| Déjà entendu dans le cadre de
lenquête préliminaire diligentée par la brigade financière de la police
judiciaire à la demande du Parquet de Dieppe, Philippe Offerlé a à nouveau été
interpellé, cette fois dans le cadre de linstruction menée par le juge Imard
concernant le fonctionnement ces dernières années de la chambre de commerce et
dindustrie de Dieppe. Le directeur technique de la CCID a été cette fois mis en
examen, «mais sans être placé sous mandat de dépôt», précise Brigitte Lamy,
procureur de la République. Cette audition na rien de surprenant,
le rapport de lInspection générale des finances sur la CCID évoquant à plusieurs
reprises le nom de cet ingénieur. Philippe Offerlé est prévenu de «favoritisme»,
délit que la loi punit dune peine pouvant atteindre deux ans de prison et 200.000 F
damende.
Le rapport de lIGF - pour le dossier concernant la création du port de
plaisance Jean-Ango - affirme que «la société Quille a bénéficié, en amont de la
consultation, dinformations sensiblement plus précises et détaillées que ses
concurrents» et a su que la CCID avait lintention de la retenir avant même que
lassemblée ne se prononce.
Or Philippe Offerlé, arrivé à la CCID en 1994 avec la bénédiction de
lactuel directeur général de la Chambre, Jean-Marcel Pietri, est un ancien du
groupe Bouygues, dont la société Quille est une filiale. Coïncidence ou pas ? Ce sera
naturellement lobjet de linstruction qui commence maintenant. Car on peut
penser que lanalyse de Philippe Offerlé, que nous avons essayé en vain de joindre
hier à la CCID, et de son avocat, Me Rose-Marie Capitaine, du barreau de Dieppe,
diffèrera.
Me Henri Leclerc aux côtés de
Jean-Paul Lalitte
Quant à Jean-Paul Lalitte, il a entamé sa seconde semaine
de détention préventive. Son avocat, Me Dominique Lemiegre, lui a à nouveau rendu
visite. «Jai reçu mandat de madjoindre toute personne pouvant maider
à assurer sa défense, commente lavocat dieppois. Me Henri Leclerc, avocat près de
la cour dappel de Paris, a donné son accord».
Me Leclerc, ancien président de la Ligue des droits de lhomme, avait
déjà oeuvré à Dieppe avec Me Lemiegre il y a une dizaine dannées pour assurer
la défense du docteur Alain Girer. Ce médecin avait été mis en détention pour avoir
à lhôpital débranché le tuyau assurant la survie dune de ses patientes
dont la situation lui paraissait irréversible. M Girer avait été remis en liberté un
peu plus tard avant dêtre jugé et condamné ultérieurement.
La tâche des deux avocats sera dans un premier temps dobtenir une remise
en liberté sous contrôle judiciaire de Jean-Paul Lalitte. Rappelons que, à ce sujet,
une de ses filles, Juliette, et un entrepreneur ami, Alain Lefebvre, appellent jeudi à 15
h en lhôtel de la Présidence à Dieppe à la constitution dun comité de
soutien à la défense de lancien président de la CCID. |