Journal du 25 juin 1999

REGMA
Une si longue attente

Hier à 20 h, le personnel encore présent dans la salle du comité d'entreprise
de Regma à Arques apprenait par un coup de téléphone venu de Lyon
que le tribunal de commerce ne rendrait son jugement sur l'avenir de l'entreprise que ce matin.
L'audience à Lyon pourrait déboucher par une prise en considération de l'offre de Cabot-Square,
soit 160 emplois maintenus à Arques.

L’attente. Difficilement supportable. Plus l’heure avance plus la tension monte. Dans les ateliers les rumeurs les plus folles entrecoupent des parties de cartes. «Il se dit tout et le contraire de tout», résume un jeune employé en arrivant dans la salle occupée par les syndicats et le comité d’entreprise. Il est 17 h 30 et «Lyon» n’a toujours donné aucune nouvelle.

«Tant que François Laumonier ou Philippe Séraffin n’appelleront pas, pas d’information» insiste Eric, un délégué. Les deux représentants du personnel pourront couper court à tous ces bruits qui se répercutent sur le site.

En attendant...on attend. Et comme on peut. Sans trop refaire le monde. Mais en rêvant à des jours qu’on espère meilleurs. Sans se faire trop d’illusions. L’un compulse la convention des industries chimiques, l’autre essaie d’évaluer les indemnités qui devraient lui être versées si...

Le téléphone. Encore. Interne cette fois. Toujours la même question. Et, évidemment la même réponse. «Si ça se prolonge», analyse Eric, «c’est plutôt bon signe, signe que le projet Cabot n’a pas été rejeté purement et simplement par le juge-commissaire». Ce que confirmera un peu plus tard François Laumonier. Car le téléphone qui sonne à 16 h 50, c’est lui. Il paraît fatigué. Et dans la salle, le haut-parleur renseigne le petit groupe présent.

«Depuis ce matin, on a eu plusieurs réunions», raconte le délégué. «Le liquidateur était là, Cabot-Square aussi. Le juge-commissaire a entendu les différentes parties puis a organisé une rencontre finale. Ca a duré jusqu’à 15 heures. Depuis, M. Peillon délibère».

On est là pour longtemps

François Laumonier évoque les observations lues au nom du personnel de Regma-Arques: «Nous sommes déterminés à suivre ce projet de reprise dans la mesure où, en cas de rejet, les 260 salariés du site se retrouveront licenciés et demandeurs d’emploi. Mais il est dommage d’envisager des licenciements. Il faudrait aussi que le candidat repreneur donne des garanties sur la pérennité de son engagement».

Le personnel déplore aussi la disparition de certains départements et regrette un manque de précision sur la destination exacte des 17 000 000 F prévus en investissements.

«On en a discuté avec le représentant de Cabot Square et avec celui qui pourrait être le futur PDG», précise au téléphone François Laumonier. «Il n’y a pas pour l’instant de directeur industriel en vue mais Cabot Square assure -oralement pas par écrit- s’engager non pour un ou deux ans mais pour beaucoup plus: il s’installerait dans la durée».

Etait-ce suffisant pour convaincre M Peillon? Me Eric Bauland, le liquidateur, paraissait plus optimiste que la veille. Le juge-commissaire avait jusqu’au 28 juin pour rendre son jugement. Mais les Arquais espéraient ne pas repartir de Lyon sans en avoir eu connaissance...


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