Journal du 3 novembre 1999

A l'hôpital de Dieppe et au Château-Michel
Les kinésithérapeutes se font rares

A l’hôpital de Dieppe et au Château-Michel, le manque de kinésithérapeutes se fait ressentir. Une situation que dénonce le Dr Danièle Bacri-Nadim, responsable du service rééducation fonctionnelle au Château-Michel. Pourtant, l’hôpital réclame chaque année à sa tutelle des créations de postes, assure le directeur Didier Vancostenoble.

C'est la goutte d'eau qui a fait déborder le vase. Cette semaine, un kinésithérapeute est parti en vacances au Château-Michel et une fois de plus, il n'a pas été remplacé. Du coup, l'équipe se retrouve en effectif réduit.

Une situation qui n'est pas nouvelle mais que le Dr Danièle Bacri-Nadim, responsable du service rééducation fonctionnelle au Château-Michel, n'arrive plus à accepter. «Depuis seize années que je dirige ce service, le nombre de postes de kinésithérapeutes est insuffisant puisque les normes légales correspondent à un poste pour huit patients. Or, nous disposons seulement de deux postes à temps plein pour vingt-quatre patients», explique-t-elle.

Pénurie préjudiciable

Avec ce départ en vacances, un seul kinésithérapeute doit assurer les soins de ces vingt-quatre malades ce qui «est impossible. Dans ces conditions, les personnes hospitalisées ne peuvent pas disposer des soins nécessaires à la pathologie pour laquelle elles nous sont confiées», assure le médecin.

A l’hôpital, l’équipe de kinésithérapeutes est de quatre pour l’ensemble des patients hospitalisés en neurologie, en rééducation, en pédiatrie et dans tous les services chirurgicaux et de médecine.

Un nombre là aussi jugé insuffisant. D’autant que «la situation s’est encore aggravée avec la création d’une unité de moyen séjour puisqu’il a fallu débloquer un demi-poste de kinésithérapeute pour cette unité au détriment des postes attribués à l’hôpital», poursuit Danièle Bacri-Nadim.

Cette pénurie permanente «est préjudiciable à l’ensemble des patients, insiste Danièle Bacri-Nadim et le personnel est débordé.» Si le Dr Bacri-Nadim ne se fait - presque - plus d’illusion quant à de nouvelles créations de postes, il souhaite néanmoins que «les remplacements soient au moins assurés» lorsqu’un kinésithérapeute part en vacances ou qu’il est en arrêt maladie.

Le directeur du centre hospitalier dieppois, Didier Vancostenoble, assure prendre conscience du problème. «Il est vrai qu’il y a un gros manque de kinésithérapeutes sur les deux sites (ndlr : Château-Michel et hôpital), confie-t-il, et à chaque nouveau budget nous réclamons à notre tutelle de nouvelles créations de postes en kinésithérapie. Nous n’en avons jamais obtenu jusqu’ici. Actuellement, une nouvelle étude est en cours.»

Quant aux problèmes de remplacements, Didier Vancostenoble déclare qu’«il très difficile de trouver des remplaçants», les kinésithérapeutes «ne répondant pas aux annonces de recrutement.»

Pour le Dr Danièle Bacri-Nadim, il s’agit au contraire «d’une mauvaise volonté de la part de la direction générale de l’hôpital» qui «se fiche des malades handicapés.». Pour preuve, «il y a quelques années mon service a sacrifié un demi-poste de kinésithérapeute pour avoir en échange un orthophoniste. Non seulement ce demi-poste nous a été pris mais nous n’avons jamais obtenu d’orthophoniste ce qui est parfaitement illégal», dénonce Mme Bacri-Nadim.

M. DS.

Grâce aux pièces jaunes

Deux pompes pour lutter contre la douleur

«Inacceptable en soi, la souffrance l’est davantage encore lorsqu’elle touche les plus jeunes. Je suis convaincue que la lutte contre la douleur est un élément majeur de l’amélioration de la qualité de la vie du malade et de son confort». Bernadette Chirac n’a pu personnellement remettre aux délégués des hôpitaux de Dieppe, d’Elbeuf, du Havre et de Rouen réunis au sein du centre hospitalier universitaire de Rouen les onze pompes anti-douleurs offertes par la fondation «Hôpitaux de France» qu’elle préside. Mais son message, lu par Anne Barrère, membre du conseil d’administration, témoignait de sa volonté de participer à ce combat.

«Ces pompes portables permettront à leur utilisateur de s’auto-administrer une dose de morphine sans risque de surdosage» assura l’anesthésiste-chef du CHU. «L’enfant peut être acteur de son traitement dès l’âge de 6 ans. Quand il aura mal, il se réinjectera un peu de produit».

Trois cents pompes Abbott et Sims Graseby sont financées par la fondation cette année par l’intermédiaire de la collecte de Pièces jaunes. «Le programme sera poursuivi en 2000 et les années suivantes si cela s’avère nécessaire», ajoutait Bernadette Chirac dans son message.

