Journal du 3 novembre 1999

Championne de France de pêche de bord
Stéphanie Leroy : "Mon père m'a tout appris"

Chez les Leroy, la pêche de bord est le sujet qui alimente toutes les conversations. C’est une véritable passion commune qui unit Christian (le père), Stéphanie et Laurent (les enfants). Seule la maman ne pêche pas. Elle se charge toutefois de cuisiner avec délicatesse le poisson fraîchement pêché. Récente championne de France de pêche de bord, Stéphanie Leroy a rapporté à Dieppe un titre qui manquait encore à son club, la Palmer.

Président de la Palmer -association qui a fêté son 60e anniversaire l’an dernier-, Joël Varnier est très heureux de ce titre national : «Depuis la création de la Palmer, nous n’avions jamais remporté un titre de champion de France de pêche de bord. En revanche, Lucien Viogne et Fernand Gens avaient remporté un titre national mais en pêche de bateau. En pêche de bord, Jean-Claude Morin avait été vice-champion de France il y a plus de 10 ans».

Ce titre permet à Joël Varnier «faire parler du club et de la pêche. Sur la côte Sud des Landes, Stéphanie a battu les pêcheuses de l’équipe de France qui sont championnes du monde en titre par équipes. C’est une performance de tout premier ordre, un véritable exploit pour un petit club comme le nôtre. Nous lui souhaitons maintenant de pouvoir participer au prochain championnat du monde».

«La pêche, c’est avant tout un passe temps», souligne la jeune championne de France âgée de 24 ans seulement. «J’ai commencé à pêcher à l’âge de 17 ans. Je suivais mon père depuis quelques années sur les concours et j’ai attrapé le virus. Lui, pêche depuis une quarantaine d’années et il m’a tout appris. Mon succès, c’est un peu le sien. Il était d’ailleurs à mes côtés lors du championnat de France».

«Quelques larmes de joie»

Stéphanie Leroy s’est préparée sur place durant une semaine, «le temps de reconnaître les lieux des concours mais aussi d’interroger les pêcheurs locaux pour effectuer les bons choix d’appâts et d’hameçons. Finalement, je n’ai pas changé mes habitudes par rapport à la Normandie. J’ai monté des hameçons de 6 et j’ai employé les appâts que j’avais emmenés, en l’occurrence des capleuses rouges».

Près de Biarritz, les trois manches du championnat de France ont eu lieu à Capbreton, Hossegor et Seignosse le Penon, toujours à des heures différentes de la journée. Sur des plages composées de sable, la Neuvillaise a commencé très fort avec 20 poissons pêchés (dorades et sars) durant la première manche. Elle pêcha ensuite 6 poissons (mulets, vives et sars) puis un bar pour terminer.

Un bilan plus que positif, face à ceux affichés par les 263 autres participants. Classée 34e du classement général final (derrière les Dieppois Jean-Claude Larzet 9e et Serge Berger 30e), Stéphanie Leroy termine première féminine. «Lorsque j’ai appris que j’étais championne de France», explique t-elle, «je n’ai pu retenir quelques larmes de joie. Ce fut une grosse surprise. Je n’avais jamais pensé remporter un tel titre. Lorsque nous avons téléphoné la bonne nouvelle à la maison, ce fut l’explosion de joie».

Toute auréolée de sa médaille d’or et de son trophée, Stéphanie participera aux présélections pour le championnat du monde à Nice en mai ou juin prochain : «Mon objectif désormais», souligne t-elle avec ambition, «c’est de me qualifier pour le championnat du monde qui se déroulera en Sardaigne. La concurrence fera rage mais je suis confiante».

Vendeuse en semaine au magasin Stoc de Neuville -elle travaille au rayon fromages après avoir oeuvré au rayon... poissonnerie- Stéphanie Leroy passe ses week-ends au bord de l’eau. «C’est comme ça de janvier à décembre, conclut-elle. Sauf durant les mois de juillet et août. Il faut bien décompresser de temps en temps».

Ch. Q.


Archives 1998   Archives 1999  recherche    accueil