Près de deux cents personnes ont participé
hier après-midi à la constitution dun comité de soutien à Jean-Paul Lalitte. Une
nouvelle que lancien président de la chambre de commerce et dindustrie de
Dieppe, détenu depuis déjà deux semaines, apprendra avec plaisir aujourdhui de la
bouche de sa femme Dany et de sa fille Camille, qui lui rendront visite. Un droit accordé
il y a huit jours mais qui ne se concrétise que ce vendredi. «Et encore seulement pour
une demi-heure», sindigne Me Dominique Lemiegre. Cette rencontre,
tout comme le droit de recevoir enfin le courrier écrit par sa famille, remontera le
moral du détenu 53 172. A partir daujourdhui également, il va enfin pouvoir
préparer sa défense : «Le juge dinstruction ma autorisé à lui transmettre
copie de son dossier» a précisé hier après-midi son conseil.
Lavocat dieppois a rencontré Jean-Paul Lalitte hier matin à la maison
darrêt de Rouen en compagnie de Me Henri Leclerc. Lavocat à la cour
dappel de Paris, également président de la Ligue des Droits de lHomme (on
la encore vu mercredi soir à la télévision aux côtés des opposants iraniens
manifestant au Trocadéro) renforce la défense de lancien président.
Celui-ci doit sattendre aussi à recevoir pas mal de lettres ces prochains
jours: les membres de son comité de soutien vont lui écrire eux aussi à défaut de
pouvoir le rencontrer. Cest ce que Juliette Lalitte et Alain Lefebvre, les deux
animateurs du comité, leur ont demandé. Lassistance, au sein de laquelle on notait
labsence de représentants de la CCID, a acquiescé. Par contre, elle na pu
que regretter de ne pouvoir défiler jusquà la passe élargie à lentrée du
bassin du commerce, dernière grande réalisation de lère Lalitte: «Nous nen
avons pas reçu lautorisation», a déploré Alain Lefebvre. «Or, a insisté
Juliette Lalitte, nous navons aucunement lintention dentraver la marche
de la justice»
Hommage donc a été rendu à celui qui «sest dévoué bénévolement»
durant de longues années au développement de Dieppe, «au détriment de sa vie
familiale», a plaidé Juliette tandis que sa soeur Camille collectionnait les signatures
sur les registres à lentrée du salon de lhôtel de la Présidence. «Pour
lui - comme pour son père Gaston - cétait une passion».
«Personne ne met en doute son honnêteté. Tout le monde est choqué par la
démesure entre les faits qui lui sont reprochés et son incarcération»,
sinsurge-t-elle, émue. Juliette Lalitte lut quelques lettres (de Jean Dasnias,
(conseiller général-maire dOffranville) de M Blin (ancien de la CCID), de
Dominique Hue (ancien responsable de Vinco et conseiller municipal dopposition à
Dieppe) : tous ne comprennent pas, sont «scandalisés» par cette détention préventive,
«mesure coercitive, dérisoire et inhumaine».
Mais ils ny peuvent rien, sinon maintenir la pression et entretenir ainsi
le moral de Jean-Paul Lalitte, dont la remise en liberté dépend du juge
dinstruction. Et de lui seul.
Denis LEPRETTRE