| Éric Tavernier et son équipe de
lEstran passeront des fêtes de fin dannée lesprit plus serein : la
Cité de la mer ne fermera pas au 31 décembre. Le bilan ne sera pas déposé, le
personnel ne sera pas licencié. Dans limmédiat, lavenir est moins sombre :
dailleurs une nouvelle exposition est programmée pour le printemps qui, selon son
président, devrait être la saison de la relance. Début octobre, le
conseil dadministration fraîchement élu après la démission collective du
précédent navait pas caché son inquiétude : «On autorise la poursuite de
lactivité jusquau 31 décembre. Si dici la Saint-Sylvestre personne ne
sengage à nos côtés pour relancer financièrement la machine, on arrêtera les
frais». Et cen sera fini de cette structure qui a pris toute sa place dans le
paysage dieppois et qui constitue un produit dappel pour le tourisme.
Les semaines se sont écoulé. La fin de lannée approchait et rien ne
bougeait. Seul le conseil régional sétait manifesté pour rappeler sa ligne de
conduite : pas de subvention de fonctionnement ni même pour apurer les comptes ; en
revanche participation aux actions de formation et de recherche. La Ville de Dieppe était
prête à ouvrir sa bourse mais à condition de ne pas être seule à participer. Quant au
conseil général, il attendait des documents sur un plan de redressement et un plan de
gestion.
Lundi dernier, le maire et ses collègues de la municipalité se sont réunis en
séance extraordinaire. Pour faire le point. Et comme le conseil dadministration de
lEstran se réunissait le soir même, Christian Cuvilliez et ses amis ont décidé
une participation financière annuelle de 500 000 francs. La bonne nouvelle a été
annoncée quelques heures plus tard aux intéressés, ravis on sen doute.
Une sacré épine du pied était retirée: même si la mesure devra dabord
être ratifiée par le conseil municipal fin janvier avant le versement de la somme, la
«garantie» de la Ville devrait rassurer les autres instances sur la pérennité de
lEstran-Cité de la mer. Or cette inconnue sur lavenir du site bloquait le
versement de subventions attendues du Feder et du conseil régional.
On attend 640 000 francs
Éric Tavernier a donc retrouvé le sourire même si rien
nest encore gagné. «Depuis mardi jai repris des contacts avec le conseil
régional et le secrétariat général aux Affaires régionales chargé des fonds
européens», précise le président de lEstran.
En effet, selon une lettre de Jean Beaufils, vice-président du conseil
régional, datée de mars dernier, la Région a décidé de renouveler cette année le
financement de 170 000 F prévu par le contrat de plan pour les opérations de Recherche
et de Technologie.
Or largent nest pas arrivé jusquà Dieppe. «La réunion
qui en décide lattribution, en juillet, a «oublié» lEstran, sans
doute persuadé de la mort prochaine de la structure,» pense Éric Tavernier.
Enquête en cours...
Idem pour 470 000 F bloqués pour la même raison par le trésorier payeur
général, émanant de fonds européens pour des actions de 1997 et 1998, (Edulis pour les
études sur la production de moules et dhuîtres à Dieppe) argent ne pouvant
naturellement pas servir à boucher des trous. «Jai obtenu au SGAR la certitude
que largent était toujours là», se rassure Éric Tavernier. Là aussi
enquête en cours.
Et ces deux enquêtes doivent être rondement menées: si largent
nest pas versé avant le 31 décembre, il sera définitivement perdu. A la mairie,
on appuie naturellement les démarches de lEstran pour récupérer ces 640 000 F. «Avec
ces sommes, le passif serait apuré», calcule Éric Tavernier.
Le conseil général : rien de
nouveau
On repartirait donc de zéro. Ou presque. Ce qui cependant
ne règlerait pas pour autant le financement de lEstran : il lui faut annuellement
près dun million de francs pour boucler le budget en fonctionnant correctement. La
Ville sengage donc, sous réserve de laccord du conseil municipal, pour une
somme de 500 000 francs au titre de lannée 2000 plus les frais à lannexe de
lancienne prison du Pollet (eau, électricité, loyer).
«Pour le reste on compte en grande partie sur le conseil général»,
commente Éric Tavernier. Le député-maire, dans sa lettre de lundi dernier, précise que
«cette subvention, ajoutée à la subvention annoncée par le conseil général,
correspondant à léquivalent dun poste de directeur (300 000 francs),
permettra à lassociation déquilibrer ses comptes et dassurer le
redressement de la situation». On en prend acte et une réunion doit se tenir
prochainement à ce sujet à lantenne de Dieppe du conseil général.
Au conseil général, on tombe des nues. «Pour nous, il n y a rien de
changé, affirmait hier Paul Caron. Nous avons répété que nous nétions
pas demandeurs dans ce dossier. Nous avons précisé à M. Tavernier quil fallait
nous envoyer des documents sur un plan de redressement de lEstran-Cité de la mer et
sur la gestion future de la structure. Les documents reçus ne nous ont pas convaincu.
Notre position na donc pas changé. Pour nous, il n y a rien de nouveau»
Voilà qui refroidira sans doute lenthousiasme du président de
lEstran. Mais qui ne devrait pas pour autant empêcher la Cité de la mer de rouvrir
ses portes après la fermeture les 24, 25 et 26 décembre dune part, 31 décembre,
1et 2 janvier dautre part: pour cause de fêtes de fin dannée.
Denis LEPRETTRE |