| Dici quelques mois,
lagglomération dieppoise comptera deux hôtels de plus : un B&B et un Première
classe aux Vertus. Ainsi en a décidé la commission nationale déquipement
commercial, cassant la décision rendue lhiver dernier au niveau départemental.
Deux hôtels de chaîne comme il en existe déjà dautres dans ce secteur à
lentrée de Dieppe. Chacun offrira soixante chambres, ce qui fera faire un bond au
secteur avec plus de neuf cents chambres : depuis quelques années la capacité
hôtelière était stable, avec huit cents chambres. En avait-on besoin ? La fédération
de lindustrie hôtelière assure que non. «Cest fou, la chambre de
commerce et dindustrie de Dieppe joue contre les hôteliers de Dieppe»,
sinsurge Gérard Tanvet (Le Windsor), président de la fédération
départementale. «On était déjà en surcapacité», ajoute-t-il. Même son de
cloche de la part dAlain Ber (LAguado et LEurope) : «Lété
a été bon, mais septembre a été catastrophique. On a reperdu alors tout ce quon
avait pu engranger avant». Deux hôtels de plus ne vont sûrement rien arranger. Mais
la CCID, on sen souvient (Les Infos en avaient parlé dans une enquête
publiée en décembre 1998), estime que les hôtels de chaîne aux Vertus ne concurrencent
pas les hôtels du front de mer : ils nont pas la même fréquentation. En outre, le
B & B sera construit sur un terrain vendu... par la chambre de commerce, en
face de lhôtel Climat fermé lan dernier ! Quant au Première
classe, il sortira de terre près de lhôtel Campanile. Lire aussi :
La commission
d'équipement commercial se penche bientôt
sur des dossiers "dieppois" sensibles
Conforama et B&B devaient servir de
monnaie d'échange
Journal du 15 décembre 1998
Faut-il un hôtel de plus
dans l'agglomération ?
La CCID en butte aux professionnels
dieppois
Journal du 18 décembre 1998
L'Univers, "un site
exceptionnel"
Si deux hôtels ouvrent, trois autres ont quitté le paysage
dieppois ces dernières années et se transforment actuellement en immeubles
dhabitation ou de bureaux : LEpsom, Le Select et LUnivers.
Ainsi va la vie...
Concernant lEpsom, cest le projet le plus
avancé. Sur le front de mer un groupe immobilier rouennais la démoli pour
construire à la place une résidence de standing divisée en appartements : la résidence
de lEsplanade. Le bar au rez-de-chaussée, réputé pour ses cocktails, a
fermé en avril et les travaux ont commencé, perturbés quelques jours par un coup de
pelle mettant à jour des restes de lenceinte de la ville et un peu plus tard par la
destruction dun mur mettant à jour lintérieur de logements de la rue de
lEpée. Tout est rapidement rentré dans lordre. Le gros oeuvre est désormais
bien avancé et en passant boulevard de Verdun, chacun peut se rendre compte du visage
quoffrira cet ensemble habité lan prochain.
Juste à côté, cest le domaine de LUnivers. Un des
anciens hôtels qui faisaient la renommée du front de mer, dirigé par M. et Mme Tilquin.
Il a fermé ses portes il y a deux ou trois ans. Plusieurs projets ont été étudiés
pour quil ne devienne pas une friche. Finalement, laffaire a été traitée
avec un promoteur de la Somme, M. Decarne.
Quarante appartements
Souvenirs de lère hôtelière, la pancarte symbole de
la chaîne France-Accueil, les lettres «L» et «U» sur lavancée bleue
protégeant lentrée de létablissement et lenseigne au niveau de la
terrasse. Mais le jardin témoigne de létat dabandon, même si un rosier
essaime encore ses pétales.
«Tout cela va bientôt changer, annonce M. Decarne, venu
dAbbeville pour rencontrer un client. Vous verrez dans quelque temps à la place
la résidence de LUnivers». Elle comptera quarante appartements de grand
standing, du deux au cinq pièces. «On en a déjà vendu 60 %», se réjouit le
prometeur. Ce qui permet effectivement de lancer le chantier.
«Nous avons obtenu le permis de démolir et la destruction démarrera en
décembre. La construction suivra dès le début 2000 pour sachever un an plus tard»,
précise M. Decarne. Ce sera la première réalisation sur Dieppe de Decarne Promotion :
«Un ami abbevillais mavait signalé que cet ancien hôtel était à vendre,
raconte-t-il. Je suis venu voir et jai apprécié la situation sur le front de
mer. Cest exceptionnel».
