| Lété tire à sa fin... Et si on se
faisait encore un vrai voyage, à deux heures de mer (par temps calme) ? Brighton &
Hove tend les bras de lautre côté de la Manche, une vraie belle ville, animée et
jeune, ouverte et sensible. De ses ruelles populaires de North Laine où de
véritables trésors sont à découvrir au ponton de jeux (le fameux Palace pier),
du Pavillon royal chargé de magnificences aux très anglaises charity shops,
Brighton en donne pour tous les goûts. En trois heures (la traversée et
le déplacement de Newhaven à Brighton - bus et trains assurent des navettes
régulières), on peut de Dieppe faire un vrai voyage, avec ce que cela comporte de
découvertes et de surprises, dexotisme et de fantaisie, de dépaysement et de
rencontres.
Brighton & Hove, la ville du sud de lAngleterre la plus courue des
Londoniens, centre étudiant et culturel, a de quoi attirer le francophone, entre amis ou
en famille, pour un séjour dune journée ou deux.
A pied, le coût du ferry est bon marché - ce qui compense très nettement le
prix de lhébergement. Cest bien là le seul point noir dun séjour
potentiel : les bed & breakfast, traditionnellement onéreux en Grande-Bretagne
sur la côte, valent en moyenne 25 £ (250 F) par personne et par nuit, pour une chambre
correcte, mais modeste. Il est de plus prudent de réserver. On peut camper aussi (1).
Excepté cet inconvénient du coût du logement, pour une longue journée,
départ et retour de nuit, on peut passer une étonnante journée, à peu de frais. Tous
les goûts sont satisfaits à Brighton. Envie de patrimoine et de culture : plusieurs
musées passionnants sont à découvrir, le Pavillon royal est un étonnant et luxueux
bric à brac roccoco. Pour les chineurs : le flea market et les north laines,
ou encore les charity shops ouvrent tout un univers.
Côté divertissement ou étude de la bière : les pubs bien sûr, le Palace
pier, les boîtes de nuits, une quantité de restaurants impressionnante... Suivez le
guide (2), à pied, cest plus sympa.
(1) Loffice du tourisme de Dieppe, au départ, ou celui de
Brighton, à deux pas du Pavillon royal, vous renseigneront efficacement. Un camping est
situé à proximité de Brighton. Mais il vaut mieux être motorisé.
(2) Vous trouverez facilement des plans de la ville dans les offices de
tourisme.
Simplement boire et manger
Le pub. On nen trouve nulle part ailleurs quau
Royaume-Uni. Ne jamais avoir mis les pieds dans un pub anglais, le soir, nest
franchement pas raisonnable pour tout individu en quête dun moment réellement
différent. Tout ce qui est baptisé, en France, pub, nen a vraiment que le nom, et
même pas la saveur ou le goût. Au pub, tout soublie des différences sociales et
de génération, des ambiguités de la bonne morale qui décline des nuances entre boire
un verre ou dix... On y sourie, on sy parle, on peut juste observer, participer par
sa seule présence à cette ambiance inimitable. Tout simplement inimitable parce
quailleurs, ce ne sont pas des Anglais, ou des Irlandais, ou des Ecossais, ou des
Gallois qui donnent vie au pub.
A Brighton, il y en a des quantités. Certains au charme désuet comme le Hand
in hand (dans Upper Saint Jamess street) où les tuyaux des alambics
viennent de la cave, où le patron produit sa bière maison. Suspendues aux poutres, une
constellation de cravates coupées signale la bonne humeur de la patronne qui coupe les
attributs masculins les soirs de franche gaieté. Autre univers aux Cricketers
(dans Black lion street), installé depuis 1547 et décrit par Graham Green dans
son roman Brighton Rock. Feutré et ancien, le pub est aussi une galerie
dantiquités, des pots daisance en faïence aux cages aniciennes aux oiseaux,
où lon rencontre retraités sur leur 31 et étudiants distingués. Autre ambiance
à lHoratio bar, sur le Palace pier, le long promontoire de jeux, où
les consommateurs sont très jeunes et sessaient tous les samedis à des karaoké
endiablés devant un public très enthousiastes.
