| A lhôpital de Dieppe et au
Château-Michel, le manque de kinésithérapeutes se fait ressentir. Une situation que
dénonce le Dr Danièle Bacri-Nadim, responsable du service rééducation fonctionnelle au
Château-Michel. Pourtant, lhôpital réclame chaque année à sa tutelle des
créations de postes, assure le directeur Didier Vancostenoble. C'est la
goutte d'eau qui a fait déborder le vase. Cette semaine, un kinésithérapeute est parti
en vacances au Château-Michel et une fois de plus, il n'a pas été remplacé. Du coup,
l'équipe se retrouve en effectif réduit.
Une situation qui n'est pas nouvelle mais que le Dr Danièle Bacri-Nadim,
responsable du service rééducation fonctionnelle au Château-Michel, n'arrive plus à
accepter. «Depuis seize années que je dirige ce service, le nombre de postes de
kinésithérapeutes est insuffisant puisque les normes légales correspondent à un poste
pour huit patients. Or, nous disposons seulement de deux postes à temps plein pour
vingt-quatre patients», explique-t-elle.
Pénurie préjudiciable
Avec ce départ en vacances, un seul kinésithérapeute doit
assurer les soins de ces vingt-quatre malades ce qui «est impossible. Dans ces
conditions, les personnes hospitalisées ne peuvent pas disposer des soins nécessaires à
la pathologie pour laquelle elles nous sont confiées», assure le médecin.
A lhôpital, léquipe de kinésithérapeutes est de quatre pour
lensemble des patients hospitalisés en neurologie, en rééducation, en pédiatrie
et dans tous les services chirurgicaux et de médecine.
Un nombre là aussi jugé insuffisant. Dautant que «la situation
sest encore aggravée avec la création dune unité de moyen séjour
puisquil a fallu débloquer un demi-poste de kinésithérapeute pour cette unité au
détriment des postes attribués à lhôpital», poursuit Danièle Bacri-Nadim.
Cette pénurie permanente «est préjudiciable à lensemble des patients,
insiste Danièle Bacri-Nadim et le personnel est débordé.» Si le Dr Bacri-Nadim ne se
fait - presque - plus dillusion quant à de nouvelles créations de postes, il
souhaite néanmoins que «les remplacements soient au moins assurés» lorsquun
kinésithérapeute part en vacances ou quil est en arrêt maladie.
Le directeur du centre hospitalier dieppois, Didier Vancostenoble, assure
prendre conscience du problème. «Il est vrai quil y a un gros manque de
kinésithérapeutes sur les deux sites (ndlr : Château-Michel et hôpital), confie-t-il,
et à chaque nouveau budget nous réclamons à notre tutelle de nouvelles créations de
postes en kinésithérapie. Nous nen avons jamais obtenu jusquici.
Actuellement, une nouvelle étude est en cours.»
Quant aux problèmes de remplacements, Didier Vancostenoble déclare
qu«il très difficile de trouver des remplaçants», les kinésithérapeutes «ne
répondant pas aux annonces de recrutement.»
Pour le Dr Danièle Bacri-Nadim, il sagit au contraire «dune
mauvaise volonté de la part de la direction générale de lhôpital» qui «se
fiche des malades handicapés.». Pour preuve, «il y a quelques années mon service a
sacrifié un demi-poste de kinésithérapeute pour avoir en échange un orthophoniste. Non
seulement ce demi-poste nous a été pris mais nous navons jamais obtenu
dorthophoniste ce qui est parfaitement illégal», dénonce Mme Bacri-Nadim.
M. DS.
Grâce aux pièces jaunes
Deux pompes pour
lutter contre la douleur
«Inacceptable en soi, la souffrance lest davantage
encore lorsquelle touche les plus jeunes. Je suis convaincue que la lutte contre la
douleur est un élément majeur de lamélioration de la qualité de la vie du malade
et de son confort». Bernadette Chirac na pu personnellement remettre aux
délégués des hôpitaux de Dieppe, dElbeuf, du Havre et de Rouen réunis au sein
du centre hospitalier universitaire de Rouen les onze pompes anti-douleurs offertes par la
fondation «Hôpitaux de France» quelle préside. Mais son message, lu par Anne
Barrère, membre du conseil dadministration, témoignait de sa volonté de
participer à ce combat.
«Ces pompes portables permettront à leur utilisateur de
sauto-administrer une dose de morphine sans risque de surdosage» assura
lanesthésiste-chef du CHU. «Lenfant peut être acteur de son traitement dès
lâge de 6 ans. Quand il aura mal, il se réinjectera un peu de produit».
Trois cents pompes Abbott et Sims Graseby sont financées par la fondation cette
année par lintermédiaire de la collecte de Pièces jaunes. «Le programme sera
poursuivi en 2000 et les années suivantes si cela savère nécessaire», ajoutait
Bernadette Chirac dans son message.
