| Depuis quelques mois, deux emplois-jeunes
de lassociation Avances sont mis à disposition de la Ville de Dieppe. Ils sont
chargés de lentretien du patrimoine local. Ils travaillent sur les églises
St-Jacques et St-Rémy, au château et aux Tourelles. Ils rencontreront Catherine
Trautmann, ministre de la Culture et de la communication, jeudi lors de sa visite dans la
cité. A son programme notamment léglise Saint Jacques. Sébastien et Vincent
présentent leur mission. Dieppe, ville touristique, peut
senorgueillir de quelques richesses patrimoniales. Les églises St-Jacques, St-Rémy
et le château représentent des monuments très prisés des visiteurs. Mais leur grand
âge ne les protège pas des dégradations, quelles soient naturelles ou humaines.
Les abords sont souvent jonchés de détritus en tout genre. Les pigeons aiment se
faufiler dans les trous du toit ou des tourelles. Les pierres soumises à lépreuve
du temps commencent à seffriter. Ces bâtiments historiques nécessitent un
entretien régulier que les services techniques de la Ville déjà occupés sur plusieurs
fronts ne peuvent assurer. Les responsables municipaux ont donc songé à confier cette
mission à des emplois-jeunes.
Ils ont chargé lassociation Avances du recrutement et de la mise à
disposition de ces employés. Deux jeunes Dieppois ont été embauchés. Ils
sappellent Sébastein Abot et Vincent Fécamp (voir par ailleurs). «Nous avons
privilégié des candidats ayant une formation technique pour quils soient capables
dintervenir rapidement. Pendant cinq ans, ils seront initiés aux techniques
particulières de lentretien des bâtiments historiques et à lhistoire de
lart. Ils prépareront également les concours administratifs» indique
François Lefebvre dAvances. Les services techniques de la Ville assurent le tutorat
technique pendant que Pierre Farge, secrétaire général de mairie adjoint chargé des
affaires culturelles joue le rôle de tuteur...culturel. «Sébastien et Vincent ont
également travaillé pendant trois mois avec les spécialistes de Normandie Rénovation
qui restaurent les églises St-Jacques et St-Rémy» souligne encore François
Lefebvre.
Profil
Maintenant Sébastien et Vincent volent de leurs propres
ailes. Ils ne manquent pas de travail. Sur le papier, leur tâche est de participer aux
travaux dentretien et daménagement des sites et de leurs abords. Ils assurent
en particulier la bonne tenue des parties accessibles des églises et du château. Ils
gèrent la bonne santé du patrimoine et préviennent des éventuels dégâts. Ils
exercent donc une surveillance régulière et informent les visiteurs, etc. Concrètement,
les deux agents passent du ramassage des papiers qui traînent près des monuments à
linstallation dun grillage pour empêcher les pigeons dentrer dans les
bâtiments. Ils ont changé une clanche et une sonnette dans les tourelles. Bientôt, ils
donneront un coup de propre sur la chaire de léglise St-Jacques. Bien dautres
missions les attendent encore (voir encadré).
Lobjectif final est de pérenniser ces deux postes dans les cinq ans à
venir. Deux solutions soffrent à Sébastien et Vincent. Soit, ils réussisssent
leur concours et intègrent la fonction publique. Soit, ils restent au sein de
lassociation Avances qui sera parvenue à créer une véritable brigade
dentretien du patrimoine. «Nous avons un projet délargissement vers
dautres communes. Nous sommes en contact avec la municipalité
dArques-la-Bataille pour lentretien du château» remarque François
Lefebvre. Cette opportunité permettrait de créer un troisième poste.
« Enormément de travail à
faire »
Lentretien des monuments historiques. Cette mission
nest pas aussi simple quelle peut paraître. Sébastien et Vincent sen
sont vite rendus compte. «Il y a énormément de travail à faire, annoncent-ils. Quand
on commence quelque chose, on saperçoit vite quon en a pour longtemps».
Ils acceptent pourtant la situation sans se plaindre. «Parce que nous intervenons sur
des sites exceptionnels» glissent-ils.
Léglise Saint-Jacques
«La première église a été bâtie autour de lan
1.000. Elle a été rasée ensuite. La seconde construction a débuté à la fin du XIIe
siècle. Lédifice est de pur style gothique. La transept sud est la plus vieille
partie existante» décrit Sébastien Abot.
Vincent Fécamp et lui apprennent de jour en jour à connaître le monument.
«Nous avons nettoyé le triforium, déambulatoire situé en hauteur et qui fait le tour
de léglise. Il était vraiment très sale, la poussière sétait accumulée.
La femme de ménage qui travaille ici depuis quinze ans navait jamais vu
quelquun sen occuper... Cest à se demander si ça a été fait un
jour» ironisent-ils.
Les deux compères sont également allés en observation dans le clocher. Ils
savent quun gros travail les attend là haut. Cadavres de pigeons et gravas divers
peuplent pour linstant le lieu. «Nous avons visité tous les recoins du
bâtiment en participant aux travaux de Normandie Rénovation» précisent-ils. Ils en
ont également profité pour toucher à la maçonnerie et aux techniques
déchafaudage.
