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Journal du 1er octobre 1999
Lundi, assemblée
générale extraordinaire
Cité de la mer : l'apaisement ?
| Lundi à 20 h 30, la Cité de la Mer sera
certainement comble à loccasion de lassemblée générale de lESTRAN.
Une réunion extraordinaire provoquée par la crise actuelle et la démission de son
président Eric Tavernier, démission aussitôt refusée par le conseil
dadministration car estimée injustifiée. Le refus du conseil général
dengager plus longtemps des deniers publics dans «un outil intéressant mais mal
géré», suivant en cela le rapport daudit du cabinet spécialisé Axes
management, des remarques erronées à lencontre de Eric Tavernier, un désaccord
sur le montant actuel du déficit, et labsence de concertation préalable à la
décision du président de lassemblée départementale avaient provoqué une crise
aigüe. Dautant plus aigüe quon avait limpression que laffaire
devenait politique, le Département (majorité UDF/RPR) mettant dans lembarras le
président dune structure créée et gérée par des élus socialistes dieppois. «Cest
mal barré», titrait Les Infos en évoquant la situation. Heureusement,
on semble revenir sur la voie du bon sens. «Lorsque jai appris grâce aux Infos
lanalyse du président du conseil général et sa décision, jai pris une
claque», reconnaît Eric Tavernier. La lecture du rapport de laudit commandé
par le Département lui a cependant redonné lenvie de se battre car on sen
prenait à sa personne et des contre-vérités le blessaient. Plus question de
démissionner... oralement car par écrit cétait fait. Et, secondé par les autres
membres du conseil dadministration, il contre-attaqua, exigeant même des excuses de
la part de Charles Revet.
Un ultimatum fut même fixé: si une solution nest pas trouvée le 4
octobre, date dune assemblée générale extraordinaire, sera entamée une
procédure pouvant déboucher sur la fin de la Cité de la Mer.
M. Revet ma appelé
Il restait quinze jours pour tenter de trouver une parade.
Heureusement, une fois lémotion retombée, les esprits se calmèrent et chaque
partie chercha une solution. Le plus important, cétait la réouverture du dialogue,
le conseil général répétant à lintention de la mairie de Dieppe quil ne
voulait pas effectuer une OPA sur la Cité de la Mer, ayant déjà suffisamment de musées
départementaux à gérer.
Il fallait un médiateur pour renouer le contact: ce fut Jean Dasnias. Le
conseiller général-maire dOffranville réussit à convaincre le week-end dernier
Charles Revet de faire un pas en avant. «Et lundi à 9 h, avant même la réunion du
bureau du conseil général, M Revet ma appelé au téléphone», se réjouit
Eric Tavernier. «Nous nous sommes expliqués. Il a compris mon émotion à la lecture
de laudit, assurant quil allait à ce sujet demander des explications au
cabinet Axes Management notamment pour avoir assuré que la signature des chèques
mavait été retirée».
Le président du conseil général a répété que le Département navait
pas fermé sa porte. Il a rappelé quil demandait des documents clairs sur la
situation financière de lESTRAN et sur les perspectives pour résorber le déficit.
Je lui ai précisé à ce sujet que le calcul établissant un déficit de 1.700.000 F
était erroné, quon rédusait nos dettes mois par mois et quil serait
regrettable que la baraque soit cassée maintenant».
Et lavenir ?
Le courrier souhaité a été envoyé mardi au conseil
général avec bilan financier et plan de trésorerie pour finir lannée. «Hier
les salaires ont été versés» commente Eric Tavernier. «Et cette semaine,
jai rencontré la directrice régionale des Affaires culturelles. Elle ma
confirmé que le ministère allait bien débloquer 50.000 F pour régler
lacquisition du Côte dAlbâtre, les derniers 50.000 F manquants étant promis
par la Région. Le conseil régional a par ailleurs confirmé son partenariat pour les
actions dinsertion et de recherche, lESTRAN-Cité de la mer nétant pas
seulement un musée-aquarium mais un centre de culture scientifique et technique.»
On en est là. Le dialogue étant rétabli, on peut espérer un déblocage de la
situation. Et surtout on peut espérer voir le conseil général revenir à la table de
négociation avec les autres partenaires pour étudier la nouvelle vie de lESTRAN.
Car si le cap de lundi est franchi sans dommage, il restera quand même à régler
lépineux problème financier: il manque chaque année structurellement 700.000 F à
la Cité de la mer pour boucler son budget. «Et», affirme Eric Tavernier, «pas
question de repartir sans engagement précis des uns et des autres».
Denis LEPRETTRE
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