Journal du 3 décembre 1999

L'heure est au bilan pour le 1er tournoi européen de l'AL Neuville
Il manquait seulement le public

Maître d’oeuvre de ce tournoi européen de Dieppe quinze ans après son père Michel qui organisa les tournois internationaux, Emmanuel Jean était très partagé à l’issue de la finale Villeurbanne-Le Mans. Heureux d’avoir assuré une bonne promotion du basket en région dieppoise et une organisation sans faille avec toute l’équipe de l’AL Neuville, il était en revanche déçu de la mobilisation du public (350 personnes lors de la finale). Fidèle à ses habitudes, il s’est livré sans langue de bois.

«Organiser un tel tournoi, cela nécessite un budget de 240 000 F, explique Emmanuel Jean. Nous l’avons remis en place pour assurer la promotion du basket. Hélas, nous n’avons pas équilibré notre budget. Malgré les efforts des clubs invités et des arbitres et les soutiens de nos sponsors, nous sommes en déficit» (il pourrait être de l’ordre de 30 000 F, mais les comptes ne sont pas arrêtés). Dur à digérer pour un club comme l’AL Neuville qui possède un budget déjà tendu, de l’ordre d’un million de francs.

Si le public est venu moins nombreux que prévu, c’est en raison de deux paramètres : la programmation des matches le dimanche soir et le lundi soir n’était pas judicieuse. Aussi, les tarifs pratiqués à un mois de Noël (150 F les deux jours, 120 F la journée et 70 F la finale) ont refroidi les non-initiés au basket-ball. Pour expliquer ces prix un peu élevés, Emmanuel Jean parle d’un «souci de rentabilité. Si nous avions eu l’aide escomptée de la ville de Dieppe - nous avions demandé 65 000 F -, les places auraient été moins chères et nous aurions rempli la salle».

Un argument que réfute avec vigueur l’adjoint aux sports Jean-Pierre Alexandre : «Lorsque j’ai rencontré les dirigeants de l’AL Neuville, je leur ai signifié que la ville apporterait une aide logistique que je chiffre à 60 000 F environ. Ils ne m’ont rien demandé de plus dans un premier temps. Ensuite, nous avons été sollicités tardivement pour un apport financier de 65 000 F. Mais nous avons estimé que notre importante aide logistique suffisait».

Une deuxième édition en 2 000 ?

Et Emmanuel Jean de lui rétorquer : «On a parlé partout de Dieppe et à l’arrivée le club perd de l’argent. Sincèrement, nous étions persuadés que la ville allait nous aider financièrement. Nous nous sommes trompés. Pour autant, je reconnais que nous avons un peu mis la municipalité devant le fait accompli. Le tournoi était lancé et nous ne pouvions pas reculer. Nous nous serions décrédibilisés».

Concernant le choix des journées de matches, Emmanuel Jean précise que «le dimanche et le lundi nous ont été imposés par les clubs participants». Pour autant, Grégor Beugnot (entraîneur de Villeurbanne) et Vincent Collet (entraîneur-adjoint du Mans) nous ont précisé que «nous aurions sans doute pu jouer les samedi et dimanche. Il n’y avait pas de contraintes particulières».

Derrière le pur aspect des chiffres, ce tournoi européen de Dieppe a constitué une véritable réussite pour la promotion du basket local. Des voix s’élèvent déjà pour réclamer une deuxième édition. Mais Emmanuel Jean préfère se laisser le temps de la réflexion : «Si j’avais su que nous ne bouclerions pas le budget, ce tournoi n’aurait pas eu lieu, souligne t-il. Dans ces conditions, il m’est difficile d’évoquer la deuxième édition. La seule chose qui soit certaine, c’est que nous ne nous lancerons pas à l’abordage». Bref, le club neuvillais saura tirer les conclusions de cette expérience.

Ch. Q.

Sous les paniers

- Classé dernier du tournoi de Dieppe, le club de Dijon, tout comme son entraîneur Chris Singleton, a apprécié ces deux jours passés sur les bords de la Manche : «Nous avons été heureux de séjourner à Dieppe, expliquait le coach dijonnais. J’étais déjà venu ici voici quelques années avec Challans et Michel Gomez. Nous avons une nouvelle fois été bien accueillis. La prochaine fois, j’espère que nous viendrons avec notre équipe-type car il me manquait tout de même six joueurs professionnels».

- Où étaient passés les 160 jeunes détenteurs de billets achetés par l’Office Municipal des Sports à l’AL Neuville? Que ce soit dimanche ou lundi, bien peu de jeunes garnissaient la salle principale de la Maison des Sports. En tout état de cause, le compte n’y était pas.

- C’est Jacky Hennebil, directeur du centre Leclerc de Dieppe, qui a donné le coup d’envoi de la finale. Après le tournoi, il eut également l’honneur d’offrir le premier trophée E. Leclerc au capitaine de l’équipe de Villeurbanne.

