La garde à vue de Henri Lalitte
sachève ce vendredi matin. Le frère de Jean-Paul Lalitte a été interpellé
mercredi par les policiers du SRPJ intervenant sur commission rogatoire délivrée par
Jean-Vincent Imard, juge dinstruction chargé du dossier relatif au fonctionnement
de la chambre de commerce et dindustrie de Dieppe. Le frère de Jean-Paul Lalitte
(toujours incarcéré, lui, à la prison Bonne Nouvelle à Rouen), est PDG de la SONOGAD,
une entreprise créée en décembre 1986 spécialisée dans la réparation portuaire et la
chaudronnerie. Une société, dont lexistence était dailleurs justifiée par
Jean-Paul Lalitte dans ses réponses à lInspection générale des Finances : «ARNO,
SONOGAD, MIM, GIVON, elles résultaient du plan de relance de la construction navale à
Dieppe avec des acteurs locaux simpliquant personnellement».«Mon
client na pas accès au dossier et ne sait donc pas exactement ce quon lui
reproche», sinsurge Me Michel Dubos. Lavocat du barreau de Rouen la
rencontré au cours de la vingtième heure de garde à vue, comme lautorise la loi.
Mais les véritables questions, les policiers les posent après....
Henri Lalitte a passé plusieurs heures dans les locaux du commissariat de
Dieppe avant dêtre transféré mercredi soir dans les bureaux du SRPJ à Rouen pour
la poursuite de linterrogatoire qui risque de déboucher sur une mise en examen:
cest ce qui sera décidé aujourdhui.
Mercredi, les policiers ont fait moisson de documents en perquisitionnant au
siège de la SONOGAD, rue de lEntrepôt à Dieppe, et au domicile de Henri Lalitte.
Et sans doute ont-ils déjà commencé de les éplucher.
La SONOGAD est née il y a treize ans, prenant la suite de GAD SAD. Cest
le tribunal de commerce qui a choisi comme repreneur un groupe de personnes comprenant
notamment plusieurs membres de la famille Lalitte dont Henri et Jean-Paul. Jean-Paul en
est devenu le PDG, poste quil a abandonné dès 1991, cédant dailleurs ses
parts dès 1993. Et Henri en est donc le PDG.
La SONOGAD, dont le chiffre daffaires avoisine annuellement les 11.000.000
F, a travaillé avec la chambre de commerce et dindustrie de Dieppe traitant une
partie des marchés selon la procédure des marchés publics et une autre selon la
procédure des marchés négociés. «A priori, la justice sintéresse à la
période 1995-98», ajoute Me Michel Dubos. «Et elle soupçonnerait la SONOGAD
davoir bénéficié de favoritisme». Les marchés SONOGAD/CCID porteraient sur
une somme pouvant aller de 1.500.000 F à 2.000.000 F.
LInspection générale des Finances avait par exemple émis des réserves
sur le marché de la construction de la passerelle roulier du terminal transmanche:
équipements électriques et hydrauliques qui, en 1994, avait bénéficié à SDEM/SONOGAD
pour 3.200.000 F alors quil était initialement de 2.600.000 F.
La Justice sintéresserait aussi à la FRAP, une société créée dans le
cadre de la loi Mellick, société où on retrouvait Henri et Jean-Paul Lalitte, mais
aussi deux banques. Cette société a cependant vite cessé ses activités. De même la
Justice aimerait avoir des éclaircissements sur des voyages effectués par Henri Lalitte
payés par un pétrolier dont il était le concessionnaire.
«Mais le jour où mon client aura accès à son dossier - et il est anormal
que ça ne soit pas le cas - il y verra plus clair» plaide Me Dubos, partisan, lui
aussi, de la levée du secret lié à linstruction dun dossier.
D.L.