Journal du 29 octobre 1999

Des contrats éducatifs locaux
à la convention de développement culturel

Une nouvelle façon de marcher

Depuis la «crise» qui a secoué avant les vacances d’été les structures d’éducation populaire avec la demande de la municipalité de mettre en mouvement les directeurs des MJC, la situation paraissait bloquée, voire avachie. Que nenni ! Si la situation des directeurs demeurés en place paraît devoir se pérenniser, des évolutions notables  arrivent. Contrats éducatifs locaux pour les activités péri et extra-scolaires, convention de développement culturel prenant le relais à finances moindres des actions socio-culturelles du contrat de ville (comme le théâtre jeune-public particulièrement) la volonté de la municipalité relaie celle de l’Etat et engage aujourd’hui les acteurs à de nouvelles façons de fonctionner.

Depuis juin, plus rien. Du moins, rien de visible. La «crise» autour de la demande par la municipalité de la mise en mouvement des trois directeurs des MJC (Maison Jacques-Prévert, Drakkar et MJC du centre) avait permis de poser un certain nombre de problèmes quant au fonctionnement des structures, jusque là individuelles dans leurs actions, et que la Ville souhaitait voir travailler plus en réseaux. Réunions et discussions, émois et règlements de comptes sont retombés comme des soufflets sous le soleil estival. Aujourd’hui, les pôles de service s’organisent, les trois directeurs sont toujours en place, les «réseaux» commencent à fonctionner.

A coût constant

Mais on ne peut dire qu’il ne s’est rien passé. Chacun, dans son coin ou en commun, a travaillé. Les mesures nouvelles proposées par l’Etat - un choix qui ressemble à celui de la Ville, à moins que ce ne soit l’inverse, d’améliorer les services socio-culturels à coût constant mais à rendement développé - se font jour. Lundi, à Rouen, Ségolène Royal signait 41 CEL (contrats éducatifs locaux) pour la Seine-Maritime dont plusieurs concernent la région dieppoise. La Ville de Dieppe, sur la base d’un diagnostic établi par les Francas en avril, est entrée dans le dispositif. Il s’agit d’un outil éducatif mis en place par le gouvernement pour les écoles et collèges afin de proposer aux élèves des activités dans le cadre du temps extra ou péri-scolaire. La volonté de la Ville et de l’Etat est «de mettre en cohérence les actions éducatives développées sur son territoire, ainsi que le développe ce diagnostic (constesté par une partie des enseignants à son heure), pour permettre l’accès du plus grand nombre d’enfants aux savoirs, à la culture et aux sports et garantir une complémentarité entre les temps scolaires, péri et extra-scolaires.» Nouveaux axes de travail pour les enseignants et les animateurs socio-culturels intervenant en marge de l’école.

Autres solutions

On trouve là naturellement des actions aussi spécifiques et à succès que le théâtre jeune public mené depuis dix ans par la Maison Jacques-Prévert, dont l’exemple est significatif. «Des opérations comme celles-ci, indique Fred Eloy, adjoint au maire chargé du Contrat de ville et de la Jeunesse, n’entrent plus dans le Contrat de ville qui s’achève en décembre.» Le prochain, couvrant la période 2000-2006, selon les volontés de l’Etat, ne peut plus l’intégrer. Il fallut donc trouver d’autres solutions. Un autre fond de caisse pour être précis. L’action globale, réclamée et intégrée dans les projets d’école par de nombreux enseignants, nécessitait un budget de 612.000 F. Hier soir, Christian Cuvilliez, au conseil municipal, a évoqué cette situation: «Le groupe éducation formation culture du contrat de ville a souhaité que la MJP recherche d’autres financements de droit commun pour assurer la poursuite du théâtre jeune public. Ces financements ont été recherchés durant l’été par Arnaud Coignet, adjoint à la Culture, en particulier auprès de la Drac et du rectorat.» Réponses négatives malgré l’intérêt pour l’action.

Aussi une autre route a-t-elle été prise, travaillée depuis 1998 avec la Drac, et ouverte par la visite de Catherine Trautmann à la fin de l’été. Une signature de convention de développement culturel, couvrant une période de trois ans, entre l’Etat et la Ville, sera signée «dans le but de faire émerger des projets innovants mettant en relations étroites les différents partenaires de la vie culturelle locale pour élargir et favoriser le croisement des publics.» Mais l’Etat ne finance (à hauteur de 200.000 F) qu’une institution subventionnée par lui, c’est-à-dire à Dieppe la Scène Nationale. D’où l’annonce du maire hier soir: «la programmation jeune public s’organisera désormais à partir de DSN... (qui) établira cette programmation en collaboration avec la Maison Jacques-Prévert et le Drakkar pour offrir ainsi trois scènes différentes... mais dans des limites budgétaires plus contraignantes.»

Autres orientations

Environ 60 % des 200.000 F alloués par l’Etat à la Convention passeront au théâtre jeune public, et seront complétés par une subvention d’appel déjà débloquée par la Ville de 200.000 F. On est loin des 610.000 F. «Il y a effectivement de nouvelles manières de travailler à mettre en oeuvre, admet Fred Eloy, entre les pôles de services, les structures culturelles, les différentes actions qui dépendent les unes du contrat de ville qui se charge du volet social, d’autres du CEL...»

A l’instar de la MJP et de DSN pour le théâtre jeune public, il faudra «transversaliser» les actions, passer des structures associatives (MJC et autres) aux offres municipales (pôles de services, CEL) pour élargir le public, donner aux enfants de Neuville ce qu’avaient ceux de Janval, et vice-versa. «Il ne s’agit pas que les lieux se ressemblent, assure Fred Eloy, il y a des spécificités historiques de quartiers. Ce qui a été fait est bien, mais il y a des orientations autres que celles qui ont été menées, liées aux directives nationales, régionales... Les actions MJC devront être décentralisées, leur diffusion devra se faire dans tous les quartiers de la ville.» Reste maintenant à chacun d’accepter les nouvelles donnes, considérant qu’il n’y en aura pas d’autres.

Eric Sénécal


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