Mais ils gardent surtout de léglise St-Jacques le souvenir du nettoyage
du pourtour. «Derrière les grilles, ca navait jamais été entretenu. Des
arbres commençaient même à pousser. Nous avons retrouvé toutes sortes de déchets. Des
canettes, des fruits et légumes lancés après le marché. Le caniveau était plein. La
mousse avait tout envahi. Nous avons été obligés de la frotter et de la javeliser avec
un pulvérisateur». Heureusement, la bâtisse religieuse offre aussi de belles
compensations. «Le clocher se situe à 42m de haut. Quand le temps est clair, la vue
est superbe. On arrive même à deviner le clocher de léglise dArques»
notent les deux agents dentretien du patrimoine.
Léglise Saint-Rémy
«Léglise St-Rémy est plus abîmée que
léglise St Jacques. Elle est plus récente mais on sent quelle nest pas aussi
solide» confirment les deux emplois-jeunes. Ces derniers ont dailleurs
loccasion dy intervenir souvent. Et pas toujours pour des travaux faciles.
«Nous avons vidé un comble. Il était rempli de fientes de pigeons, de reste de
couverture et de gravas de pierres de taille. Nous avons aussi nettoyé les tourelles.
Elles en avaient besoin. On ne reconnaissait même plus les marches de lescalier en
colimaçon qui mène jusquà la trappe. Nous avons tout descendu au seau. Pour le
clocher, nous espérons bénéficier dune goulotte et dune benne. Ce sera plus
commode» commentent nos deux interlocuteurs qui ont également donné un coup de
propre sur les chéneaux et participer à la maçonnerie des baies.
Grâce à Normandie Rénovation, ils ont appris à couler la pierre. Une
technique originale qui leur a bien plu. Les deux camarades aimeraient dailleurs
suivre une formation de tailleur de pierre. «Nous avons eu la chance de rencontrer
celui employé par lentreprise. Cétait vraiment très intéressant».
Le château
Le conservateur du château souhaite également profiter
des services de Sébastien et Vincent. «Nous allons désherber la muraille. Un lière
énorme (30m de haut) y a poussé. Nous débrousaillerons le grand fossé. Nous mettrons
à nu les fondations. Nous viderons aussi la cave de la tour ouest mais nous devons
attendre que les services de déminage de larmée passent. Il risque de rester des
bombes» expliquent les emplois-jeunes qui redonneront un coup de jeune aux tourelles
de la plage.
Sébastien, le dessinateur
A 25 ans, Sébastien Abot est titulaire dun B.T.S.
«mécanisme automatisme industriel» quil a passé au lycée Pablo Néruda. Mais la
passion de ce Dieppois, cest le dessin. Il a tenté deux fois le concours
dentrée aux Beaux-Arts. Sans succès. Cela ne la pas empêché dexposer
ses travaux. «ça a bien marché» confie le jeune peintre qui collabore pour le
fanzine local lEntonnoir. Il a même réalisé récemment un tableau quil
compte offrir à Catherine Trautmann, la ministre de la culture et de la communication.
Intéressé par la recherche et le patrimoine, Sébastien na pas hésité
à accepter le poste proposé par Avances. Recruté deux mois avant Vincent, il a passé
son temps dans les archives. Il est maintenant incollables sur les monuments locaux.
Comme son collègue, Vincent Fécamp est Dieppois. Mais il est plus jeune. A 22
ans, il a pour bagage professionnel un C.A.P. de couvreur. «Nous avions besoin de
quelquun qui pouvait accéder aux parties hautes des églises sans être victime du
vertige» explique François Lefebvre, responsable de lassociation Avances pour
justifier son embauche.
Vincent ne sen plaint pas. Après avoir terminé son apprentissage au sein
de lentreprise Harpin de Dieppe, il cherchait un emploi. Il a failli accepter un
contrat emploi-solidarité (C.E.S.). Mais lopportunité de lemploi jeune
la poussé à changer davis. Cet ancien footballeur découvre ainsi un métier
qui lui plaît. «Nous avons la chance daller dans des endroits où personne ne
va» souligne-t-il.
Le programme de
Catherine Trautmann
Catherine Trautmann ministre de la culture et de
la communication sera jeudi à Dieppe. Elle profitera de son passage pour découvrir
plusieurs sites culturels de la cité.
- 14h30 : accueil sur le parvis de léglise St Jacques par Christian
Cuvilliez, député-maire. Visite de léglise et des travaux de rénovation en
cours.
- 15h15 : Présentation à lécole nationale de musique de «musique à
lécole», du festival de musique ancienne et de lacadémie de musique et de
danse.
- 16h15 : Visite du drakkar, centre culturel et social à Neuville-lès-Dieppe.
- 17h : Présentation à Dieppe Scène Nationale du film de César Vayssié, les
Disparates, daprès la chorégraphie de Boris Charmatz et de Dimitri Chamblas (sur
invitation).
- 18h : Réception à lhôtel-de-Ville |