Journal du 2 octobre 1998

Michel Gomez, conseiller technique ; Rocky Radenkovic, adjoint de Jean-Pierre Buffard
L'AL Neuville se structure pour avancer

Promue pour la première fois de son histoire en Nationale 2, l’AL Neuville entend bien ne pas y faire de la figuration. C’est en tout cas le voeu des dirigeants, qui, après avoir recruté quatre joueurs de niveau national, viennent de renforcer les structures de l’équipe fanion. Ainsi, Rocky Radenkovic sera l’adjoint de Jean-Pierre Buffard en remplacement de Gilles Bimont, et Michel Gomez, le plus illustre des entraîneurs français, aura un rôle de conseiller technique en attendant de retrouver un club.

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Rocky Rodenkovic, le président Gaston Frechon,
Michel Gomez et le vice-président Stéphane Balle.

Rocky reprend du service

Rocky Radenkovic, 49 ans, après avoir fait lui aussi les beaux jours du BC Dieppe, avait terminé sa carrière à Neuville, avant de revenir à Dieppe pour entraîner Dieppe-Basket: "Je leur donnais un coup de main mais je n’y trouvais pas de réel plaisir". Du coup, il a accepté les propositions des dirigeants de l’ALND, il va entraîner et diriger l’équipe réserve, assister Jean-Pierre Buffard aux entraînements de l’équipe fanion et suivre les matches sur le banc mais uniquement à domicile.

MICHEL GOMEZ : "UN COUP DE COEUR POUR NEUVILLE"

Normand de pure souche, Michel Gomez, le plus illustre des entraîneurs français, grand ami de la famille Jean, avoue avoir eu un coup de coeur pour l’AL Neuville. Du coup, les dirigeants neuvillais ont sauté sur l’occasion pour lui proposer diverses responsabilités.

Pourquoi avez-vous accepté de prendre des responsabilités au sein de l’AL Neuville?

- Au repos forcé au niveau basket depuis la rupture avec Limoges en février dernier, je n’ai pas effectué ma rentrée au mois de septembre, ça me fait drôle, c’est la première fois que cela m’arrive en 37 ans de carrière. Mais je ne manque pas d’activités pour autant : je donne des conférences dans des entreprises (Elf Aquitaine, Crédit Agricole...) et par le biais de ma société MG Promotion qui gère mon image, je démarche des sponsors à enseigne nationale. Après avoir donné un coup de main aux dirigeants neuvillais au niveau marketing, ces derniers m’ont demandé de m’investir au niveau sportif. J’ai accepté en leur stipulant bien que dès que j’aurais un nouveau club, je cesserais évidemment toute activité.

- En quoi va consister votre collaboration ?

- Je vais faire travailler les joueurs individuellement lors d’une séance d’entraînement, vraisemblablement le lundi soir. Je donnerai aussi quelques tuyaux à l’entraîneur Jean-Pierre Buffard mais ma collaboration s’arrêtera là, d’ailleurs j’assisterai aux matches dans les tribunes. L’arrivée de Rocky Radenkovic comme adjoint de Jean-Pierre est une bonne chose, j’essaierai aussi de tout mettre en oeuvre pour que ce duo fonctionne bien.

- Habitant Montérolier, n’avez-vous pas été tenté par une expérience avec le SPO Rouen ?

- Je travaille avec ce club au niveau marketing mais ça s’arrête là, les dirigeants ne m’ont rien proposé et puis j’avoue que j’ai un coup de coeur pour Neuville.

- Et puis, votre fils Sébastien a claqué la porte du SPOR avant les trois coups du championnat...

- J’ai été moi aussi surpris par sa décision, il ne m’en avait pas fait part. Mais je le comprends un peu, il était le seul joueur de l’équipe rouennaise à ne pas avoir une situation régularisée au niveau de l’emploi... alors qu’il était titulaire auparavant à la mairie de Pau. Il est parti se ressourcer en Argentine où il a déjà repris contact avec le basket, ça le tient, lui aussi....

"Neuville peut postuler à la Nationale 1"

- Votre opinion sur l’ALND version 1998-1999?

- Neuville dispose d’un bon potentiel, avec davantage de rigueur aux entraînements - mais c’est là l’homme de la rigueur extrême qui parle - l’équipe devrait progresser. En basket, depuis toujours, c’est la vitesse et la précision qu’il faut lier, ça se travaille. A terme, Neuville peut postuler à la Nationale 1, Dieppe est un pôle régional de basket. Et peut même devenir plus si la municipalité s’investit davantage : quand je pense qu’il n’y a toujours pas de palais des sports en Normandie... Dieppe peut, pourquoi pas, montrer le chemin !

- Que pensez-vous des emplois jeunes ?

- Au niveau des clubs sportifs, on ne peut être que pour. A l’heure où le bénévolat s’essouffle, l’arrivée des jeunes au sein des clubs va donner un nouvel essor. Autre problème important à résoudre à l’avenir : favoriser la gratuité des licences. Quand j’ai débuté ma carrière sportive à Saint-Etienne-du Rouvray, je touchais un peu à tous les sports : gymnastique, football, judo, athlétisme, basket... le tout gratuitement. Mes parents qui étaient d’origine modeste n’auraient d’ailleurs pas pu payer le prix des licences.

"L’arbre est toujours debout"

- Plusieurs titres de champion de France avec Limoges et Pau-Orthez, une coupe d’Europe avec Limoges, vous avez tout gagné en France. Que pouvez-vous encore espérer ?

- Les titres, les trophées, ce sont des moments forts qui comptent, bien sûr, dans une carrière. Mais c’est du passé, et j’ai toujours la foi. Au niveau français, Villeurbanne me plairait bien, tout comme l’équipe nationale mais pour le moment ça marche plutôt bien, alors il n’est pas question de remettre tout en cause.

- Votre expérience en Grèce a tourné court. Est-ce un échec qui vous a marqué ? L’étranger vous tente-t-il encore?

- Non, ce fut une expérience merveilleuse. Dans des conditions difficiles -une salle indigne, à ce niveau, pas de structures sur place - j’ai fait de mon mieux. Mais la vedette de l’équipe, un Américain, m’a mis des bâtons dans les roues. Du coup, le président a dû trancher : entre lui et moi, il a préféré le joueur. Je n’exclus pas une nouvelle expérience à l’étranger. L’arbre est là, les racines sont intactes, deux branches sont parties mais il reste debout, et n’est pas prêt de tomber.

- De qui vous-êtes vous inspiré pour votre carrière d’entraîneur ?

- De personne (sourire) c’est ma fierté, je me suis formé tout seul, il faut dire que dès l’âge de 13 ans, j’entraînais une équipe de jeunes à Saint-Etienne-du-Rouvray. Au niveau psychologique, je me suis inspiré de la méthode mise au goût du jour par Gérard Bosc, DTN, ex-entraîneur du Caen BC de la grande époque.

Reportage Régis Mainnemarre


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