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Journal du 29 décembre 1999 Gardons la ligne Les Métra adorent cette façon deffectuer la liaison France-Angleterre et nont «trahi» que trois fois (sur 1000) par Calais, «et jamais encore par le tunnel». Ce nest certes pas par chauvinisme puisquil y a plusieurs façons de rejoindre les blanches falaises, mais parce que leur attachement à la France - même pour Barbara - leur ont fait acheter une propriété à Offranville puis, tout récemment, un appartement à Dieppe ... «Pour être au pied de la passerelle» précise Barbara qui, à 76 ans, reste la très jolie femme que le Français débusqua en Angleterre, juste avant que le Bureau central de Renseignements-Londres, le renvoie à Paris. On était en décembre 44 ; la jeune mariée ne put retrouver son homme que le 23 avril 45. «C'est ma plus belle traversée : peut-être parce que je retrouvais Bob, mais aussi parce que cétait dun très grand confort, avec des hôtesses, des infirmières, des salles de repos, pas de voitures... et, de plus, on mettait trois heures dans un sens et trois heures un quart dans lautre». «Dans un musée de Newhaven, renchérit son époux, on voit que le record de la traversée fut de 2 heures et demie, le record du bateau à turbines». M.Métra, après la guerre, sera chef datelier de lusine de son père à Blangy ; cela durera cinq ans, mais ensuite, il travaillera trente ans comme chef du personnel de lInstitut français de Londres. Mais, que lon soit dun côté ou de lautre du Channel, on fera très régulièrement la traversée. En 1968, Bob et Barbara achètent -toujours pour être plus près tout en travaillant à Londres, une maison à Newhaven : «Et là nous avons adoré les traversées à la journée : on arrivait en pleine ville, on déjeunait sur le quai, on achetait du café, du vin, des fruits et une baguette, et on repartait le soir». LArromanches, le Londres, le Lisieux, Woirthin, les deux V, le Chantilly, le Brigthon, le Senlac, le Chartes... ont tous laissé un heureux souvenir au couple : «Cest seulement à la fin de la SNCF que ça sest dégradé, pour le service, laccueil... heureusement la Stena a remis les choses en place !» «Et dire que lon reparle de Sherwwod et du Sea-conteners alors que lon annonce sur les ondes anglaises quil aura lautorisation de son port de plaisance en octobre prochain !» Ce retour sur Newhaven et les 18 ans quils y passèrent, permet aussi dévoquer Tante Marthe, ou, plus sérieusement, la jeune femme de Clères, épouse de M. Howey, la reine du port qui faisait les commissions pour tout le monde, était connue et adorée... Et son appartenance au Souvenir français -association patriotique- y fut pour beaucoup. «Chaque année, elle allait jeter une gerbe en mer pour les soldats français disparus là-bas et une rue de Newhaven rappelle aujourdhui son souvenir et notre reconnaissance». Si le meilleur souvenir fut le confort des ferries dautrefois -et pourtant, ils ne sont pas conservateurs- si le plus amer est labandon de la SNCF, Bob et Barbara, ont du mal à accepter les traversées daujourdhui. Soit, les horaires -bons pour des Anglais, pas pour des Français ou réciproquement, soit la longueur - 4h et demie la dernière fois - soit le refus de sortir par force 6 ou 7 ...et même si lon comprend les motifs de grève, il y a parfois des outrances. «Les ferries, ça irait, mais les rapides, on ne peut jamais avoir confiance tant ils sont imprévisibles !» Si lun et lautre détestaient feu la gare maritime -le bâtiment- tous deux regrettent lambiance exceptionnelle du bateau au bout du quai, du train dans la ville... aucun autre port noffrait cette pénétration, et cest ça qui plaisait aux Anglais. «Nos deux enfants vivant en Angleterre perpétuent lhabitude de Dieppe-Newhaven ; nos amis aussi et même si nous navons plus nos parents de part et dautre, nous avons plein de copains... Les Métra et leur entourage ont drôlement fait travailler la Ligne». Et dire quelle va peut-être mourir ! Oh, non, pas ça ! D.D. nos archives recherche accueil |
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