| La Cité de la mer ne veut pas disparaître.
Malgré ses difficultés financières actuelles. Même si des secours extérieurs tardent
à se manifester. Son père plus que spirituel, Eric Tavernier, mènera le combat
jusquau bout, secondé par le nouveau conseil dadministration qui ressemble
beaucoup au précédent. Ne soyez pas surpris si, bientôt sur le marché, lors de la
Foire au Hareng, on vous distribue un document sur la Cité de la mer: le débat,
désormais, est porté sur la place publique. «Il faut mobiliser lopinion», clame
Eric Tavernier. «Il faut placer les collectivités devant leurs responsabilités. Si la
Cité de la mer ferme, ce sont aussi vingt-six emplois qui vont disparaître». Or une
échéance électorale se précise: les municipales, en mars 2001. Mais lundi soir, seule
la municipalité dieppoise a «fait dans le positif»... Une réunion de
courte durée et sans enseignement nouveau: cest le bilan de lassemblée
générale extraordinaire. Elle na dailleurs pas fait le plein de ses
adhérents (seulement 28 votants pour 54 membres actifs) et le conseil
dadministration n a pu être totalement complété faute de volontaire. Vers
22 h 15, lorsque la séance officielle fut levée et que Eric Tavernier, président
démissionnaire, réélu au conseil dadministration, annonça maintenant une
discussion libre, la salle se vida, laissant les administrateurs entre eux. Comme si
lassistance estimait que le sursis jusquau 31 décembre décidé par
léquipe dirigeante avait peu de chance de provoquer le déclic espéré.
Il est vrai que lintervention du commissaire aux comptes, notant que, à
défaut de concours extérieur, il serait sage de déposer le bilan sans attendre trop
longtemps, avait peu de chance de soulever les enthousiasmes, même si
lexpert-compable, Alain Bianchi, avait assuré que les comptes étaient tenus
sérieusement.
Mais on attendait surtout, naturellement, lintervention des représentants
du conseil régional, du conseil général et de la ville. Ils nont fait que
confirmer ce qui avait déjà été annoncé: rien de bon pour Eric Tavernier et son
équipe. Qui ont accusé une nouvelle fois le coup. Mais ça ne les empêchera pas de se
battre jusquau bout. En espérant que la «pression populaire» fera fléchir
lun ou lautre. La pression populaire ou un médiateur extérieur...
Denis LEPRETTRE
DES PRISES DE POSITION
-LA MAIRIE DE DIEPPE (Arnaud Coignet):
«Le conseil municipal de Dieppe a le 25 mars dernier voté une subvention
exceptionnelle après une avance de trésorerie en décembre 1998. Il a pris
lengagement de verser une subvention déquilibre de 250.000 francs sous
réserve dun engagement similaire de la part du conseil régional et du conseil
général.
Ce lieu mérite dêtre soutenu, ce que fait la ville. Il faut trouver une
solution pour assurer la pérennité de lESTRAN. Doù notre appel à une table
ronde avec toutes les parties concernées».
-CONSEIL REGIONAL (Jean Beaufils):
«La Région la déjà dit: le conseil régional ne souhaite pas verser de
subvention pour le fonctionnement dun musée quel quil soit: les autres en
demanderaient aussi, à juste titre. Pas question non plus de participer à la résorption
du déficit.
Par contre le conseil régional est toujours daccord pour participer au
financement dactions de formation et dinsertion.»
-CONSEIL GENERAL (Daniel Lefèvre, «à titre personnel»):
«Pas question de participer à la résorption du déficit. La porte du conseil
général reste ouverte même si est présenté un nouveau projet au niveau de la
gestion».
-EXPERT COMPABLE (Alain Bianchi):
«Je certifie le sérieux des comptes. Les difficultés rencontrées ont été
exposées depuis plusieurs années. Le cabinet chargé de laudit na pas pris
contact avec nous avant détablir son rapport».
-LE COMMISSAIRE AUX COMPTES:
«Jai refusé les comptes lors de lassemblée générale du 19 mars
1999 car je navais pas lassurance formelle davoir les subventions
permettant de poursuivre les activités. Si les appuis extérieurs nécessaires ne sont
pas obtenus, il faut déposer le bilan. On peut encore attendre un petit peu, mais pas
trop longtemps».
«On ne
laissera pas fermer la Cité de la Mer»
Elu lundi dernier, le conseil dadministration se
réunit lundi 11 octobre pour élire le bureau de lESTRAN et par la même occasion
le président. Mais dores et déjà les administrateurs ont décidé de la
stratégie à suivre ces prochaines semaines: pas question de rester les deux pieds dans
le même sabot jusquau 31 décembre.
«Nous allons gérer afin de faire rentrer le maximum dargent dans les
caisses», annonce Eric Tavernier. «Et il est hors de question et même impensable de
laisser tomber un tel outil, 26 emplois et tout le travail accompli depuis tant
dannées».
Alors léquipe va aller à la rencontre des Dieppois, distribuer des
tracts en ville. «On donnera des exemples de notre gestion et de la gestion dautres
établissements similaires. Et les gens verront que, contrairement à ce qui a été
affirmé, la Cité de la mer nest pas un outil mal géré: aucun autre na un
niveau dautofinancement aussi élevé que le nôtre. On ne laissera pas fermer la
cité de la mer. Dailleurs on va réactualiser note projet et létendre sur la
période 2000-2003».
Les administrateurs, qui notent que France 3, Arte doivent programmer des
reportages sur le sujet, que la Cité de la mer est citée par le Guide Hachette et le
Routard, vont publier à leurs frais un journal de quatre pages qui sera donc distribué
à la population. |