Pour manger, les restaurants restent ouverts tard. Il y en a plus de quatre
cents... On peut manger une excellente cuisine anglaise (cest une bien triste erreur
dimaginer les Anglais mangeant dimpossibles mélanges) et essayer la
nourriture végétarienne, très diversifiée et populaire. Il y a aussi des restaurants
proposant de la nourriture des quatre coins du monde.
Le goût de lhistoire
Pour les amateurs dhistoire, Brighton & Hove est
on ne peut plus pourvue en musées et autres curiosités. Incontournable, le Pavillon
royal, idée de Georges IV au 19e siècle, mélange de palais indou, de magnificences
mauresques et dexotismes à tout va.
Etonnant daspect extérieur, il lest plus encore à
lintérieur, avec dincroyables salles dun luxe immodéré où les
lustres géants surplombent le visiteur de plusieurs dizaines de mètres, où la table de
banquet pourrait servir de court de tennis, où la cuisine impressionnante de
fonctionnalité pouvait permettre de faire travailler plus dune centaine de
cuisiniers et mitrons afin de préparer des repas à vingt entrées, trente plats,
cinquante desserts, etc. Ouvert de 10 h à 17 h doctobre à mai, de 10 h à 18 h de
juin à septembre.
Les musées sont aussi extrêmement intéressants. Du côté Hove, pressentie au
début du siècle pour devenir une sorte de Hollywood européenne, un muséum passionnant
sur la génèse du cinéma sur la côte anglaise, où quelques hommes ont à leur manière
inventé le cinéma de fiction (Hove museum, entrée gratuite).
Le Brighton museum (entrée gratuite également) est une sorte de galerie
humoristique et dense de lart le plus majestueux (des toiles dune préciosité
rare) au plus iconoclaste (le canapé-lèvres de Dali), jusquà une histoire de la
mode, des arts déco, avec une belle collection de porcelaines, dans laquelle on remarque
un véritable pot de chambre à leffigie de Napoléon (devinez où se trouve le
portrait, considérant que lhumour anglais nest pas un leurre).
En vrac aussi (tous ces lieux sont indiqués sur le plan de Brighton & Hove
offert au visiteur) : le Sussex toy and Model muséum (un musée du jouet), le Fishing
museum (en parenté avec la Cité de la mer dieppoise), le Booth museum of natural
history (le musée dhistoire naturelle)...
Le plaisir de chiner
Amateurs de foires à tout et dantiquités, Brighton
est une véritable caverne dAli Baba. Toutes les bourses peuvent y trouver de quoi
se délier, du meilleur marché au plus onéreux achats.
Dans la première catégorie, un point de chute et plusieurs étapes. Le point
de chute, cest le flea market situé dans Upper Saint Jamess Street, à
deux pas du Hand in hand, lun des pubs les plus sympas, où le patron
fabrique lui-même sa bière (il était présent à Dieppe il y a quelques mois, lors de
léchange entre la ville et le festival de Brighton). Au flea market, sur
plusieurs étages, cest une véritable foire à tout sous abri. Ce marché aux puces
bien épucé peut permettre de découvrir de véritables occasions, de petits meubles à
moins de cent francs, des bibelots spécifiquement anglais... et même un «coin
français».
Les étapes, ce sont les charity shops, des boutiques détaxées de
charges sur le commerce dont le produit des ventes est réservé à des associations :
Croix- rouge, recherche contre le cancer ou la maladie dalzheimer, orphelinat...
Vêtements, bibelots, disques, jouets... Vraiment de très bonnes affaires. Elles sont
plus nombreuses dans les north laines, les rues les plus agréables de Brighton.
A deux pas du centre-ville, ce dédale de petites rues colorées, succédant aux
lanes jouxtant le pavillon royal plus cossues, et réservées aux boutiques de luxe, est
en soi un plaisir pour le promeneur.
Déchoppes en centres boutiquiers, on y découvre un monde étonnant : les
magasins dinstruments de musique côtoient un étalage de cactus (Kensington
gardens). Une boutique propose des «chaussures végétariennes», une autre, des bottes
féminines plus excentriques les unes que les autres.
Les quincailleries sortent du 19e siècle avec des étalages étonnants qui
proposent parfois des cantines de la Guerre 14-18. En face un cabinet dentaire suit de
près un boutique spécialisée en objets africains garantis dorigine... |