Un mouvement de grève est mené depuis le 30
avril 1999 sur le site dArques-la-Bataille de la société Regma.Ce
mouvement de grève, qui nest pas suivi dans les établissements de la région
parisienne et de la région lyonnaise, a été déclaré illicite le 30 avril 1999 par le
Tribunal de Grande Instance de Dieppe du fait de loccupation illégale des locaux
par les grévistes.
Certains salariés manifestent leur mécontentement du fait dun
licenciement économique collectif qui concerne 39 personnes sur 330 salariés.
Ce plan a été ordonné par M. le Juge Commissaire le 22 avril 1999, après de
multiples discussions entre lenteprsie, ladministrateur judiciaire et le
représentant des salariés.
La décision du juge a été prise, compte tenu du caractère urgent,
inévitable et indispensable de la mesure de licenciement pour la survie de
lentreprise.
Lordonnance na pas été remise en cause par le représentant des
salariés, M. Seraffin.
Elle a été appliquée et les premiers licenciements ont été signifiés le 3
mai 1999.
Des dossiers de demande de convention FNE pour les plus de 55 ans ont été
obtenus par Regma auprès de la Direction Départementale du Travail et de lEmploi
le 26 avril 1999.
La Direction Départementale du Travail et de lEmploi reste néanmoins
libre daccepter ou non que les salariés bénéficient de conventions FNE.
Le plan social a intégré le maximum de volontaires possibles, soit huit
personnes.
Conformément aux règles légales, ces personnes nont pu remplacer que
des salariés ayant des postes identiques ou similaires.
Plusieurs demandes émanaient de salariés dont le poste nétait pas
mentionné dans le plan social, et dont la suppression nétait donc pas autorisée
par lordonnance du Tribunal du 22 avril 1999.
La loi ne permettait donc pas que ces volontaires quittent lentreprise
dans le cadre du plan social.
La direction a néanmoins, dans une note du 4 mai 1999, proposé aux personnes
qui ne désiraient plus poursuivre leur activité chez Regma détudier avec eux la
possibilité dun départ négocié. Les postes libérés seront ensuite proposés
aux salariés licenciés dans le cadre de la priorité de réembauchage, par application
de larticle L.321.14 du Code du Travail.
La Direction de la société Regma a rappelé aux salariés dans un courrier du
4 mai 1999 quà ce jour, il nexiste aucune offre de reprise de Regma mais,
uniquement des demandes de renseignements des concurrents.
Cet état de fait a été confirmé par ladministrateur judiciaire,
Maître Sapin, dans un courrier du 4 mai 1999 adressé aux salariés, qui a précisé, en
outre, que la grève actuelle compromettait gravement la recherche de repreneurs.
Maître Sapin a ajouté que le Tribunal de Commerce pourrait alors prononcer la
liquidation judiciaire de la société Regma, ce qui entraînerait le licenciement de
lensemble des salariés.
Aucun plan de continuation ni aucune reprise par une autre entreprise nest
plus possible si Regma est liquidée.
A ce jour, la Direction de la société Regma a proposé au Tribunal un plan de
continuation avec le financement nécessaire et lassurance quil ny aura
plus de licenciement économique.
Alors même quune solution de continuation est proposée, cette grève met
donc en péril lexistence même de la société Regma, les salariés de Regma
doivent aujourdhui choisir : continuer la grève comme le veulent les délégués
syndicaux, liquider lentreprise et détruire leur emploi ou sauvegarder
lemploi en cessant la grève et en poursuivant lactivité de Regma ».