Mercredi matin, le directeur du management de
Seatruck rencontrera à Dieppe les délégués de lITF, (la fédération
internationale des transports) en loccurrence des représentants des marins FO, de
la chambre de commerce et dindustrie de Dieppe et de la municipalité au quartier
des Affaires maritimes à Dieppe. Au centre de cette réunion : le dossier de la liaison
fret entre Dieppe et Newhaven, toujours bloqué. «Attention, il sagit dune
réunion simplement destinée aux uns et aux autres à se retrouver pour confronter leurs
points de vue», insiste Eric Mévellec, le chef de quartier. Il faut cependant espérer
que lon dépasse ce stade dans lintérêt de cette liaison qui, autrement,
pourrait avorter avant même davoir vu le jour.Le coup de gueule
des transporteurs dieppois il y a quelques jours (lire Les Infos
de vendredi dernier) aura eu le mérite de relancer le débat. Ils sinquiètent
de cette absence de liaison fret qui dure depuis fin janvier. Et, on le sait, ils
redoutent des délocalisations ou des fermetures dagences à Dieppe. Trois cents
emplois sont en jeu.
Ce groupement des transporteurs a rencontré vendredi Christian Cuvilliez pour
lui exprimer ses doléances et ses craintes. «Jai aussitôt écrit au préfet pour
lalerter», précise le député-maire. «Je souhaite avec eux que les pouvoirs
publics usent de leur autorité pour créer les conditions dun fonctionnement normal
de la liaison prévue avec lopérateur britannique dun navire roulier, le
Landi».
Le hasard fait quand même parfois bien les choses. «Jai rencontré le
représentant local de Seatruck et il ma annoncé la visite ce mercredi à Dieppe de
Kevin Hobbs, directeur du management de Seatruck. Jai aussi eu loccasion de
mentretenir avec les représentants des marins FO de lITF. Jai proposé
aux uns et aux autres de se retrouver dans mes locaux. Il faut avant tout que les
différentes parties se parlent et que lon dédramatise laffaire», commente
Eric Mévellec.
Une affaire à la fois simple et compliquée. Pour assurer
cette liaison entre Dieppe et Newhaven, Seatruck a passé un accord tant avec la CCID
quavec les autorités de Newhaven. Mais cette société, qui assure déjà une
liaison fret entre la Grande-Bretagne et l Irlande, avait besoin daffréter un
bateau. Or les cargos correspondant aux besoins de lopérateur (vitesse supérieure
à 18 noeuds, longueur et tirant deau compatibles avec les possibilités offertes
tant à Dieppe quà Newhaven, possibilité de recevoir plusieurs dizaines de
véhicules dont des remorques accompagnées avec des cabines pour les chauffeurs) ne
courent pas les mers.
Seatruck en a découvert un seul, actuellement disponible : le Landi. Seulement
il navigue sous pavillon chypriote avec un état-major allemand et un équipage estonien.
LITF napprécie guère une telle composition pour assurer une liaison
franco-britannique.
Or le propriétaire du navire ne paraît pas décidé à changer
déquipage. Seatruck hésite donc à sembarquer dans laventure si la
société na pas les garanties que le cargo ne sera pas bloqué par les marins de
lITF dès sa première touchée en France.
On en est là mais on ne peut en rester là. En effet, Seatruck risque fort de
se lasser et daller assurer une autre liaison avec le Landi. Ce qui ne ferait pas
les affaires de lagglomération dieppoise car la CCID a déjà eu bien du mal à
trouver un opérateur.
Il faut donc convaincre lITF que si, effectivement, des emplois de marins
échappent aux Français, en revanche on sauve des emplois français notamment dans le
monde du transport et on en crée même une vingtaine (des agents des services généraux
pour assurer la gestion de la desserte) à terre. Des arguments qui devraient peser.
En tout état de cause, cest Seatruck qui prendra la décision
douvrir ou non la ligne. En attendant le Landi reste à quai à Kiel en Allemagne.
Sil vient enfin à Dieppe, les Affaires maritimes examineront alors si, en matière
de sécurité, toutes les règles sont bien observées. Ensuite la liasion fret pourrait
débuter.
Mais pour espérer atteindre ce but, il faut au préalable que le syndicat des
marins et Seatruck se rencontrent. Doù lintérêt de la réunion de demain.
D. L.