Journal du 29 octobre 1999

Un comité de soutien à Jean-Paul Lalitte constitué hier
Juliette Lalitte :
"Mon père n'a rien à faire en prison"

Près de deux cents personnes ont participé hier après-midi à la constitution d’un comité de soutien à Jean-Paul Lalitte. Une nouvelle que l’ancien président de la chambre de commerce et d’industrie de Dieppe, détenu depuis déjà deux semaines, apprendra avec plaisir aujourd’hui de la bouche de sa femme Dany et de sa fille Camille, qui lui rendront visite. Un droit accordé il y a huit jours mais qui ne se concrétise que ce vendredi. «Et encore seulement pour une demi-heure», s’indigne Me Dominique Lemiegre.

Cette rencontre, tout comme le droit de recevoir enfin le courrier écrit par sa famille, remontera le moral du détenu 53 172. A partir d’aujourd’hui également, il va enfin pouvoir préparer sa défense : «Le juge d’instruction m’a autorisé à lui transmettre copie de son dossier» a précisé hier après-midi son conseil.

L’avocat dieppois a rencontré Jean-Paul Lalitte hier matin à la maison d’arrêt de Rouen en compagnie de Me Henri Leclerc. L’avocat à la cour d’appel de Paris, également président de la Ligue des Droits de l’Homme (on l’a encore vu mercredi soir à la télévision aux côtés des opposants iraniens manifestant au Trocadéro) renforce la défense de l’ancien président.

Celui-ci doit s’attendre aussi à recevoir pas mal de lettres ces prochains jours: les membres de son comité de soutien vont lui écrire eux aussi à défaut de pouvoir le rencontrer. C’est ce que Juliette Lalitte et Alain Lefebvre, les deux animateurs du comité, leur ont demandé. L’assistance, au sein de laquelle on notait l’absence de représentants de la CCID, a acquiescé. Par contre, elle n’a pu que regretter de ne pouvoir défiler jusqu’à la passe élargie à l’entrée du bassin du commerce, dernière grande réalisation de l’ère Lalitte: «Nous n’en avons pas reçu l’autorisation», a déploré Alain Lefebvre. «Or, a insisté Juliette Lalitte, nous n’avons aucunement l’intention d’entraver la marche de la justice»

Hommage donc a été rendu à celui qui «s’est dévoué bénévolement» durant de longues années au développement de Dieppe, «au détriment de sa vie familiale», a plaidé Juliette tandis que sa soeur Camille collectionnait les signatures sur les registres à l’entrée du salon de l’hôtel de la Présidence. «Pour lui - comme pour son père Gaston - c’était une passion».

«Personne ne met en doute son honnêteté. Tout le monde est choqué par la démesure entre les faits qui lui sont reprochés et son incarcération», s’insurge-t-elle, émue. Juliette Lalitte lut quelques lettres (de Jean Dasnias, (conseiller général-maire d’Offranville) de M Blin (ancien de la CCID), de Dominique Hue (ancien responsable de Vinco et conseiller municipal d’opposition à Dieppe) : tous ne comprennent pas, sont «scandalisés» par cette détention préventive, «mesure coercitive, dérisoire et inhumaine».

Mais ils n’y peuvent rien, sinon maintenir la pression et entretenir ainsi le moral de Jean-Paul Lalitte, dont la remise en liberté dépend du juge d’instruction. Et de lui seul.

Denis LEPRETTRE


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