Or cette société paraît spécialisée dans la naissance de résidences sur le
bord de mer : «En trente années dexercice, jai quatre mille logements à
mon actif le long de la côte dOpale mais aussi sur Valenciennes. Jai donc
pensé quil y avait une carte à jouer à Dieppe». M. Decarne a rencontré M.
et Mme Tilquin et ils sont parvenus à un accord à la fin de lannée dernière.
Le nouvel immeuble, conçu par M. Boutor, architecte et collaborateur de M.
Decarne, offrira quarante appartements (lhôtel avait quarante chambres) sur mesure
répartis sur six étages (soit un de moins que la résidence voisine). Il disposera de
quarante garages en sous-sol, sera chauffé à lélectricité. Chaque logement
bénéficiera dun balcon. On jugera du résultat en 2001.
Quant à M. Decarne, il ne devrait pas se contenter de ce coup dessai sur
Dieppe : «Jai un autre projet», confie-t-il. Mais il nen dira pas
plus pour linstant.
Le Select, une vocation
administrative
Quittons le front de mer. Par la rue de Sygogne
naturellement. Et arrêtons-nous au bout, place de la Barre. Lhôtel Select a
fermé ses portes il y a un an laissant de nombreux touristes anglais orphelins.
Létablissement servait de cadre aussi à des soirées jazz le vendredi. Mais il
aurait fallu investir énormément pour le moderniser et le mettre aux normes. Hors de
proportion avec les moyens du couple à sa tête.
Le propriétaire de limmeuble a donc récupéré son bien. Il a finalement
traité avec une société venue de Picardie elle aussi. «Nous sommes basés à
Cayeux, en baie de Somme», précise Jean-Pierre Canesan, chargé de la
commercialisation de lédifice. La SCI à laquelle il collabore a déjà oeuvré rue
du Commandant-Fayolle et sest porté candidate pour lex-hôtel, officiellement
installé au 1, rue Toustain. «Il deviendra un immeuble à vocation administrative
tant au rez-de-chaussée que sur les trois étages, desservis par lascenseur»,
explique-t-il. Chaque plateau (niveau) offrira 140 mètres carrés.
La façade ravalée
«Nous refaisons les réseaux, la plomberie,
lélectricité, le chauffage au gaz. Nous allons ravaler la façade pour retrouver
laspect dorigine de cet immeuble qui fait partie du patrimoine dieppois,
plaide Jean-Pierre Canesan, déjà au travail au rez-de-chaussée. Chaque acquéreur
aménagera ses bureaux comme il lentendra». Ce qui se produit déjà
actuellement au rez-de chaussée, acheté par un assureur dieppois M. Le Cann.
Les travaux devraient durer quatre mois sans compter le nettoyage de la façade.
«Il était temps de soccuper de cet immeuble, commente-t-il. Même la
toiture connaissait des problèmes». Il a dabord fallu évacuer tout ce qui
restait encore à lintérieur : matelas, sommiers... Cinq bennes auront été
nécessaires...
«NOUS SOMMES AU BOUT DU
ROULEAU»
Les hôteliers-restaurateurs ont manifesté il y a huit
jours à Paris, demandant un taux de TVA réduit à 5, 5% pour lutter «plus
équitablement» avec la restauration rapide. Une délégation dieppoise conduite par
Gérard Tanvet, président départemental de la fédération nationale de lindustrie
hôtelière, a participé à ce rassemblement mouvementé, des grenades lacrymogènes
répondant au jet doeufs et de farine sur les forces de lordre.
«Nous souhaitions nous rendre à lAssemblée nationale, explique
Géard Tanvet. Mais ça nous a été refusé et on nous a envoyé les CRS».
Doù les «cadeaux» réciproques. Puis le cortège a pris deux bateau-mouche pour
rejoindre Bercy, siège du ministère des Finances et «hurler son mécontentement».
«Dhabitude, on est cool, résume lhôtelier-restaurateur
dieppois. Mais nous sommes au bout du rouleau, on veut nous faire crever»... Les
échauffourées se sont achevées par une cinquantaine dinterpellations. Les
Dieppois y ont échappé. |