Journal du 8 octobre 1999

Un sursis jusqu'à la fin de l'année
Cité de la Mer : mobiliser les Dieppois

La Cité de la mer ne veut pas disparaître. Malgré ses difficultés financières actuelles. Même si des secours extérieurs tardent à se manifester. Son père plus que spirituel, Eric Tavernier, mènera le combat jusqu’au bout, secondé par le nouveau conseil d’administration qui ressemble beaucoup au précédent. Ne soyez pas surpris si, bientôt sur le marché, lors de la Foire au Hareng, on vous distribue un document sur la Cité de la mer: le débat, désormais, est porté sur la place publique. «Il faut mobiliser l’opinion», clame Eric Tavernier. «Il faut placer les collectivités devant leurs responsabilités. Si la Cité de la mer ferme, ce sont aussi vingt-six emplois qui vont disparaître». Or une échéance électorale se précise: les municipales, en mars 2001. Mais lundi soir, seule la municipalité dieppoise a «fait dans le positif»...

Une réunion de courte durée et sans enseignement nouveau: c’est le bilan de l’assemblée générale extraordinaire. Elle n’a d’ailleurs pas fait le plein de ses adhérents (seulement 28 votants pour 54 membres actifs) et le conseil d’administration n’ a pu être totalement complété faute de volontaire. Vers 22 h 15, lorsque la séance officielle fut levée et que Eric Tavernier, président démissionnaire, réélu au conseil d’administration, annonça maintenant une discussion libre, la salle se vida, laissant les administrateurs entre eux. Comme si l’assistance estimait que le sursis jusqu’au 31 décembre décidé par l’équipe dirigeante avait peu de chance de provoquer le déclic espéré.

Il est vrai que l’intervention du commissaire aux comptes, notant que, à défaut de concours extérieur, il serait sage de déposer le bilan sans attendre trop longtemps, avait peu de chance de soulever les enthousiasmes, même si l’expert-compable, Alain Bianchi, avait assuré que les comptes étaient tenus sérieusement.

Mais on attendait surtout, naturellement, l’intervention des représentants du conseil régional, du conseil général et de la ville. Ils n’ont fait que confirmer ce qui avait déjà été annoncé: rien de bon pour Eric Tavernier et son équipe. Qui ont accusé une nouvelle fois le coup. Mais ça ne les empêchera pas de se battre jusqu’au bout. En espérant que la «pression populaire» fera fléchir l’un ou l’autre. La pression populaire ou un médiateur extérieur...

Denis LEPRETTRE

DES PRISES DE POSITION

-LA MAIRIE DE DIEPPE (Arnaud Coignet):

«Le conseil municipal de Dieppe a le 25 mars dernier voté une subvention exceptionnelle après une avance de trésorerie en décembre 1998. Il a pris l’engagement de verser une subvention d’équilibre de 250.000 francs sous réserve d’un engagement similaire de la part du conseil régional et du conseil général.

Ce lieu mérite d’être soutenu, ce que fait la ville. Il faut trouver une solution pour assurer la pérennité de l’ESTRAN. D’où notre appel à une table ronde avec toutes les parties concernées».

-CONSEIL REGIONAL (Jean Beaufils):

«La Région l’a déjà dit: le conseil régional ne souhaite pas verser de subvention pour le fonctionnement d’un musée quel qu’il soit: les autres en demanderaient aussi, à juste titre. Pas question non plus de participer à la résorption du déficit.

Par contre le conseil régional est toujours d’accord pour participer au financement d’actions de formation et d’insertion.»

-CONSEIL GENERAL (Daniel Lefèvre, «à titre personnel»):

«Pas question de participer à la résorption du déficit. La porte du conseil général reste ouverte même si est présenté un nouveau projet au niveau de la gestion».

-EXPERT COMPABLE (Alain Bianchi):

«Je certifie le sérieux des comptes. Les difficultés rencontrées ont été exposées depuis plusieurs années. Le cabinet chargé de l’audit n’a pas pris contact avec nous avant d’établir son rapport».

-LE COMMISSAIRE AUX COMPTES:

«J’ai refusé les comptes lors de l’assemblée générale du 19 mars 1999 car je n’avais pas l’assurance formelle d’avoir les subventions permettant de poursuivre les activités. Si les appuis extérieurs nécessaires ne sont pas obtenus, il faut déposer le bilan. On peut encore attendre un petit peu, mais pas trop longtemps».

«On ne laissera pas fermer la Cité de la Mer»

Elu lundi dernier, le conseil d’administration se réunit lundi 11 octobre pour élire le bureau de l’ESTRAN et par la même occasion le président. Mais d’ores et déjà les administrateurs ont décidé de la stratégie à suivre ces prochaines semaines: pas question de rester les deux pieds dans le même sabot jusqu’au 31 décembre.

«Nous allons gérer afin de faire rentrer le maximum d’argent dans les caisses», annonce Eric Tavernier. «Et il est hors de question et même impensable de laisser tomber un tel outil, 26 emplois et tout le travail accompli depuis tant d’années».

Alors l’équipe va aller à la rencontre des Dieppois, distribuer des tracts en ville. «On donnera des exemples de notre gestion et de la gestion d’autres établissements similaires. Et les gens verront que, contrairement à ce qui a été affirmé, la Cité de la mer n’est pas un outil mal géré: aucun autre n’a un niveau d’autofinancement aussi élevé que le nôtre. On ne laissera pas fermer la cité de la mer. D’ailleurs on va réactualiser note projet et l’étendre sur la période 2000-2003».

Les administrateurs, qui notent que France 3, Arte doivent programmer des reportages sur le sujet, que la Cité de la mer est citée par le Guide Hachette et le Routard, vont publier à leurs frais un journal de quatre pages qui sera donc distribué à la population.


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