Journal du 26 octobre 1999

L'affaire Lalitte
Mise en examen
du directeur technique de la CCID

Déjà entendu dans le cadre de l’enquête préliminaire diligentée par la brigade financière de la police judiciaire à la demande du Parquet de Dieppe, Philippe Offerlé a à nouveau été interpellé, cette fois dans le cadre de l’instruction menée par le juge Imard concernant le fonctionnement ces dernières années de la chambre de commerce et d’industrie de Dieppe. Le directeur technique de la CCID a été cette fois mis en examen, «mais sans être placé sous mandat de dépôt», précise Brigitte Lamy, procureur de la République.

Cette audition n’a rien de surprenant, le rapport de l’Inspection générale des finances sur la CCID évoquant à plusieurs reprises le nom de cet ingénieur. Philippe Offerlé est prévenu de «favoritisme», délit que la loi punit d’une peine pouvant atteindre deux ans de prison et 200.000 F d’amende.

Le rapport de l’IGF - pour le dossier concernant la création du port de plaisance Jean-Ango - affirme que «la société Quille a bénéficié, en amont de la consultation, d’informations sensiblement plus précises et détaillées que ses concurrents» et a su que la CCID avait l’intention de la retenir avant même que l’assemblée ne se prononce.

Or Philippe Offerlé, arrivé à la CCID en 1994 avec la bénédiction de l’actuel directeur général de la Chambre, Jean-Marcel Pietri, est un ancien du groupe Bouygues, dont la société Quille est une filiale. Coïncidence ou pas ? Ce sera naturellement l’objet de l’instruction qui commence maintenant. Car on peut penser que l’analyse de Philippe Offerlé, que nous avons essayé en vain de joindre hier à la CCID, et de son avocat, Me Rose-Marie Capitaine, du barreau de Dieppe, diffèrera.

Me Henri Leclerc aux côtés de Jean-Paul Lalitte

Quant à Jean-Paul Lalitte, il a entamé sa seconde semaine de détention préventive. Son avocat, Me Dominique Lemiegre, lui a à nouveau rendu visite. «J’ai reçu mandat de m’adjoindre toute personne pouvant m’aider à assurer sa défense, commente l’avocat dieppois. Me Henri Leclerc, avocat près de la cour d’appel de Paris, a donné son accord».

Me Leclerc, ancien président de la Ligue des droits de l’homme, avait déjà oeuvré à Dieppe avec Me Lemiegre il y a une dizaine d’années pour assurer la défense du docteur Alain Girer. Ce médecin avait été mis en détention pour avoir à l’hôpital débranché le tuyau assurant la survie d’une de ses patientes dont la situation lui paraissait irréversible. M Girer avait été remis en liberté un peu plus tard avant d’être jugé et condamné ultérieurement.

La tâche des deux avocats sera dans un premier temps d’obtenir une remise en liberté sous contrôle judiciaire de Jean-Paul Lalitte. Rappelons que, à ce sujet, une de ses filles, Juliette, et un entrepreneur ami, Alain Lefebvre, appellent jeudi à 15 h en l’hôtel de la Présidence à Dieppe à la constitution d’un comité de soutien à la défense de l’ancien président de la CCID.


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