques rattrapages à faire en matière de patrimoine.» Christian
Cuvilliez avait, avant la ministre, évoqué la situation sociale dune «ville
qui souffre dun taux de chômage trop important». La ministre insistant sur la
vocation de la culture contre lexclusion confortait les élus locaux dans leurs
choix: «Entendre que presque 16 % du budget est consacré à la culture sous toutes
ses formes, cest un bonheur. Mais la dépense culturelle nest jamais facile à
expliquer . Nous voulons favoriser la cohésion sociale, vis-à-vis de ceux qui ont le
moins accès à la dignité de lemploi, du logement. Il ny a pas de pire
exclusion que celle de la Culture.»
Saluant de manière significative le festival de musique ancienne tout juste
achevé, «laction ambitieuse du théâtre jeune public à la Maison Jacques
Prévert», limportance de «mêler laccès au livre et au jeu»
comme elle la vu au Drakkar, le film réalisé à Dieppe par César Vayssié sur une
chorégraphie du jeune danseur Boris Charmatz, Catherine Trautmann a proposé au
député-maire Chrsitian Cuvilliez, «la signature dune convention culturelle
entre collectivité locale et Etat». Une bonne nouvelle pour Dieppe, qui pourra ainsi
maintenir ses partenariats sur un plus long terme, et peut-être, plus facilement
expliquer les 1145 F par habitant consacrés chaque année à la culture.
Jai découvert la
vitalité des associations
et des professionnels»
Pendant son passage à Dieppe, Catherine Trautmann,
ministre de la Culture et de la communication a découvert diverses facettes de la vie
culturelle locale. Impressions de fin de visite.
Informations Dieppoises : Mme la ministre, quel est votre
sentiment à la fin de cette journée ?
Catherine Trautmann : Jai pu vérifier que les crédits du
ministère étaient bien utilisés. Il y a ici une volonté daccueil
dartistes, de création, de formation des jeunes, etc. Dieppe consacre 16% de son
budget à la culture, cest un effort considérable. Cest en sappuyant
sur ces initiatives que lEtat peut engager des projets pilotes comme la musique à
lécole.
I..D. : Avez-vous été surprise par ce que vous avez vu à Dieppe ?
C.T. : Je savais que la vie culturelle était intense ici. Le
député-maire Christian Cuvilliez et le sénateur Henri Weber ont eu maintes fois
loccasion de me la vanter. Jai découvert la vitalité des associations et des
professionnels. Tous les acteurs de la vie culturelle sont dans le même état
desprit et affichent une volonté commune.
I.D. : Un mot sur les travaux de léglise Saint-Jacques...
C.T. : Jai été très touchée et impressionnée par
létat de ce monument. Cest une très belle église mais le travail de
restauration est énorme. Je sais quil a déjà commencé. Il faut quil se
poursuive.
I.D. : Vous avez beaucoup insisté sur la nécessité douverture de la
culture pour tous. Quel rôle peut-elle jouer dans la lutte contre la délinquance ?
C.T. : Il ne faut pas demander à la culture plus quelle ne peut
apporter. Nous ne sommes pas le ministère de lintérieur, ni les pompiers du
social. Nous nous adressons à lesprit. Nous souhaitons donner aux gens la certitude
de ne pas être exclus en les faisant entrer dans les théâtres, les bibliothèques, en
ouvrant le panorama des nouvelles technologies, etc.
I.D. : Vous avez parlé dans votre intervention dune possible signature
de convention entre la ville de Dieppe et votre ministère. Pouvez-vous nous en dire un
peu plus ?
C.T. : Cette convention écrira noir sur blanc les objectifs que nous
nous fixons en matière de soutien à la création, à la formation des jeunes et à
laccueil dartistes. Elle renforcera les actions déjà menées ici. |