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Journal du 11 septembre 1998 Problèmes de chronométrage et de
sécurité sont évoqués A Arques, lASA Bernay Racing Team (organisateur sur le plan administratif) confie les rênes de la course de côte à lEcurie Dieppoise. Pour autant, sur le terrain, cest la direction de course qui, autonome, prend toutes les décisions stratégiques. Doù le conflit ouvert qui naît aujourdhui entre lEcurie Dieppoise et la direction de course. Premier problème survenu lors de la course régionale dArques-la-Bataille : le chronométrage. Habitué aux organisations dépreuves automobiles, Hubert Vergnory assistait dimanche le directeur de course Didier Fourneaux : "Malgré les difficultés rencontrées avec les cellules électroniques, note M. Vergnory, tous les temps publiés sont bons, y compris ceux dAlain Facon. Nous avons pris la précaution de doubler le chronométrage : les bandes constituent la preuve irréfutable de lexactitude des temps". Reste évidemment à expliquer les deux heures et demie dattente des pilotes entre la première et la deuxième montée : "Compte-tenu des problèmes de cellules, poursuit M. Vergnory, il a fallu tout mettre à plat pour établir le classement de la première montée. Il nétait pas question de faire partir la deuxième montée sans avoir établi les résultats de la première. Didier Fourneaux a parfaitement géré la situation : il ny avait rien dautre à faire". "Deux montées bâclées" A lEcurie Dieppoise, Maryline Bazile ne partage pas le même avis : "Plutôt que de laisser attendre et douter les pilotes, je pense que la première montée aurait pu être purement et simplement annulée. Il suffisait de réunir les pilotes et de leur expliquer la situation: ils auraient compris. Et ils auraient préféré cette décision à une trop longue attente qui a été suivie de deux montées bâclées". Deuxième sujet au centre de la polémique : les voitures étaient lancées toutes les 30 secondes. "Compte-tenu du nombre de participants (Ndlr: 40), reprend Mme Bazile, nous aurions pu lancer les voitures de minute en minute. Cela aurait sans doute évité la sortie de route dHervé Jean..." Un point de vue partagé par le pilote : "Si jétais parti une minute derrière Christophe David, les commissaires auraient pu marrêter". Hubert Vergnory nest pas daccord : "Dans la plupart des courses de côte, on lance les voitures toutes les 30 secondes. Si nous avons pris cette décision alors quil y avait seulement une quarantaine de concurrents, cest parce que nous avions un doute sur la météorologie : nous souhaitions lancer les deux premières montées par temps sec. Il fallait donc faire vite tout en assurant une sécurité optimale". Troisième sujet qui a déclenché la polémique : la sécurité. Victime dune sortie de route, le pilote de lEcurie Dieppoise Hervé Jean revient sur son accident : "Après lépingle à gauche, jai entamé la ligne droite. Jétais à fond de quatrième à 160 km/h, le long du rail gauche. Dans cette ligne droite, jai seulement aperçu un commissaire qui avait un drapeau jaune dans les deux mains. Mais je ne lai pas vu lagiter". De son côté, Hubert Vergnory a un rapport du commissaire concerné totalement différent : le drapeau aurait bien été agité devant Hervé Jean. "Après la ligne droite, il y a un léger virage à gauche suivi dun virage à droite. Cest là quune commissaire ayant le pied plâtré a agité son drapeau. Je lai vue au tout dernier moment, quelques mètres seulement avant la voiture de Christophe David et des commissaires qui étaient autour pour le secourir. Jai juste eu le temps de freiner et cela a occasionné ma sortie de route. Si la commissaire (Ndlr : qui a dailleurs risqué sa vie sur ce coup-là) avait été valide, elle aurait pu descendre plus bas pour mavertir". "Pénalisé et pas responsable" Hubert Vergnory réfute largument : "Hervé Jean avait une visibilité de 200 mètres pour apercevoir le drapeau". "Faux", rétorque le pilote qui ne sait pas encore sil amènera cette "affaire" devant les tribunaux. Seule chose certaine, la catastrophe a été évitée de peu à Arques-la-Bataille et Hervé Jean se retrouve avec 120.000 F de frais à effectuer sur sa Clio 16S... Quinze jours avant son mariage, le pilote de lEcurie Dieppoise est amer : "Ma saison est morte et je ne suis pas sûr de pouvoir repartir lan prochain". Et sil a "toujours accepté les accidents parce que cela fait partie des risques de la course automobile", Hervé Jean naccepte pas celui-là : "Je me retrouve fortement pénalisé sur le plan financier alors que je ne suis pas responsable". A lEcurie Dieppoise, qui se réunit ce soir, la secrétaire Maryline Bazile ne veut pas entendre parler dune course de côte dArques en 1999 : "Compte-tenu du mécontentement des pilotes, cest perdu davance" explique t-elle. De son côté, le président Patrick Berthe refuse de "prendre une décision à chaud. Lédition 1999 semble compromise mais il convient dabord danalyser sereinement la situation". Christophe Quesne |
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