Ces pompes petit modèle sont avant tout destinées au service pédiatrie. «A
Dieppe, précise le professeur Jeannot, chef de ce service et président de la Commission
médicale détablissement, elles serviront à lensemble du centre hospitalier
général, priorité étant cependant accordée aux enfants.»
Le CHG de Dieppe avait sollicité deux pompes : «Nous sommes ravies de les
avoir obtenues», remercièrent Marie Pottiez, surveillante-chef chargée des relations
avec la Fondation et spécialiste de la lutte anti-douleur, et Chantal Bonnamy,
puéricultrice chargée plus particulièrement de lhôpital de jour.
Les Dieppois connaissaient déjà ce matériel, ce qui accélèrera sa mise en
service: le CHG en avait déjà cinq et le personnel a été formé lété dernier
à leur utilisation.
«La douleur nest plus perçue comme une fatalité», se réjouissait le
patron du C.H.U. de Rouen. «Les pouvoirs publics encouragent cette prise de conscience.
Les hospitaliers se mobilisent dans cette lutte. Et le patient aussi y participe». Une
enquête de la direction régionale des Affaires sanitaires et sociales a révélé que la
Haute Normandie ne disposait jusqualors que de 113 pompes réparties dans 22
établissements sur 35. Les onze pompes supplémentaires sont donc les bienvenues. Et ce
don prouve que lopération Pièces jaunes est bien utile...
Lassociation
de distraction des malades a changé de locaux
«En plein coeur de
lhôpital»
Voilà maintenant trois décennies quexiste à
lhôpital de Dieppe une bibliothèque réservée aux malades. Avec une vingtaine de
bénévoles, lassociation de distraction des malades propose livres et cassettes
audio aux malades et salariés de lhôpital de Dieppe et aux pensionnaires du
Château-Michel. Récemment, lassociation a inauguré ses nouveaux locaux et a reçu
une dotation de livres et cassettes.
Jusqualors basée au deuxième étage de lhôpital, plus
précisément sous les toits, la bibliothèque et la sonothèque sont désormais
installées au rez-de-chaussée du bâtiment principal, dans les anciens services de
radiologie. «Ces locaux sont plus spacieux, se réjouit Claude Ansquer, présidente
depuis deux ans. Nous avons aussi lavantage de nous situer désormais en plein coeur
de lhôpital».
Et Mme Ansquer de souligner la diversité et la richesse de la collection de
lassociation de distraction des malades : «Il y a de quoi satisfaire tous les
goûts musicaux et littéraires. Nous possédons 3 000 livres à lhôpital, 1 000
autres au Château-Michel et environ 160 cassettes audio. Sans oublier quelques
radio-cassettes». Au total, une vingtaine de bénévoles participent à trois
distributions par semaine.
«Un rôle essentiel»
Livres et cassettes sont prêtés aux malades et
pensionnaires. «Nous fonctionnons notamment grâce aux soutiens de lhôpital, du
conseil général, des municipalités voisines, de la Caisse dépargne, des clubs
services et de donateurs anonymes. Notre but, cest de distraire les malades,
poursuit Mme Ansquer. Cette nouvelle implantation constitue une reconnaissance du travail
accompli».
Soucieux de contenter tous les malades, «les bénévoles de lassociation
se rendent parfois à la médiathèque du centre Jean-Renoir pour emprunter des livres qui
sont ensuite apportés aux malades», note Christine Vincent, secrétaire de
lassociation. Présente lors de linauguration des nouveaux locaux, Bernadette
Lassalle, directrice de la médiathèque Jean-Renoir, sest dite favorable à un
partenariat entre les deux structures.
Quant au directeur de lhôpital de Dieppe, Didier Vancostenoble, il
na pas manqué de «remercier les bénévoles de lassociation. La
bibliothèque prend de lampleur grâce à votre travail à toutes. Le personnel de
lhôpital est de plus en plus qualifié mais il na plus le temps de dialoguer
avec les malades. Devant ce manque, une association comme la vôtre a un rôle
essentiel».
Lassociation de distraction des malades achète chaque année des livres
à gros caractères pour les personnes ayant des problèmes de vision. Ainsi, depuis cinq
ans, le Zonta Club - représenté par Brigitte Prieur qui a cédé son fauteuil de
présidente à Marie-Françoise Grémain - aide chaque année la bibliothèque de
lhôpital.
Aussi, la Caisse dépargne vient doffrir de nouveaux livres et
cassettes à lassociation présidée par Mme Ansquer. «Ce don sinscrit dans
notre vocation sociale», précisait Philippe Leroy, directeur du groupe de Dieppe.
Tous ceux qui veulent aider lassociation de distraction des malades sous
forme de bénévolat ou de dons de livres et cassettes peuvent contacter Mme Ansquer au
02.35.85.51.71. |