Journal du vendredi 27 août

Service des urgences au centre hospitalier de Dieppe
SMUR : une seconde équipe est annoncée

Avec près de vingt-quatre mille admissions cette année, le service des urgences du centre hospitalier de Dieppe a doublé son activité en cinq ans. Les moyens humains et financiers, eux, n’ont pas évolué au grand regret du directeur de l’hôpital Didier Vancostenoble. Ce dernier aimerait notamment pouvoir mettre sur pied une deuxième sortie Smur.

J’ai vraiment eu très peur. Lorsque ma mère a eu sa crise, nous avons appelé le centre 15 pour qu’il nous envoie le Smur (service mobile d’urgence et de réanimation). Vingt minutes plus tard, c’est un médecin généraliste qui est arrivé. Il a pris la tension de ma mère mais il ne pouvait rien faire d’autre. Quant au Smur, nous l’attendions toujours. Nous avons rappelé le 15. Là, le centre régional nous a dit que l’équipe de Dieppe était déjà sortie sur une autre urgence. Il nous a finalement envoyé les sapeurs-pompiers Ces derniers sont arrivés trente-cinq à quarante minutes après notre premier coup de fil. Ils ont mis ma mère sous oxygène et l’ont emmenée au service des urgences

Evelyne Vallerand se souviendra longtemps de ce dimanche 1er août. Alors qu’elle passait une journée paisible en compagnie de ses parents dans leur maison de Petit-Appeville, sa mère, qui connaît des problèmes cardiaques, a eu une crise. «Ce n’était pas la première. Auparavant, lorsqu’elle ne se sentait pas bien, nous l’emmenions nous-mêmes à l’hôpital, mais son médecin traitant nous l’a interdit pour des raisons de sécurité. Ils nous a signalé qu’en cas de nouvelle crise, nous devions la faire transporter par le Smur», raconte Evelyne Vallerand.

Secteur étendu

Malheureusement ce dimanche-là, l’équipe du Smur de Dieppe est déjà sollicitée ailleurs. Une situation qui n’est pas «exceptionnelle», confirme Didier Vancostenoble, directeur du centre hospitalier dieppois, et qui risque même de s’aggraver. Pourtant, la solution au problème paraît simple. «Depuis longtemps déjà, nous nous battons pour mettre en place une deuxième sortie Smur mais nous ne sommes pas entendus par l’agence régionale de l’hospitalisation de Haute-Normandie dont dépend le service», confie Didier Vancostenoble.

Une demande d’autant plus justifiée pour M. Vancostenoble que le secteur couvert par le Smur de Dieppe vient d’être revu à la hausse avec la suppression du Smur de Neufchâtel-en-Bray le 1er juillet dernier. «Nous avons hérité de nouvelles communes sans moyens humains supplémentaires ni même financiers et sans concertation», témoigne Sylvie Zahaf, médecin au service des urgences. Résultat pour le Smur, un secteur rural plus étendu, et pour les patients, un délai d’intervention plus long. Cette situation est d’autant plus préjudiciable l’été où une partie du personnel est en vacances.

«Un service indispensable»

«J’attache une importance considérable aux urgences. Je suis même prêt à faire des économies ailleurs, dans d’autres services comme l’hôpital l’a déjà fait en fermant le service stomatologie qui n’était pas très actif, mais pas pour celui des urgences. Il est indispensable», poursuit le directeur.

Indispensable aussi, le Smur de Eu. Il y a quatre ans, sans l’intervention et l’aide de l’hôpital de Dieppe, il a bien failli connaître le même sort que celui de Neufchâtel-en-Bray. «Heureusement, nous avons pu reprendre en charge ce service pour éviter qu’il ne disparaisse et nous y avons injecté 700 000 F», poursuit Didier Vancostenoble. Aujourd’hui, les sorties du Smur de Eu sont en progression comme elles le sont aussi à Dieppe.

Au centre régional d’hospitalisation de Haute-Normandie, si cette progession reste encore à prouver, il semblerait néanmoins que l’on ait décidé de prendre en compte «l’isolement géographique du Smur de Dieppe.» Alerté encore récemment de la situation par Didier Vancostenoble, le centre régional s’occupe actuellement du problème et «une deuxième équipe Smur verra le jour, probablement à la fin de l’année 1999», confirme le Docteur Binois.

Une nouvelle qui devrait réjouir le centre hospitalier de Dieppe d’autant qu’il vient d’apprendre que l’agrémentation pour la formation des internes au service des urgences risque de lui être prochainement supprimée.