- Très en vue sur les deux jours, le pivot Marlon Maxey (Villeurbanne) fut sacré meilleur joueur du tournoi.

- Sitôt la finale, l’entraîneur villeurbannais Grégor Beugnot soulignait que «ce match n’a aucune valeur dans la perspective de notre confrontation de samedi contre Le Mans. Il nous manquait quatre joueurs - je n’avais pas de poste 4 - et Le Mans était privé de deux éléments-clés. Nous avons bien travaillé sur ce tournoi de Dieppe qui nous a permis de conserver le rythme de la compétition. Je pense que les dirigeants locaux vont devoir travailler sur le long terme pour ce tournoi. Il y a moyen de monter un grand plateau ici».

- Dans le camp manceau, le coach-adjoint Vincent Collet «espère faire bonne figure samedi à Villeurbanne. Nous étions handicapés par l’absence de deux joueurs extérieurs tandis que Villeurbanne était privé de ses intérieurs. Le match de ce soir s’est joué à peu de choses. Seul regret, ce tournoi méritait un public plus nombreux».

Hiérarchie respectée en finale du challenge Leclerc avec le succès de Villeurbanne sur le Mans même si les hommes de Greg Beugnot ont dû s’employer pour l’emporter. Les deuxièmes du championnat de Pro A ont longtemps maîtrisé la situation mais les Manceaux ont inversé la tendance avant de s’incliner dans les dernières minutes au terme d’un match de bonne facture.

Auparavant, lors de la petite finale, les Belges de Mons Hainaut sont facilement venus à bout d’une équipe de Dijon limitée par plusieurs absences importantes. Ce match a surtout été éclaboussé par le talent du meneur de Mons, Terry, auteur de 40 points et d’actions spectaculaires. En face, les Dijonnais ont résisté essentiellement en première mi-temps grâce à Laure et à Alyena mis à l’essai à Dieppe. Disposant de neuf longueurs d’avance au repos (47-38), les Belges ont encore accéléré pare la suite pour remporter une belle victoire et décrocher la troisième place du tournoi (91-70).

Changement de rythme et de niveau en finale avec deux équipes très concentrées dès le coup d’envoi. Deux paniers à trois points de Larranaga propulsent Villeurbanne en tête (18-9) et c’est dans cet exercice d’adresse à longue distance que les Rhodaniens font la différence en première période (30-19). Les Manceaux réagissent progressivement par Palmer et Jackson et n’ont plus que cinq points de retard à la pause (43-38).

A la reprise, Villeurbanne repart de plus belle, s’appuyant sur la puissance de Marlon Maxey (57-44). Pourtant Le Mans ne renonce pas et Woolridge va prendre le jeu à son compte. Le meneur américain inscrit quinze points consécutifs et sème le trouble dans la défense villeurbannaise gênée par les fautes. Le Mans prend la tête pour la première fois par Palmer (64-62) et confirme par J.D.Jackson quelques instants plus tard (74-71). Maxey éliminé pour cinq fautes et Seals en panne d’adresse, c’est Jay Larranaga qui sera le sauveur de Villeurbanne inscrivant les paniers décisifs et donnant une victoire à Villeurbanne 81-76 quelques jours avant de se retrouver pour un rendez-vous beaucoup plus important samedi soir à l’Astroballe.

Ph. B.

Mons Hainaut bat Dijon 91-70 (mi-temps 47-38). Match arbitré par MM. Jean et Thénard.

Mons : 15 fautes personnelles; 10 paniers à trois points, 25 paniers à deux points et 11 lancers francs réussis sur 13 tentés (85%)

Dijon : 14 fautes personnelles, un éliminé Alyena (35e); 7 paniers à trois points, 19 paniers à deux points et 11 lancers francs réussis sur 21 tentés (52%)

Les équipes

Mons : Terry (40), Vermeulen, Bayer (20), Deheneffe (11), Atienza (4), Mc Cants, Potter (11), Smith (5)

Dijon : Jackson (17), Joncoux (1), Alyena (19), Malanbagar, Mkembe (6), Kante (10), Laure (17).

 

Finale : Villeurbanne bat Le Mans 81-76 (mi-temps 43-38). Match arbitré par MM.Radonjic et Minos.

Villeurbanne : 21 fautes personnelles, un éliminé Maxey (38e) ; 9 paniers à trois points, 23 paniers à deux points et 8 lancers francs réussis sur 12 tentés (67%)

Le Mans : 13 fautes personnelles, un éliminé Lamothe (38e) ; 5 paniers à trois points, 19 paniers à deux points et 23 lancers francs réussis sur 28 tentés (82%)

Les équipes

Villeurbanne : Miguel, Larranaga (26), Sami (3), Pluvy (9), Seals (4), Sy, Maxey (24), Lauvergne (13), Touré (2)

Le Mans : Woolridge (20), Richard, Atinkpahoun (3), Nelcha (13), Lamothe, Jackson (21), Scholten (2), Palmer (17).


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