Journal du 16 novembre 1999

La 30e Foire aux harengs
Un parfum de succès

Succès total pour la Foire aux harengs. Samedi comme dimanche, les visiteurs marchaient épaule contre épaule sur le quai Henri-IV, le quai du Hâble et les petites rues environnantes. Le tout sous la fumée et l’odeur du poisson grillé. Ambiance.
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On peut acheter
le hareng frais...

... ou le savourer
sur place tout grillé.

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Harengs2.jpg (24092 octets) Les "confrères" du Hareng
et de la Coquille Saint-Jacques à la dégustation.

Longtemps, le hareng était considéré comme le poisson du pauvre. Quand les réfrigérateurs n’existaient pas encore, les marins le salaient pour le manger pendant les grands voyages. Mais à Dieppe depuis trente ans, on le considère comme un roi. On donne même une fête en son honneur. Et elle attire des milliers de sujets venus de la cité, du département et même des régions voisines. L’initiative lancée et toujours conduite par le comité de quartier du Bout-du-Quai, présidé par Martine Massieu-Lemeray, la fille du créateur de la manifestation, a inspiré les communes voisines comme le Tréport et Saint-Valery. A peine arrivé sur nos côtes, le hareng a la cote. «Il faut le glorifier» s’enflamme Michel Mouny, président de la confrérie du hareng et de la coquille, ancien maître organisateur de la foire. «C’est un poisson noble. Il n’est de passage que pendant un mois ou un mois et demi».

Rare donc le hareng, mais pas cher. Sur le quai, le «canot» à 4 F. Les autres à 3 F pièce ou 6 F s’il est grillé. Dès samedi matin, les acheteurs se pressent auprès des vendeurs. Même si le froid est coriace en ce week-end de novembre, le soleil invite à la promenade. On en profite pour faire ses provisions avant les autres. Les sacs plastiques se remplissent. Ce sera bientôt le tour des congélateurs.

«Le comité de quartier a vécu pendant trente ans. Je souhaite qu’il vive encore trente ans,» souligne Monique Bourgois, veuve de l’ancien député maire Irénée Bourgois et marraine de cette édition 1999, lors de l’inauguration. Pour Edouard Leveau, conseiller général, cette animation «est bénéfique pour Dieppe». La foire est le symbole de la ville, le symbole du quartier. «Un peu comme la cité de la mer qui nous accueille pour cette réception» remarque Christian Cuvilliez. «La maison connaît une situation difficile. Souhaitons que ceux qui ont investi dans ce navire fassent l’effort nécessaire pour qu’il continue de voguer».

Mais la parenthèse se referme vite. Pendant que les officiels conversent, les poissons grillent. Les restaurants font le plein. Le menu «hareng pommes de terre chaudes» est très prisé. L’après-midi avance. La foule se presse. Les spécialistes sont formels : ce samedi ensoleillé connaît une affluence digne du dimanche.

Arrivés du Tréport

La soirée s’écoule tranquillement. Le lendemain, malgré la pluie, on se bouscule à nouveau quai Henri-IV. Les tables se garnissent. Entre les stands, ça ressemble de plus en plus aux couloirs du métro aux heures de pointe. Les caisses de harengs se vident. Et à 16 h, il n’y a plus rien. «En deux jours, nous en avons vendu une tonne. Et nous n’avons même pas eu besoin de les brader» constate Charles Jénamy.

Quelques minutes plus tard, des harengs de canot arrivent tout frais du Tréport. C’est l’effervescence. Les poissons partent comme des petits pains. A peine posées, les caisses perdent déjà leur contenu. Ceux qui ont patienté ne le regrettent pas, ils vont se régaler.

La nuit tombe tout doucement sur la cité. Les visiteurs se consacrent maintenant aux autres stands (brocante, vêtements, téléphone portable, etc.). La journée s’achève. Petit à petit, les lieux se vident. Il ne flotte plus dans l’air que l’odeur de poisson grillé. Un parfum de succès.

Ghislain ANNETTA.


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