Une seule équipe pour trois unités

Le service des urgences de Dieppe regroupe trois unités : les urgences, le Smur et l’unité d’hospitalisation temporaire et de courte durée (en général moins de vingt-quatre heures). Pour ces trois unités il y a un chef de service (Jean-François Martinet), un praticien hospitalier, un praticien adjoint, deux postes et demi d’assistants et trois internes.

Concernant le Smur de Dieppe, le secteur s’étend de Paluel au Nord à Belleville-sur-Mer au Sud et va jusqu’à Londinières, Bellecombre et Tôtes. Le Smur de Eu qui dépend de Dieppe va jusqu’à Blangy-sur-Bresle et couvre une partie de la Somme. Lorsqu’ils se rendent sur les communes les plus éloignées, les Smur de la région dieppoise peuvent mettre jusqu’à trente minutes avant d’arriver sur les lieux en question.

Franck Brasse, médecin :
«une taille encore humaine»

Etudiant, il était externe au Samu (service d’aide médicale urgente) de Rouen. Aujourd’hui médecin, Franck Brasse travaille au service des urgences de Dieppe depuis mai 1994. «Je voulais exercer mon métier aux urgences car on y soigne les pathologies aigues et graves et il y a le côté service immmédiat que l’on rend aux malades qui me plaît», explique-t-il.

Agé de 34 ans et après une rapide expérience en gényco-obstétrique, Franck Brasse a presque toujours travaillé dans des services d’urgence. Ici à Dieppe, il apprécie la taille encore humaine de l’hôpital : «Elle permet un bon rapport avec les autres services, mais aussi un bon accueil et un suivi des malades

Motivé, Franck Brasse l’est assurément comme «tout le personnel ici», affirme-t-il. Malgré les horaires parfois difficiles, malgré le travail parfois éprouvant. «Nous travaillons dans des locaux récents, spacieux et adaptés et nous disposons d’un bon matériel, ajoute-t-il. De plus nous avons la chance de toucher à des techniques plurisdisciplinaires comme la cardiologie, l’obstétrique ou la réanimation. Nous disposons par conséquent d’une certaine technicité

Technicité que le docteur Brasse a obtenue en passant un diplôme de capacité de médecine d’urgence et de capacité de médecine de catastrophe.

Nathalie Jan, interne : «une bonne école»

Assise à son bureau, Nathalie Jan, 25 ans, effectue une prescription pour un patient présent moins de vingt-quatre heures aux services des urgences. «Ensuite, cette prescription va être transmise sur l’ordinateur. Ainsi l’équipe chargée de nous relayer aura toutes les informations concernant le malade», explique-t-elle.

Nathalie Jan est interne au service des urgences de Dieppe depuis trois mois. Elle y effectue un stage de six mois. Dans un an et demi, elle sortira de l’université de médecine de Rouen son diplôme de généraliste en poche.

Tout comme le docteur Brasse, Mlle Jan apprécie la taille moyenne de l’hôpital dieppois qui permet «un contact réel avec les patients. De plus chaque malade est accueilli dans une salle individuelle ce qui n’est pa le cas dans tous les services d’urgence», assure la jeune femme.

Ici, le travail ne manque pas, surtout l’été où les touristes sont nombreux. «Ne pouvant consulter leur médecin traitant, ils viennent directement ici même si cela ne se justifie pas toujours», confie-t-elle.

Comme ses deux autres collègues internes, Nathalie Jan effectue une garde de nuit sur trois. «L’activité la plus importante se situe entre 18 et 22 heures. Les matinées sont en général beaucoup plus calmes», témoigne l’étudiante qui regrette que l’agrémentation pour la formation des internes puisse être supprimée au service des urgences de Dieppe: «C’est une bonne école. Nous avons à faire ici à toutes sortes de, pathologies. Ce serait réellement dommage que cette décision se confirme

Corinne Paradis : «pas de routine»

Corinne Paradis est infirmière au service des urgences de Dieppe depuis 1994. Auparavant, elle avait travaillé en réanimation et cardiologie. Mais c’est aux urgences qu’elle préfère exercer sa profession. «Le travail y est beaucoup plus diversifié que dans les autres services et par conséquent moins routinier», confie-t-elle.

Comme tous ses collègues ici, Corinne Paradis travaille par roulement : le matin, la journée ou le soir. Lorsqu’elle est à la journée, elle s’occupe de l’accueil. «Je reçois les gens et en fonction de l’urgence je les oriente soit en chirurgie soit en médecine», explique-t-elle.

Le matin ou le soir, elle reprend son rôle d’infirmière. Une situation qui lui convient parfaitement et qu’elle ne veut en aucun cas changer.


Archives 1998   Archives 1999  recherche    accueil