Ces pompes petit modèle sont avant tout destinées au service pédiatrie. «A Dieppe, précise le professeur Jeannot, chef de ce service et président de la Commission médicale d’établissement, elles serviront à l’ensemble du centre hospitalier général, priorité étant cependant accordée aux enfants.»

Le CHG de Dieppe avait sollicité deux pompes : «Nous sommes ravies de les avoir obtenues», remercièrent Marie Pottiez, surveillante-chef chargée des relations avec la Fondation et spécialiste de la lutte anti-douleur, et Chantal Bonnamy, puéricultrice chargée plus particulièrement de l’hôpital de jour.

Les Dieppois connaissaient déjà ce matériel, ce qui accélèrera sa mise en service: le CHG en avait déjà cinq et le personnel a été formé l’été dernier à leur utilisation.

«La douleur n’est plus perçue comme une fatalité», se réjouissait le patron du C.H.U. de Rouen. «Les pouvoirs publics encouragent cette prise de conscience. Les hospitaliers se mobilisent dans cette lutte. Et le patient aussi y participe». Une enquête de la direction régionale des Affaires sanitaires et sociales a révélé que la Haute Normandie ne disposait jusqu’alors que de 113 pompes réparties dans 22 établissements sur 35. Les onze pompes supplémentaires sont donc les bienvenues. Et ce don prouve que l’opération Pièces jaunes est bien utile...

L’association de distraction des malades a changé de locaux

«En plein coeur de l’hôpital»

Voilà maintenant trois décennies qu’existe à l’hôpital de Dieppe une bibliothèque réservée aux malades. Avec une vingtaine de bénévoles, l’association de distraction des malades propose livres et cassettes audio aux malades et salariés de l’hôpital de Dieppe et aux pensionnaires du Château-Michel. Récemment, l’association a inauguré ses nouveaux locaux et a reçu une dotation de livres et cassettes.

Jusqu’alors basée au deuxième étage de l’hôpital, plus précisément sous les toits, la bibliothèque et la sonothèque sont désormais installées au rez-de-chaussée du bâtiment principal, dans les anciens services de radiologie. «Ces locaux sont plus spacieux, se réjouit Claude Ansquer, présidente depuis deux ans. Nous avons aussi l’avantage de nous situer désormais en plein coeur de l’hôpital».

Et Mme Ansquer de souligner la diversité et la richesse de la collection de l’association de distraction des malades : «Il y a de quoi satisfaire tous les goûts musicaux et littéraires. Nous possédons 3 000 livres à l’hôpital, 1 000 autres au Château-Michel et environ 160 cassettes audio. Sans oublier quelques radio-cassettes». Au total, une vingtaine de bénévoles participent à trois distributions par semaine.

«Un rôle essentiel»

Livres et cassettes sont prêtés aux malades et pensionnaires. «Nous fonctionnons notamment grâce aux soutiens de l’hôpital, du conseil général, des municipalités voisines, de la Caisse d’épargne, des clubs services et de donateurs anonymes. Notre but, c’est de distraire les malades, poursuit Mme Ansquer. Cette nouvelle implantation constitue une reconnaissance du travail accompli».

Soucieux de contenter tous les malades, «les bénévoles de l’association se rendent parfois à la médiathèque du centre Jean-Renoir pour emprunter des livres qui sont ensuite apportés aux malades», note Christine Vincent, secrétaire de l’association. Présente lors de l’inauguration des nouveaux locaux, Bernadette Lassalle, directrice de la médiathèque Jean-Renoir, s’est dite favorable à un partenariat entre les deux structures.

Quant au directeur de l’hôpital de Dieppe, Didier Vancostenoble, il n’a pas manqué de «remercier les bénévoles de l’association. La bibliothèque prend de l’ampleur grâce à votre travail à toutes. Le personnel de l’hôpital est de plus en plus qualifié mais il n’a plus le temps de dialoguer avec les malades. Devant ce manque, une association comme la vôtre a un rôle essentiel».

L’association de distraction des malades achète chaque année des livres à gros caractères pour les personnes ayant des problèmes de vision. Ainsi, depuis cinq ans, le Zonta Club - représenté par Brigitte Prieur qui a cédé son fauteuil de présidente à Marie-Françoise Grémain - aide chaque année la bibliothèque de l’hôpital.

Aussi, la Caisse d’épargne vient d’offrir de nouveaux livres et cassettes à l’association présidée par Mme Ansquer. «Ce don s’inscrit dans notre vocation sociale», précisait Philippe Leroy, directeur du groupe de Dieppe.

Tous ceux qui veulent aider l’association de distraction des malades sous forme de bénévolat ou de dons de livres et cassettes peuvent contacter Mme Ansquer au 02.35.85.51.71.


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