Succès total pour la Foire aux
harengs. Samedi comme dimanche, les visiteurs marchaient épaule contre épaule sur le
quai Henri-IV, le quai du Hâble et les petites rues environnantes. Le tout sous la fumée
et lodeur du poisson grillé. Ambiance.
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On
peut acheter
le hareng frais... |
...
ou le savourer
sur place tout grillé. |
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Les
"confrères" du Hareng
et de la Coquille Saint-Jacques à la dégustation. |
Longtemps, le hareng était considéré comme le poisson du
pauvre. Quand les réfrigérateurs nexistaient pas encore, les marins le salaient
pour le manger pendant les grands voyages. Mais à Dieppe depuis trente ans, on le
considère comme un roi. On donne même une fête en son honneur. Et elle attire des
milliers de sujets venus de la cité, du département et même des régions voisines.
Linitiative lancée et toujours conduite par le comité de quartier du Bout-du-Quai,
présidé par Martine Massieu-Lemeray, la fille du créateur de la manifestation, a
inspiré les communes voisines comme le Tréport et Saint-Valery. A peine arrivé sur nos
côtes, le hareng a la cote. «Il faut le glorifier» senflamme Michel Mouny,
président de la confrérie du hareng et de la coquille, ancien maître organisateur de la
foire. «Cest un poisson noble. Il nest de passage que pendant un mois ou un
mois et demi».
Rare donc le hareng, mais pas cher. Sur le quai, le «canot» à 4 F. Les autres
à 3 F pièce ou 6 F sil est grillé. Dès samedi matin, les acheteurs se pressent
auprès des vendeurs. Même si le froid est coriace en ce week-end de novembre, le soleil
invite à la promenade. On en profite pour faire ses provisions avant les autres. Les sacs
plastiques se remplissent. Ce sera bientôt le tour des congélateurs.
«Le comité de quartier a vécu pendant trente ans. Je souhaite quil vive
encore trente ans,» souligne Monique Bourgois, veuve de lancien député maire
Irénée Bourgois et marraine de cette édition 1999, lors de linauguration. Pour
Edouard Leveau, conseiller général, cette animation «est bénéfique pour Dieppe». La
foire est le symbole de la ville, le symbole du quartier. «Un peu comme la cité de la
mer qui nous accueille pour cette réception» remarque Christian Cuvilliez. «La maison
connaît une situation difficile. Souhaitons que ceux qui ont investi dans ce navire
fassent leffort nécessaire pour quil continue de voguer».
Mais la parenthèse se referme vite. Pendant que les officiels conversent, les
poissons grillent. Les restaurants font le plein. Le menu «hareng pommes de terre
chaudes» est très prisé. Laprès-midi avance. La foule se presse. Les
spécialistes sont formels : ce samedi ensoleillé connaît une affluence digne du
dimanche.
La soirée sécoule tranquillement. Le lendemain,
malgré la pluie, on se bouscule à nouveau quai Henri-IV. Les tables se garnissent. Entre
les stands, ça ressemble de plus en plus aux couloirs du métro aux heures de pointe. Les
caisses de harengs se vident. Et à 16 h, il ny a plus rien. «En deux jours, nous
en avons vendu une tonne. Et nous navons même pas eu besoin de les brader»
constate Charles Jénamy.
Quelques minutes plus tard, des harengs de canot arrivent tout frais du
Tréport. Cest leffervescence. Les poissons partent comme des petits pains. A
peine posées, les caisses perdent déjà leur contenu. Ceux qui ont patienté ne le
regrettent pas, ils vont se régaler.
La nuit tombe tout doucement sur la cité. Les visiteurs se consacrent
maintenant aux autres stands (brocante, vêtements, téléphone portable, etc.). La
journée sachève. Petit à petit, les lieux se vident. Il ne flotte plus dans
lair que lodeur de poisson grillé. Un parfum de succès.
Ghislain ANNETTA.