Journal du 13 août 1999

A Dieppe, l'éclipse totale du soleil nous a été comptée
Des nuages effrontés s'invitent à la fête

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Vers 12 h 30, le ciel s’est enfin dégagé sur le front de mer dieppois.
Il a permis aux nombreux spectateurs d’observer la seconde phase de l’éclipse.

Le Soleil et la Lune avaient bien rendez-vous mercredi à douze heures et vingt minutes. Hélas, sur le front de mer de Dieppe, des nuages effrontés s’étaient également invités à la fête. Du coup, le spectacle a été nettement moins exceptionnel que prévu. Mais l’obscurité dans laquelle ont été plongées pendant deux minutes la cité dieppoise et toute la région a surpris plus d’une personne.

"Je vais me plaindre au syndicat d’initiative et je veux voir le maire. Depuis des semaines, on nous promet un spectacle exceptionnel. Résultat : nous avons fait le déplacement pour voir des nuages ! Mais que font donc les pouvoirs publics ?!"

Sur le ton de la plaisanterie, un touriste parisien fait part de sa déception, mercredi sur le front de mer de Dieppe. Comme des milliers d’autres personnes, il est venu observer l’éclipse totale de Soleil. Depuis 9 heures le matin, lui et sa famille attendent avec impatience l’événement. Les lunettes protectrices en main, ils scrutent l’horizon, espérant que le ciel ne leur tombe pas sur la tête.

Un souhait partagé par toutes les personnes présentes sur la plage. Malgré un ciel chargé, chacun veut encore croire au miracle. «Le vent va bien balayer tous ces nuages d’ici midi», déclare une petite dame tandis qu’une autre affirme : «Il suffit juste d’un petit coin de ciel bleu pour voir l’éclipse.» Hélas, de vent, il n’y en a point et plus l’heure avance, plus l’espoir d’un ciel dégagé s’amenuise.

A 11 h 03, alors que la Lune commence à grignoter le Soleil, les nuages sont toujours là. Les plus optimistes perdent leur sourire. «Nous avons eu tout un mois de juillet magnifique et justement aujourd’hui, le beau temps nous fait faux bond», se lamente un spectateur au moment même où l’éclipse daigne enfin montrer un petit bout de son nez. Un jeu de cache-cache avec les nuages qu’elle mène jusqu’à 12 h 25.

A 12 h 18, la température a déjà diminué, la luminosité aussi, et tous les regards se tournent vers la pointe de l’Ailly. A défaut d’observer l’éclipse totale, chacun espère voir arriver son ombre.

Nuit soudaine

A 12 h 20 enfin, le ciel s’obscurcit. Au loin, le phare d’Ailly s’allume, les manèges de la foire et les réverbères de la ville aussi. Et tout à coup, la nuit tombe, totalement, sous les applaudissements et les exclamations du public. «C’est extraordinaire !», lâche un jeune. «Regarde comme le ciel est beau ! Au loin, les nuages sont violets !», ajoute un autre. «Je ne pensais pas que c’était si soudain. C’est à peine croyable !», renchérit une femme.

Dans le ciel, point de couronne solaire, mais une nuée de goélands qui s’est envolée bruyamment. Tout comme les spectateurs, les oiseaux semblent surpris par le phénomène. Un phénomène éphémère. A 12 h 22, le jour réapparaît aussi subitement qu’il était tombé. Et comme si les nuages avaient joué un mauvais tour, ils... s’éclipsent enfin, permettant aux observateurs de voir la Lune quitter le Soleil.

Maria Da Silva.

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Pas facile de lire avec des lunettes protectrices sur le bout du nez. Cette petite dame en a fait l’expérience.

Nos amies les bêtes perturbées à luneray

L’éclipse totale de Soleil n’a pas rendu fou... Le ciel ne nous est pas tombé sur la tête ! Si l’on a apprécié le merveilleux spectacle de la rencontre du Soleil avec la Lune, il n’en a pas été de même pour nos amis les animaux. Jusqu’à midi, la chronobiologie de nos compagnons à quatre pattes ou à ailes ne semblait pas perturbée outre mesure. Tout au plus un peu d’excitation dans l’air comme si un orage s’annonçait.

C’est aux environs de midi passé de dix minutes que les choses ont commencé à se préciser. Dans la basse-cour d’Yves Neveu à Luneray, l’observation a été fructueuse puique la brebis a montré des signes d’inquiétude en bêlant quelques instant, les pintades et les poules ont été prises d’affolement avant de se refugier dans le poulailler comme si une nouvelle nuit s’annonçait pour elles. Quant au gallinacé chantant, maître coq, il a chanté aux environs de midi et quart comme pour annoncer... la levée du jour !

Dans l’exploitation de Nadine Cantais, le calme a mystérieusement régné. Les vaches dans l’herbage avoisinant n’étant plus habituées à rentrer le soir à l’étable, elles ont fait preuve d’une indifférence totale. Plus loin dans un autre herbage, quelques vaches et leurs veaux s’étaient cependant regroupés près du barrage comme si elles attendaient la traite. Les poules ne sont pas rentrées au poulailler mais c’est regroupées sous un taillis qu’on les a trouvées un peu plus loin de leur dortoir habituel.

Dix minutes avant l’éclipse totale de soleil, les oiseaux se sont réfugiés dans les arbres et se sont tus. La Nature est devenue silencieuse tout à coup sauf... le cri de la chouette, habituée du secteur aux dires de la maîtresse des lieux, qui s’est tout de même fait entendre. Ambiance garantie!

Murielle Picard.


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