Journal du 1er octobre 1999

Patrick Bordier, patron de "Expo Normandie"
"Je me donne trois ans pour réussir"

«Une page est tournée...».
Ce n’est pas sans un certain pincement au coeur que Patrick Bordier passe devant le terminal ferry: il aura dirigé le site dieppois de P & 0/Stena Line pendant plusieurs années après un passage à la Chambre de commerce.

«Justement, pour le compte de la CCID j’avais notamment organisé une grande journée Oléagineux. Et ça m’avait plu», plaide-t-il. Alors, l’automne dernier, quand P & 0 annonça son retrait de la ligne Dieppe/Newhaven il pensa à préparer sa reconversion. En mars, une fois la Ligne fermée, à tout hasard il téléphona à Anne-Marie Lebreton: il savait qu’elle envisageait de céder son affaire. «Ce que je ne savais pas, lorsque je l’ai contactée, c’est qu’elle venait justement de passer une annonce dans la presse professionnelle».

L’affaire s’est conclue en mai et Patrick Bordier a donc créé sa propre société: Expo Normandie avec siège à Martin-Eglise «pour rester dans l’agglomération dieppoise». Et son épouse le seconde pour la comptabilité. «J’ai un statut de commerçant, ça change de la structure de salarié d’une multinationale. A Expo-Normandie c’est à moi d’assurer les fins de mois».

Mais Patrick Bordier relève le défi. En organisant la Foire-expo de Dieppe et d’autres manifestations du même type à Yvetôt en février, à Neufchâtel à mi-mars, à Fécamp début juin et au Tréport en septembre. C’est le calendrier actuel, mais des modifications peuvent intervenir. «Commercialiser, ça demande du temps. Il faut donc s’y prendre longtemps à l’avance».

Je rêve de l’ancien Mammouth

A Dieppe donc, il lui aura manqué quelques mois pour que la Foire-Expo puisse présenter un visage plus nouveau: «Je me donne trois années pour faire de cette manifestation un événement», promet-il. «J’ai 52 ans, j’ai orienté différemment ma vie. Je travaille donc dans la durée».

La région il la connaît bien maintenant: «Avec cette foire-expo nous participons au développement local et régional car elle a un impact sur l’activité économique: les visiteurs regardent mais prennent aussi des contacts ou passent commande.»

L’année prochaine, il envisage la constitution de pôles de vie destinés à intéresser le public à un métier, à une branche d’activité: «Je pense à un espace Verre lié à la décoration de la maison».

Mais entre aussi dans ses prévisions un pôle Produits régionaux. Et il voudrait impliquer davantage d’artisans même s’ils ont du mal à trouver le temps de se libérer de leur travail.

Mais ce qu’il aimerait, c’est disposer à Dieppe d’une structure en dur. A cause des intempéries et de la pelouse de la plage, qui en souffre. Et il rêve de l’ancien Mammouth avec ses parkings.

Mais ça ne dépend pas de lui, hélas...

Denis LEPRETTRE


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