| Depuis la «crise» qui a secoué
avant les vacances dété les structures déducation populaire avec la demande
de la municipalité de mettre en mouvement les directeurs des MJC, la situation paraissait
bloquée, voire avachie. Que nenni ! Si la situation des directeurs demeurés en place
paraît devoir se pérenniser, des évolutions notables arrivent. Contrats
éducatifs locaux pour les activités péri et extra-scolaires, convention de
développement culturel prenant le relais à finances moindres des actions
socio-culturelles du contrat de ville (comme le théâtre jeune-public particulièrement)
la volonté de la municipalité relaie celle de lEtat et engage aujourdhui les
acteurs à de nouvelles façons de fonctionner. Depuis juin,
plus rien. Du moins, rien de visible. La «crise» autour de la demande par la
municipalité de la mise en mouvement des trois directeurs des MJC (Maison
Jacques-Prévert, Drakkar et MJC du centre) avait permis de poser un certain nombre de
problèmes quant au fonctionnement des structures, jusque là individuelles dans leurs
actions, et que la Ville souhaitait voir travailler plus en réseaux. Réunions et
discussions, émois et règlements de comptes sont retombés comme des soufflets sous le
soleil estival. Aujourdhui, les pôles de service sorganisent, les trois
directeurs sont toujours en place, les «réseaux» commencent à fonctionner.
A coût constant
Mais on ne peut dire quil ne sest rien passé.
Chacun, dans son coin ou en commun, a travaillé. Les mesures nouvelles proposées par
lEtat - un choix qui ressemble à celui de la Ville, à moins que ce ne soit
linverse, daméliorer les services socio-culturels à coût constant mais à
rendement développé - se font jour. Lundi, à Rouen, Ségolène Royal signait 41 CEL
(contrats éducatifs locaux) pour la Seine-Maritime dont plusieurs concernent la région
dieppoise. La Ville de Dieppe, sur la base dun diagnostic établi par les Francas en
avril, est entrée dans le dispositif. Il sagit dun outil éducatif mis en
place par le gouvernement pour les écoles et collèges afin de proposer aux élèves des
activités dans le cadre du temps extra ou péri-scolaire. La volonté de la Ville et de
lEtat est «de mettre en cohérence les actions éducatives développées sur son
territoire, ainsi que le développe ce diagnostic (constesté par une partie des
enseignants à son heure), pour permettre laccès du plus grand nombre
denfants aux savoirs, à la culture et aux sports et garantir une complémentarité
entre les temps scolaires, péri et extra-scolaires.» Nouveaux axes de travail pour les
enseignants et les animateurs socio-culturels intervenant en marge de lécole.
Autres solutions
On trouve là naturellement des actions aussi spécifiques
et à succès que le théâtre jeune public mené depuis dix ans par la Maison
Jacques-Prévert, dont lexemple est significatif. «Des opérations comme celles-ci,
indique Fred Eloy, adjoint au maire chargé du Contrat de ville et de la Jeunesse,
nentrent plus dans le Contrat de ville qui sachève en décembre.» Le
prochain, couvrant la période 2000-2006, selon les volontés de lEtat, ne peut plus
lintégrer. Il fallut donc trouver dautres solutions. Un autre fond de caisse
pour être précis. Laction globale, réclamée et intégrée dans les projets
décole par de nombreux enseignants, nécessitait un budget de 612.000 F. Hier soir,
Christian Cuvilliez, au conseil municipal, a évoqué cette situation: «Le groupe
éducation formation culture du contrat de ville a souhaité que la MJP recherche
dautres financements de droit commun pour assurer la poursuite du théâtre jeune
public. Ces financements ont été recherchés durant lété par Arnaud Coignet,
adjoint à la Culture, en particulier auprès de la Drac et du rectorat.» Réponses
négatives malgré lintérêt pour laction.
Aussi une autre route a-t-elle été prise, travaillée depuis 1998 avec la
Drac, et ouverte par la visite de Catherine Trautmann à la fin de lété. Une
signature de convention de développement culturel, couvrant une période de trois ans,
entre lEtat et la Ville, sera signée «dans le but de faire émerger des projets
innovants mettant en relations étroites les différents partenaires de la vie culturelle
locale pour élargir et favoriser le croisement des publics.» Mais lEtat ne finance
(à hauteur de 200.000 F) quune institution subventionnée par lui,
cest-à-dire à Dieppe la Scène Nationale. Doù lannonce du maire hier
soir: «la programmation jeune public sorganisera désormais à partir de DSN...
(qui) établira cette programmation en collaboration avec la Maison Jacques-Prévert et le
Drakkar pour offrir ainsi trois scènes différentes... mais dans des limites budgétaires
plus contraignantes.»
Autres orientations
Environ 60 % des 200.000 F alloués par lEtat à la
Convention passeront au théâtre jeune public, et seront complétés par une subvention
dappel déjà débloquée par la Ville de 200.000 F. On est loin des 610.000 F. «Il
y a effectivement de nouvelles manières de travailler à mettre en oeuvre, admet Fred
Eloy, entre les pôles de services, les structures culturelles, les différentes actions
qui dépendent les unes du contrat de ville qui se charge du volet social, dautres
du CEL...»
A linstar de la MJP et de DSN pour le théâtre jeune public, il faudra
«transversaliser» les actions, passer des structures associatives (MJC et autres) aux
offres municipales (pôles de services, CEL) pour élargir le public, donner aux enfants
de Neuville ce quavaient ceux de Janval, et vice-versa. «Il ne sagit pas que
les lieux se ressemblent, assure Fred Eloy, il y a des spécificités historiques de
quartiers. Ce qui a été fait est bien, mais il y a des orientations autres que celles
qui ont été menées, liées aux directives nationales, régionales... Les actions MJC
devront être décentralisées, leur diffusion devra se faire dans tous les quartiers de
la ville.» Reste maintenant à chacun daccepter les nouvelles donnes, considérant
quil ny en aura pas dautres.
Eric Sénécal |